A défaut de faire un tabac, le marché des buralistes se diversifie


Article publié le : 31/07/2019

2020 semble sonner le glas des vendeurs de tabac, dont l’activité était déjà en déroute depuis plusieurs années. Le paquet de cigarettes passant à 10 euros, fumer devient un luxe. Les buralistes ne sont pourtant pas prêts à donner leur dernier mot, et parient sur une diversification de leurs produits pour rester à flot.

Dans un contexte de lutte antitabac, les 25 000 buralistes installés en France ont infiniment souffert de la hausse des prix de ce produit. Celle-ci a provoqué une chute des ventes de près de 20% et la fissure se craquèle à mesure que les consommateurs désertent ces bureaux pour se mettre au e-tabac. Selon la Confédération des Buralistes, une diversification de l’activité s’impose.

Alors qu’ils ont déjà le monopole sur la vente de tabac, les buralistes affichent désormais haut et fort leur volonté de reprendre le marché de la vape, déclarant la guerre aux boutiques spécialisées dans ce commerce. Ils espèrent une réglementation qui donnerait l’exclusivité de la vente des produits pour cigarettes électroniques aux tabacs. Il s’agit pour eux de récupérer leurs clients d’antan qui semblaient partis en fumée. Ainsi, s’installent progressivement dans les bureaux de tabac des rayons de cigarettes électroniques et de e-liquide. Les buralistes vont également mettre l’accent sur d’autres types de produits tels que les chargeurs de portables, les boissons et autres snackings et confiseries en tous genres.

Les buralistes entendent ainsi faire perdurer le commerce de proximité. C’est en effet afin de proposer un service de proximité à ses clients que la SNCF s’est alliée à la Confédération des Buralistes. Le coup d’envoi a été lancé le 8 juillet : dans cinq régions test - Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est, Pays-de-la-Loire, Normandie et PACA - les buralistes pourront vendre des billets de train. Cette expérimentation vise à offrir de nouveaux interlocuteurs à des clients qui sont nombreux à se plaindre de la disparition progressive des guichets. Les bureaux de tabac seront équipés d’une tablette ou d’un smartphone pour la réservation, ainsi que d’une imprimante. Cela suffira-t-il à endiguer le déclin du secteur ?

Victoire Neyraud


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