Olivier Bertrand s’attaque à la moule-frite avec le rachat de Léon de Bruxelles


Article publié le : 04/09/2019

Numéro 2 français de la restauration, Olivier Bertrand reprend la chaîne de restaurants Léon de Bruxelles. Un nouveau coup d’éclat pour cet homme d’affaire dont l’empire est estimé à 550 millions d’euros.

Le groupe Bertrand est aujourd’hui à la tête de près de 900 restaurants relevant d’une large palette de secteurs, de la restauration rapide à des adresses plus sophistiquées : Hippopotamus, Quick, Burger King, la brasserie Lipp à Saint-Germain-des-Prés, les Bistro Romain, les salons de thé Angelina, les pubs Au bureau, La Coupole à Montparnasse, et désormais l’enseigne spécialisée dans les moules et frites fraiches Léon de Bruxelles. C’est l’occasion pour le groupe de compléter son portefeuille de marques.

Créée en 1983 à Bruxelles, la chaîne est dédiée aux moules, plat typique belge. Le premier restaurant parisien ouvre ses portes en 1989, avenue des Champs-Élysées. Le concept moule-frites est des plus rentables et constitue de surcroît un des plats préférés des Français. La taille réduite du menu permet une exploitation des restaurants beaucoup plus simple, ce qui fait de Léon de Bruxelles une formule gagnante pour le groupe Bertrand. L’enseigne est constituée de 82 restaurants, principalement en exploitation directe. Avec un chiffre d’affaire de 117 millions d’euros en 2018 et ses 1 480 salariés, Léon de Bruxelles est le numéro 1 de la moule-frite en France.

Cette prospérité s’explique par un important travail de renouvellement de l’enseigne depuis quelques années, qui a lutté pour ne pas être écrasée par la concurrence du burger. En 2007, le groupe ne comptait que sur 44 restaurants et un chiffre d’affaire de 77 millions d’euros. En 2016, les neuf adresses parisiennes avaient en effet perdu 11 % de leur chiffre d’affaire. Cet affaissement s’expliquait à la fois par une conjoncture économique difficile et par l’image vieillissante de l’enseigne. Les deux fonds d’investissements qui ont repris le groupe Léon de Bruxelles en 2018, Eurazeo PME et Céréa Capital, se sont donnés pour objectif de rajeunir et rendre plus attractive l’image de la première chaîne de brasserie de fruits de mer en France. Le choix qui a été fait est celui d’une stratégie de montée en gamme : améliorer la qualité des produits en misant sur le frais.

Olivier Bertrand intervient donc dans un contexte où les restaurants Léon de Bruxelles s’offrent une nouvelle jeunesse, en rachetant les parts d’Eurazeo PME, l’actionnaire majoritaire avec 60,5 % du capital. Le produit de cession s’élève à 241, 1 millions d’euros. Le prix d’achat pour 100 % du capital avoisine donc les 40 millions.

Victoire Neyraud


Autres actualités