Une année 2018 mitigée pour la restauration hors domicile


Article publié le : 17/06/2019

Après une excellente année 2017, la croissance du marché de la restauration hors domicile (RHD) a ralenti en 2018, tant en termes de fréquentation qu’en valeur. Selon le bilan annuel réalisé par le groupe d’études de marché NPD, les établissements spécialisés dans la restauration hors domicile ont enregistré l’année dernière un chiffre d’affaires de 56,1 milliards d’euros, soit une progression de1 % par rapport à l’exercice précédent. En progression de 0,4 %, le ticket moyen s’établit à 5,60 €. Des performances en deçà de la dynamique observée entre 2017 et 2018 où la croissance du marché RHD avait crû de 1,8 %.

Une activité en hausse mais qui reste fragile

Si la fréquentation globale a progressé de 0,4 % en 2018, le marché de la restauration hors domicile a particulièrement été impacté au dernier trimestre par le contexte social mouvementé qui a agité la France. Selon le Syndicat national de la restauration thématique et commerciale (SNRTC), organisation patronale qui regroupe près de 1800 entreprises du secteur, l’impact négatif du mouvement des gilets jaunes représente 8 à 10% en moins du résultat enregistré au cours de l’année. L’activité des établissements situés en périphérie a particulièrement été touchée par les blocages routiers. Pour autant, le marché de la restauration hors domicile (RHD) a  pu s’appuyer sur l’afflux notable de visiteurs étrangers sur tout le territoire français pour consolider son activité. La France a en effet battu son record de fréquentation touristique en 2018 avec près de 90 millions de touristes étrangers.

La restauration rapide : leader incontesté de la restauration commerciale

Cette dynamique de marché est très disparate suivant les circuits. Fer de lance incontestable du secteur, la restauration rapide maintient un bon niveau de croissance, portée par une hausse de 1,2 % de la fréquentation des établissements spécialisés. Les commerces alimentaires spécialisés dans la préparation et la vente de burgers, les coffee shops ou encore les restaurants qui ont misé sur le casual food tirent particulièrement leur épingle du jeu. Plus que jamais, la capacité des professionnels de la restauration rapide à monter en gamme tout en proposant des mets qui répondent aux modes de consommation actuels est la clé du voûte du succès. Une dynamique qui aiguise l’appétit des financiers et des groupes industriels qui ont multiplié au cours de l’année 2018 des opérations d’envergure. Ainsi, le fonds belge Kharis Capital, qui détient le réseau Quick en Belgique, est devenu le nouveau propriétaire de l’enseigne O’Tacos (186 restaurants) tandis que la chaîne de restaurants Sushi Shop a été avalée par le groupe polonais AmRest.

De son côté, la restauration à table accuse un repli de la fréquentation de 0,5 %, après avoir été étale en 2017. Pour les professionnels de ce secteur, le salut passe par le déploiement progressif de services supplémentaires (offre de snacking, livraison à domicile, etc.) mais aussi par la capacité à valoriser leur proposition de valeur en jouant la carte de l’authenticité et de la qualité pour faire vivre à leur clientèle une expérience culinaire unique au sein de leur établissement.


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