Le Conseil du Commerce de France interpelle le Président de la République


Article publié le : 16/03/2017

Le Conseil du Commerce de France interpelle le Président de la République

William G. KOEBERLE, Président du Conseil du commerce de France, principale organisation représentative du secteur, souhaite alerter les pouvoirs publics sur les défis qui attendent un secteur fort de 3,5 millions, d’emplois mais extrêmement perméable aux évolutions technologiques.   

 

Le Commerce, un secteur en pleine mutation


Le commerce, secteur clé de l’économie, fait face à de profondes mutations qui l’obligent à se transformer et à trouver des solutions pour suivre le rythme de la modernité, tout en préservant ce qui fait sa force et son identité : proximité, relation client, lien social.
Trois grandes révolutions sont aujourd’hui à l’œuvre dans le secteur.

  • La première de ces révolutions est la place croissance du e-commerce, qui transforme durablement les modes de vente. Le concurrent n’est plus à côté, mais partout, à toute heure du jour et de la nuit, et le client souhaite pouvoir faire ses achats où il veut, quand il veut, en magasin ou depuis son smartphone.
  • La seconde révolution est la numérisation des données, qui modifie en profondeur la gestion interne de l’entreprise (facturation, paiement, stocks…) tout en permettant une connaissance approfondie et personnalisée du client et de ses attentes.
  • Enfin, l’automatisation des tâches et le développement de la robotisation influent sur le niveau et la nature des emplois : de nouveaux emplois vont naître, d’autres vont disparaître.

 

Le Conseil du Commerce de France fait des propositions aux pouvoirs publics pour accompagner l’évolution du commerce et maintenir l’emploi.


Le commerce est riche de plus de 3,5 millions d’emplois, mais ces derniers sont aujourd’hui menacés par les différents défis auxquels le commerce doit faire face. Pour permettre au commerce de prendre ce nouveau virage numérique et rester un acteur économique et social majeur, le Conseil du Commerce de France a formulé plusieurs propositions, rassemblées dans son manifeste « Une nouvelle politique pour le commerce : comment préserver l’emploi ». Ce manifeste fait l’objet d’une large diffusion auprès des candidats aux différentes élections qui se tiendront en 2017 et notamment ceux à la présidence de la République.


Favoriser un développement équilibré du commerce en réduisant la fiscalité pesant sur les magasins.


Le commerce physique est touché par une fiscalité extrêmement contraignante, basée sur l’emprise foncière des points de vente, alors même que son chiffre d’affaires diminue du fait notamment de la croissance du e-commerce. Aujourd’hui, 7 % des ventes du commerce de détail sont réalisées via Internet.
Sans vouloir opposer une forme de commerce à une autre, vision stérile et dépassée, le Conseil du Commerce de France demande une plus grande équité fiscale entre les différentes formes de commerce, en remplaçant les impôts fonciers par une taxation commune à tous les acteurs du secteur, assise sur la valeur ajoutée, via la cotisation de la valeur ajoutée des entreprises, et sur la vente en augmentant la TVA. En attendant la mise en œuvre de cette mesure, la réforme des valeurs locatives foncières, qui va s’appliquer pour la première fois à l’automne 2017, devra être suspendue.


Encourager la modernisation des commerces grâce à un crédit d’impôt investissement numérique.


Pourr rester attractif, le commerce est de plus en plus connecté et les commerçants doivent être visibles sur Internet pour faire venir les clients dans leurs magasins et leur offrir une meilleur expérience shopping. De la fréquentation des points de vente physiques dépend en effet le maintien d’un niveau d’emploi élevé dans le commerce, mais aussi l’attractivité des territoires.
Pourtant de nombreux commerçants, surtout les indépendants, hésitent encore à investir dans le numérique, jugeant le retour sur investissement peu convaincant. Afin d’accompagner la numérisation du commerce et donner aux commerçants la possibilité de s’approprier les opportunités offertes par Internet, le Conseil du Commerce de France propose la création d’un crédit d’impôt « investissement numérique », qui s’appliquerait à tous les commerçants, indépendamment de leur structure juridique (entreprise individuelle ou société), réalisant des investissements pour introduire le numérique dans leur activité.


Maintenir la dynamique d’emploi dans le commerce en baissant le coût du travail.


Grâce notamment aux innovations portées par l’économie numérique, la robotisation et l’automatisation des tâches, le e-commerce mobilise 2 à 5 fois moins d’emplois que le commerce physique pour réaliser un chiffre d’affaires identique.
Pour préserver la dynamique d’emploi dans le commerce, le Conseil du Commerce de France préconise de diminuer le coût du travail en supprimant toutes les charges sociales sur le SMIC et en intégrant les différents allègements de charges qui existent aujourd’hui, dont le CICE, dans un barème unique de cotisations sociales.


Préserver les commerces et les emplois en favorisant la reprise d’entreprise par les salariés.


Si entre 2011 et 2015, le commerce a créé plus de 550 000 entreprises, près de 390 000 ont disparu dans le plus grand silence, notamment faute de repreneur. Il est aujourd’hui primordial de favoriser la reprise d’entreprises, notamment par un salarié.
À cet effet, le Conseil du Commerce de France préconise d’étendre à la reprise d’entreprise par un salarié l’abattement majoré de 85% sur les plus-values de cessions de parts ou actions de société applicable aux transmissions familiales dans le cadre du pacte Dutreil. Il propose également d’inciter fiscalement à investir dans une PME reprise par un salarié via un amortissement du capital investi. Enfin, il faudrait que toutes les exonérations d’impôts dont bénéficient les créations d’entreprise s’appliquent à la reprise d’entreprise. En effet, en allégeant le coût de la reprise, les entrepreneurs seraient davantage incités à investir dans un commerce existant, dont le taux de survie est plus important que celui des entreprises créées.
Retrouvez toutes les propositions du Conseil du Commerce de France sur le site www.cdcf-elections-2017.com.

 


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