Après avoir traversé des cycles de profondes restructurations, le marché français des débits de boissons amorce sa mue pour répondre à de nombreux défis. Entre inflation, digitalisation, évolution des habitudes de consommation et montée des attentes environnementales, les établissements peuvent capitaliser sur l’engouement des Français (86 % d’entre eux considèrent ces commerces comme des éléments indissociables de l’identité nationale) pour repenser leurs modèles économiques. Un dynamisme qui nourrit son lot de vocations professionnelles!
En 2022, le secteur des cafés et bars a ainsi enregistré 2 552 transactions de fonds de commerce, soit une forte progression de +46 % sur un an. Pour les investisseurs, le ticket d'entrée national s'est stabilisé autour d’un prix moyen de transaction à 221 216 €, auquel s'ajoute le coût stratégique d'une Licence IV, dont la valeur oscille désormais entre 6 000 € et 50 000 € selon les emplacements géographiques et les spécificités locales.
Cocktails, spiritueux sans alcool et bières artisanales : des leviers de croissance clés
Pour rentabiliser ces investissements et faire face à une pénurie structurelle de personnel (près de 400 000 emplois à pourvoir dans l'ensemble du secteur du CHR), les tenanciers n’ont de cesse d’enrichir leur proposition de valeur dans le but de se démarquer de la concurrence et capter les nouvelles tendances de consommation. Jusqu’alors perçu comme un produit élitiste, le cocktail rencontre un franc succès auprès des consommateurs qui souhaitent déguster une boisson alcoolisée élaborée sur la base de spiritueux premium et de nouvelles saveurs. De quoi booster le ticket moyen des cocktails désormais commercialisés autour de 9,50 € (+1,30 € vs 2022).
Parallèlement, les boissons sans alcool s’imposent comme un relais de croissance incontournable. 41 % des Français consomment régulièrement des mocktails en sortie, pour un budget mensuel "hors domicile" supérieur à la moyenne (86 €/mois contre 79 € pour les consommateurs classiques). Enfin, pour la première fois, la bière détrône le vin tranquille comme boisson alcoolisée préférée des Français. Portée par le plus grand nombre de brasseries artisanales d'Europe, la bière représente désormais 35 % des ventes totales du secteur CHR.
Valorisation d’un fonds de commerce de café : les critères extra-financiers à la loupe
Pour les repreneurs, la valorisation d'un fonds de commerce d’un café ou d’un bar ne se limite plus à l'étude minutieuse des seules performances financières historiques. De nouveaux piliers opérationnels déterminent la valeur et la pérennité d'un établissement. En premier lieu figurent la configuration des locaux et les espaces extérieurs. Au sortir de la crise sanitaire, les Français privilégient désormais les établissements qui disposent de terrasses. Un équipement précieux qui booste le chiffre d'affaires des bars, notamment lors du moment clé de l'apéritif où le panier moyen grimpe entre 10 € et 15 €.
En parallèle, l’e-réputation est devenue un critère clé qui influe directement sur le taux de fréquentation d'un établissement. Les bars et restaurants captent 34 % des services les plus notés en France, et 75 % des consommateurs lisent régulièrement les avis en ligne. Une e-réputation dégradée constitue un risque immédiat de perte de clientèle dès le jour de la reprise, ce qui doit inciter l'acquéreur à négocier une décote sur l'actif immatériel.
Enfin, la profession s'engage vers des pratiques durables qui impactent directement la structure des coûts d'exploitation. Un repreneur avisé doit évaluer la maturité de l'établissement cible sur la gestion du zéro déchet, l'intégration des circuits courts, la mise en place du vrac et de la consigne pour réduire les emballages jetables, et le respect strict du bannissement du plastique à usage unique.
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