Porté par l'attrait continu des voyageurs pour les séjours au vert dans des cadres authentiques et dépaysants, le marché des gîtes et des chambres d’hôtes confirme sa vigueur. Alors que la France a franchi en 2025 le cap des 102 millions de visiteurs internationaux pour 77,5 milliards d'euros de recettes (+9 % en un an), le tourisme rural tire profit de cet engouement en enregistrant une augmentation de 5,2% en nuitées sur l’été 2025 par rapport à 2024, selon l’INSEE. Le réseau Gîtes de France, qui regroupe 55 000 hébergements, a ainsi relevé plus de 28 millions de nuitées en 2025, marquant une hausse de +4 % sur un an. Au global, le marché français des gîtes et chambres d'hôtes, qui rassemble environ 60 000 chambres d'hôtes gérées par 21 500 propriétaires, affiche un taux d’occupation annuel moyen de 47 % pour un revenu annuel moyen par maison d’hôte estimé à
27 000 €. En vue de se constituer une clientèle régulière, les établissements n’ont de cesse d’innover pour répondre aux nouvelles attentes du marché et se démarquer des prestations proposées par les autres types d’hébergement touristique marchand.
Workcation, écoresponsabilité et authenticité : les nouvelles attentes des voyageurs
L'évolution des attentes des voyageurs redessine en profondeur la gestion des gîtes et des chambres d'hôtes. Le développement du workcation (séjour combinant travail et vacances) s'installe durablement et concerne désormais 24 % des vacanciers, un chiffre s'élèvant à 45 % chez les 18-34 ans. Cette pratique constitue une opportunité clé de désaisonnalisation pour les hébergeurs, à condition de proposer une connexion Wi-Fi haut débit et des espaces de travail dédiés. Parallèlement, la quête d'écoresponsabilité et le slow tourisme deviennent des critères de choix prépondérants : la mise à disposition de bornes de recharge pour véhicules électriques, l'approvisionnement en produits bio et locaux ainsi que la gestion raisonnée de l'eau sont autant de critères scrutés qui assoient la notoriété d’un établissement. Enfin, la recherche d'expériences différenciantes soutient la montée en gamme du parc, marquée par le succès des hébergements insolites (cabanes perchées, lodges) et l'intégration d'équipements de bien-être privatifs comme les spas et jacuzzis.
Réglementation et gestion : vers un modèle d'exploitation renforcé
Face à la hausse des coûts d'énergie et à la pression inflationniste, l'exploitation de ces hébergements touristiques marchands s'accompagne d'une exigence accrue de professionnalisation. Les récentes évolutions législatives, notamment la mise en application de la loi Le Meur et la révision de la fiscalité des meublés de tourisme, renforcent l'intérêt stratégique d'une labellisation ou d'un classement officiel. En conservant un plafond de chiffre d'affaires en micro-BIC maintenu à 77 700 € pour les hébergements classés — contre seulement 15 000 € pour les locations non classées —, le cadre réglementaire incite fortement les exploitants à la qualification de leur offre. Pour préserver leurs marges, les propriétaires diversifient leurs sources de revenus : la table d'hôtes, qui génère un complément moyen de 15 à 30 € par convive, la vente directe de produits du terroir ou encore la location d'équipements (vélos, matériel de loisirs, etc.) s'imposent désormais comme des leviers d'optimisation financière incontournables.
Vous cherchez à acheter un commerce ?
Inscrivez-vous gratuitement
à nos alertes e-mail