Six conseils pour éviter une rupture de trésorerie


La situation de crise qui prévaut actuellement affaiblit les entreprises. Selon les tribunaux de commerce, le cycle de défaillance ne fait que croître et le délai entre l’apparition d’un incident de paiement et la mise en cessation de paiement d’une entreprise a diminué (actuellement, il est compris entre 3 et 6 mois).

Il est donc important de se prémunir contre la rupture de cash. Voici 6 étapes qui pourront aider les sociétés dans cette perspective, avec pour mot d’ordre : l’anticipation.

1.      Effectuer des prévisions de cash à 6 mois

Les bonnes prévisions de trésorerie assurent le bon fonctionnement de chaque démarche. Ce système doit assurer l’apport de données fiables sur une période de temps suffisamment longue pour pouvoir réagir en cas de problème. Une prévision de trésorerie à 6 mois, actualisée mensuellement, semble la plus recommandée.

Les prévisions de trésorerie ne sont pas évidentes à mettre en place. Elles sont d’autant plus compliquées en 2013. En effet, les entreprises ne peuvent pas envisager à l’avance la visibilité sur leur carnet de commande. Il devient alors difficile d’effectuer des prévisions au-delà de 3 mois.

Pour pallier à ce problème, il est recommandé de mettre en place des indicateurs avancés qui permettent d’interpréter l’activité des commerciaux en flux de recettes prévisionnels. Le manager, suivant les activités des commerciaux, dressera les prévisions de chiffre d’affaires en se basant sur le taux de transformation de ces types d’action en vente effective.

2.      Réagir le plus vite possible en cas de problème

Le système de trésorerie que vous avez créé vous permet de détecter en avance les risques de rupture de cash. Pour plus de sûreté, il est recommandé d’être encore plus pessimiste : les points de tension prévus, le creux de trésorerie, etc. doivent être mis en avant. Lorsque d’importants risques sont possibles, il est recommandé d’effectuer un « crash test » afin de déterminer la réaction à adopter en cas d’imprévu.

3.      Comprimer le BFR au maximum

En premier lieu, il est important de réduire son BFR (besoin en fonds de roulement). Cette opération peut être effectuée en 3 mois en suivant ces quelques étapes :

- mettre la pression sur les personnes en charge de la facturation des ventes et du recouvrement des créances clients ;

- prendre rendez-vous avec les clients pour leur demander de réduire leur délai de paiement. Effectuer la même opération avec les fournisseurs pour négocier un allongement des délais de paiement ;

- faire en sorte d’optimiser les stocks. Le but est de réduire les stocks pour atteindre un niveau minimum et suffisant.

4.      Augmenter les crédits de trésorerie

Une autre mesure à mettre en place consiste à accroître les crédits à court terme. Les lignes de découvert auprès des banques sont les principaux crédits concernés. Le fondateur du cabinet d’expertise comptable Denjean & Associés, Thierry Denjean, affirme qu’une autorisation de découvert est recommandée pour anticiper les trous de trésorerie.

Le problème actuel est dû au fait que la plupart des PME ne demandent l’ouverture d’une ligne de découvert, ou le renouvèlement de leur plafond de découvert autorisé, que lorsque leur situation est au plus mal. Il est pourtant conseillé d’effectuer cette opération lorsque l’entreprise se porte bien. En effet, les possibilités qu’elle obtienne les crédits qu’elle demande sont plus importantes à ce stade.

Thierry Denjean affirme aussi que les bonnes relations entre banquiers et entrepreneurs facilitent les échanges dans ce genre de situation. Un banquier fera plus facilement crédit à une personne en qui il a confiance. Il est fondamental, pour l’entrepreneur, de faire en sorte qu’une relation se noue entre lui et son banquier : dans les relations bancaires, la fidélité est toujours récompensée.

5.      Ne plus autofinancer les achats d'équipements

Lorsque que l’entrepreneur s’aperçoit qu’il risque d’avoir des problèmes de cash, il peut suivre une méthode simple. Celle-ci consiste à stopper immédiatement l’autofinancement des biens d’équipement dont il a besoin. En général, les biens qui ont une durée de vie de plus d’un an doivent faire l’objet d’un financement. Les logiciels, les voitures de fonction ou autres équipements ne doivent pas être achetés cash. A chaque besoin, l’entreprise doit penser immédiatement « location, crédit ou crédit-bail ».

Peu d’entrepreneurs savent que des financements pour les « petits investissements » existent. D’autres préfèrent acheter cash en pensant que le déblocage du financement prendra plus de temps que nécessaire. Le crédit-bail permet pourtant d’économiser la trésorerie. Il est simple à obtenir (bonnes relations avec la banque, demande de croissance des établissements de crédit-bail, etc.) et, en cas de besoin urgent, l’entreprise peut apporter la facture du bien pour le faire refinancer à crédit.

6.      Laisser de la marge au profit du cash

Les chefs d’entreprise français sont éduqués selon une culture du résultat. Ils pensent que tout va bien si leur société dégage des profits. Cela peut pourtant leur être fatal car les profits et la situation de trésorerie n’ont aucun lien. Une société peut en effet avoir un compte de résultat positif et être en situation de rupture de trésorerie.

Afin d’éviter ce problème, il est important que le chef d’entreprise modifie sa vision : le cash doit être davantage privilégié par rapport à la rentabilité. Cela implique de perdre de la marge afin d’obtenir plus de trésorerie. Les achats seront plus chers à l’unité en revanche, les décaissements seront moindres. Il peut aussi être utile de profiter des opérations de vente à prix réduits (ristournes, promotions, solderies, etc.). La diminution des marges vous permettra ainsi de recouvrir votre trésorerie. L’optimisation des bénéfices pourra être effectuée quand il n’y aura plus de problème de cash.


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