Situation critique des sociétés de capital-investissement


Cette étude a abouti aux résultats suivants :

  • 40 % des sociétés d’investissement françaises détiennent moins de 19 % des fonds destinés à être investis dans de nouvelles entreprises. Cette réserve disponible ne représente que 9 % de leurs fonds sous-gestion. Ainsi, elles ne sont plus à même de poursuivre normalement leur fonction d’alimentation des entreprises en fonds propres.
  • 40 % des sociétés d’investissement françaises ne disposent plus que de 30 % de leurs fonds disponibles pour investir dans de nouvelles entreprises. Ces sociétés peuvent encore investir provisoirement. Toutefois, leurs investissements relèvent généralement des fonds à brève échéance, notamment dans un environnement aussi incertain qu’aujourd’hui.
  • 20 % des sociétés d’investissement françaisesdisposent encore de 58 % de fonds disponibles. Ces sociétés ont encore la capacité financière pour financer les start-up (jeunes entreprises), les PME et les ETI.

La tendance se confirme : les capitaux alloués aux entreprises non cotées ont progressivement chuté. Le capital-investissement était de 10 milliards d’euros avant 2008 pour descendre à 6,4 milliards en 2011.

Voici les effets et les conséquences engendrés par cette situation :

  • par effet de ciseaux, un écart de plus en plus important s’installe entre les montants levés et ceux réellement investis. A titre indicatif, l’écart atteignait les 5,7 milliards d’euros à la fin du premier semestre 2012.
  • l’effet de péremption des fonds : à l’expiration de la période légale, dite « d’investissement », les fonds destiné à être investis ne pourront plus l’être.
  • la pénurie de fonds entraîne une réduction mécanique des investissements vers les entreprises.
  • La perte de diversité des acteurs du développement.

Par la densité de ses interventions, le capital-investissement français se trouve au 1er rang en Europe Continentale, représentant plus de 20 % du marché européen.

L’orientation de l’épargne vers le système productif comme solution principale

L’AFIC conseille les équipes d’investissement de diriger l’épargne longue vers le financement des entreprises et d’allouer une petite fraction de l’épargne financière des Français (livrets d’épargne, fonds d’épargne retraite ou assurance vie) au capital-investissement.

Le capital-investissement pour le dynamisme de l’économie française

En 2011, 1 500 entreprises françaises ont été investies par des sociétés de capital-investissement. Cela a contribué :

  • à la création de 76 000 nouveaux emplois dans les entreprises des portefeuilles du capital-investissement français. Cet accroissement des effectifs a excédé de 4,8 points celui du secteur marchand français.
  • au développement du chiffre d’affaires des entreprises ayant bénéficié du capital-investissement français, faisant augmenter de 6 points le PIB français.

Comme les banques étaient contraintes dans leurs capacités d’octroi de crédit et l’entrée en Bourse particulièrement difficile, le capital-investissement arrivait à point nommé pour les PME, les start-up et les ETI, afin de répondre à une demande croissante de financements. En parallèle, ce moyen de financement contribue à la création massive d’emplois.

Cependant, on assiste actuellement à l’épuisement des stocks de capitaux disponibles, contraignant les autorités compétentes à prendre les mesures adéquates. Selon le président de l’AFIC, Louis Godron, il est primordial d’allouer une partie de l’épargne française disponible dans les projets entrepreneuriaux.

Remarque :

L’Association Française des Investisseurs pour la Croissance (AFIC) rassemble les structures de capital-investissement installées en France : capital-innovation (finance la recherche), capital développement (finance le développement de l’entreprise), capital-transmission (accompagne la transmission ou la cession de l'entreprise) et capital-retournement (accompagne une entreprise en difficulté).

En collaboration avec près de 180 membres associés de sociétés de conseil et de gestion, l’association comprend 270 membres actifs et finance environ 5000 entreprises en France.

 


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