Les services à la personne : un marché en pleine mutation


Article publié le : 16/09/2019

Érigé en priorité gouvernementale à l’aube des années 2000, le secteur des services à la personne s’est depuis métamorphosé sous l’impulsion de la loi Borloo du 26 juillet 2005. Cette législation, qui a introduit notamment un taux de TVA réduit à 5,5 % et un allègement des charges sociales pour les particuliers employeurs, a permis aux professionnels opérant sur ce secteur d’évoluer sur un marché porteur avec un potentiel de croissance prometteur.

De nombreux facteurs expliquent l’engouement des ménages français pour le service à la personne. Avec l’allongement de la durée de vie moyenne, la demande pour le maintien à domicile des personnes âgées est en nette augmentation depuis plusieurs années. En dehors de ces considérations démographiques, les mutations socioculturelles de notre société (féminisation du travail, éclatement de la cellule familiale, forte natalité  ayant des répercussions sur les besoins en garde d’enfants, etc.) ont favorisé l’émergence de nouvelles prestations de services à la personne. Si les perspectives de développement sont indéniables, la croissance du marché des services à la personne s’affaiblit depuis quelques années. De surcroît, le nombre d’heures travaillées (857 millions en 2017) ne cesse de diminuer depuis 2010. Une dynamique qui force les 36 195 entreprises de services à la personne recensées par la Direction Générale des Entreprises à diversifier leur stratégie de croissance en vue de consolider leurs activités.

Un marché en pleine restructuration

Selon une étude publiée en 2018 par l’institut d’études privé Xerfi, le marché des services à la personne a généré un chiffre d’affaires global de 18 milliards d’euros en 2017 (en hausse de 0,4 % sur un an). Une croissance modeste qui cache d’importantes disparités entre les différents organismes. Acteurs historiques du marché des services à la personne, les associations et le gré-à-gré sont en perte de vitesse au profit des entreprises privées qui n’ont de cesse de capter de nouvelles parts de marché. Représentant plus de 17 % du chiffre d’affaires total du marché, le secteur privé devrait bénéficier, selon l’étude réalisée par Xerfi, d’une croissance annuelle supérieure à 8 % d’ici à 2021. Dans ce contexte, les acteurs traditionnels du service à la personne (Adessa domicile, Association du service à domicile ou encore L’Union Nationale de l’Aide, des Soins et des Services aux Domiciles) doivent capitaliser sur leur savoir-faire, leur notoriété et leur réseau parfaitement ancré au sein des territoires, pour asseoir leur position. Enfin, la concurrence s’intensifie également sur Internet avec la montée en puissance de plate-formes digitales.

 

Dans ce contexte, les relais de croissance des professionnels du secteur des services à la personne s’articulent autour de cinq axes selon l’institut d’études privé Xerfi. En premier lieu, l’étoffement des services proposés s’impose comme une évidence pour l’ensemble de la profession. Cet élargissement doit également être accompagné d’une montée en gamme des prestations. Plus que jamais, la qualité de l’accompagnement, le sens du service, la disponibilité et la réactivité sont des critères clés qui apportent une réelle valeur ajoutée. Le maillage du territoire est une problématique clé qui conditionne la réussite d’une entreprise de services à la personne. A ce titre, de nombreuses enseignes optent pour le mode de la franchise pour accélérer le déploiement de leurs réseaux d’agences. De facto, le recrutement de nouveaux collaborateurs qualifiés, motivés et impliqués représente un défi stratégique majeur pour ces enseignes. D’importants dispositifs sont déployés pour valoriser les métiers des services à la personne, souvent mal connus et/ou peu considérés. Enfin, le digital s’impose comme un levier de croissance de plus en plus incontournable pour étoffer son offre de services et améliorer la relation clientèle.


Autres actualités