Cessions de fonds de commerce : un marché en phase de normalisation


Cessions de fonds de commerce : un marché en phase de normalisation

Article publié le : 27/07/2026

Avec 29 766 cessions recensées en 2025, le marché français de la transmission de fonds de commerce marque le pas après des années post-covid porteuses. Selon le dernier bilan annuel publié par le cabinet Altares, le nombre de transactions a baissé de -6,1 % par rapport à l'exercice 2024 (31 703 opérations), repassant ainsi sous la barre des 30 000 cessions annuelles autour de laquelle il oscille depuis quatre ans. Les données du premier trimestre 2026 confirment ce climat prudent avec 7 723 transactions comptabilisées, en léger repli de -2,9 %.

Sur le plan des valorisations, l'année 2025 traduit un ajustement des montants d'acquisition. Après avoir atteint un ticket moyen record de 258 000 € en 2024, le prix de cession moyen observé en 2025 s'établit à 241 781 €, en baisse de -6,4 %. Cette tendance baissière se poursuit début 2026 avec un prix moyen s'affichant à 239 151 € au premier trimestre (-6,9 %). Toutefois, ces valeurs restent supérieures aux niveaux d'avant-crise sanitaire où le ticket moyen se situait en dessous des 200 000 €. Surtout, le prix médian, indicateur très représentatif des transactions du quotidien, poursuit sa progression pour atteindre 112 700 € (+2,5 %), illustrant la résistance des affaires courantes.

La restauration et les commerces de bouche en première ligne

Les activités de CHR (cafés, hôtels, restaurants) continuent de représenter le cœur battant du marché de la reprise de fonds de commerce. À eux seuls, la restauration et les débits de boissons captent un tiers de l'ensemble des transactions enregistrées en France.

  • La restauration traditionnelle demeure le secteur d’activité le plus dynamique avec 4 362 cessions (-5,7 %), pour un prix moyen qui se redresse à 212 001 € (+2,6 %).

  • La restauration rapide fait preuve d'une grande solidité avec 3 119 opérations (-0,6 %) et un prix moyen en hausse à 122 231 € (+8,3 %). La dynamique se confirme au premier trimestre 2026 avec une hausse de +6,2 % des volumes.

  • Les débits de boissons font partie de ce trio avec 2 509 ventes (-0,4 %) et une valorisation moyenne s'élevant à 241 863 € (+8,0 %).

Au-delà des établissements CHR, les boulangeries-pâtisseries enregistrent la plus forte progression tarifaire parmi le top 10 des commerces les plus prisés. Malgré un volume de transactions en léger retrait (1 336 cessions soit -2,8 %), le prix moyen de cession bondit de +13,7 % pour s'établir à 258 604 €. À l'inverse, d'autres commerces de proximité connaissent un repli de leurs échanges, à l'image des épiceries (-14,9 %), des soins de beauté (-13,4 %) ou des buralistes (-9,4 %).

Une nouvelle fois, les officines de pharmacie sont les fonds de commerce qui se valorisent le plus avec une valeur moyenne d’1 222 445 € (-1,0 % sur un an). Stabilisée autour de 913 429 €, la valeur des supermarchés connaît un net réajustement après une année 2024 exceptionnelle marquée par des grandes opérations de restructuration. Enfin, l'hôtellerie se maintient à des niveaux élevés avec un prix moyen de 473 108 € (-2,6 %) pour 520 opérations.

Sur le plan de la taille des structures, les très petites entreprises (moins de 10 salariés) représentent 91,6 % du volume global des transactions avec 27 276 opérations (-6,2 %). Si les transmissions de PME (10 à 49 salariés) reculent de -14,4 %, les cessions d'ETI (250 salariés et plus) enregistrent une nette hausse de +20,7 % (583 opérations), portées notamment par les commerces multi-rayons et les services de soins à domicile.

En dépit de ces corrections de marché, la reprise d’un fonds de commerce reste une solution massivement privilégiée par les porteurs de projets et les entrepreneurs car elle offre une pérennité supérieure à la création ex nihilo, avec plus de 90 % des entreprises rachetées encore en activité trois ans après l'acquisition.