Bio alimentaire : le retour en grâce d’un marché en pleine mutation


Bio alimentaire : le retour en grâce d’un marché en pleine mutation

Article publié le : 16/03/2026

Sévèrement impacté par le contexte inflationniste, le marché du bio en France renoue avec une croissance solide depuis quelques mois. Selon le baromètre des produits biologiques 2026 réalisé par l’ObSoCo pour l’Agence Bio, 59 % des personnes interrogées déclarent consommer des produits biologiques au moins une fois par mois (+ 5 points en un an). Mieux, 35 % des sondés en achètent au moins une fois par semaine, retrouvant par là même les niveaux observés en 2022. Cette tendance haussière touche toutes les catégories sociales, y compris les CSP - et les foyers à revenus intermédiaires. Longtemps catalogué comme une alimentation de niche réservée aux plus aisés, le bio séduit un large public qui aspire à mieux manger. Une tendance particulièrement marquée chez les 18-24 ans qui privilégient les aliments ne portant pas atteinte à la santé. Tous circuits confondus, le marché alimentaire bio devrait générer un chiffre d’affaires d’environ 13 milliards d’euros en 2026 selon les calculs du cabinet d’études Xerfi. Malgré les pressions persistantes sur le pouvoir d’achat et une hausse des prix modérée sur la période, les ventes de produits bio devraient dépasser, à la fin de l’année, leur pic de 2020. Une dynamique corroborée par les performances enregistrées par la Compagnie Léa Nature (Jardin bio étic, So bio étic) qui affichait en 2025 une croissance de 6 % de ses ventes de produits alimentaires biologiques, contre 4 % l’année précédente.

 

La restauration : nouveau laboratoire de la croissance bio

A l’heure où le snacking en commerce de proximité urbain explose, la restauration commerciale s’impose comme le moteur de croissance du marché bio. Soucieuses de diversifier leurs sources de revenus, les enseignes spécialisées enrichissent progressivement leurs prestations en déployant dans leurs points de vente une offre alimentaire à consommer sur place ou à emporter. Pour la profession, tout l’enjeu est de nouer des partenariats directs avec des filières bio locales pour sécuriser les approvisionnements et réduire l' empreinte carbone. De facto, le déploiement d’un modèle hybride de magasin / restaurant se révèle une opportunité idéale pour valoriser toute la chaîne de valeur du commerce tout en adoptant une approche anti gaspillage efficace; les fruits et légumes abîmés n'étant plus jetés mais cuisinés ! La créativité culinaire permet de compenser le prix d'achat plus élevé des matières premières par une réduction drastique des pertes.

La restauration commerciale suit le pas avec une part des achats bio qui a progressé de 9.5 % pour atteindre la barre des 331 millions d’euros en 2024 selon les données de l’agence bio. Si le nombre de restaurants bio reste limité en France (196 établissements recensés qui référencent au moins 95 % de produits bio), le potentiel commercial demeure inexploité. Selon l’édition 2024 du Baromètre Agence bio / Obsoco, 71% des Français se sont montrés intéressés par des repas avec des produits biologiques au restaurant et 59% en restauration rapide. Le succès de la transition bio en restauration reposera sur l'agilité logistique et la capacité des établissements à valoriser le surcoût des matières premières par une transparence absolue sur l'origine et les bénéfices santé. Le bio n'est plus une option éthique, c'est devenu un argument de compétitivité.