Secteur de la coiffure : de nombreux changements enregistrés


Depuis près de 10 ans, le secteur enregistre un nombre d’ouvertures et de fermetures d’entreprises quasiment égal. Le taux de renouvellement connait à cet effet une progression allant de 8 % (en 2004) à 10 % (en 2011).

Une augmentation du nombre d’immatriculations annuelles s’est également produite notamment grâce à la mise en place du régime de l’auto-entrepreneur en 2009. Une nette évolution du nombre d’entreprises créées a ainsi été constatée étant donné que l’année 2005 a enregistré 3088 nouvelles entreprises contre 8262 en 2010. De 2011 jusqu’à aujourd’hui, une stabilisation est constatée dans le secteur de la coiffure.

L’évolution qui s’est produite dans ce secteur est entre autres due aux changements opérés au niveau de l’offre ainsi que des modalités liées à l’exercice de la profession. Grâce au régime de l’auto-entrepreneur, de nombreux entrepreneurs ont choisi d’exercer dans le cadre de la coiffure à domicile. Cette dernière représente environ 50 % des immatriculations.

L’évolution du secteur est ainsi due en grande partie à l’engouement des entrepreneurs pour la coiffure à domicile. Presque tous les entrepreneurs qui s’orientent vers ce domaine sont des indépendants. Les enseignes connues comme Viadom garantissent également le développement de la coiffure à domicile. Cette firme de renommée internationale rassemble près de 500 000 clients composés notamment de seniors, d’hôpitaux, de personnes indépendantes et d’établissements de santé.

Le secteur de la coiffure comprend également la coiffure en salon. Il peut s’agir des salons indépendants ou des salons franchisés.

Profil des créateurs et repreneurs d’entreprises de coiffure

Bien que quelques hommes œuvrent dans le secteur de la coiffure, ce dernier reste très féminin. Près de 83 % des dirigeants d’entreprises issus de cet univers sont en effet des femmes. Le nombre de ces dernières est nettement plus élevé dans la coiffure à domicile. Cette activité rassemble en effet 94 % de femmes contre seulement 6 % d’hommes.

Des créateurs d’origine étrangère

En France, des études ont permis de souligner que 8 % des créateurs d’entreprises de coiffure sont des étrangers. 2 % d’entre eux proviennent des pays de l’Union européenne tandis que 6 % sont issus d’autres continents.

38 ans : la moyenne d’âge des entrepreneurs

La moyenne d’âge des entrepreneurs œuvrant dans le domaine de la coiffure est de 38 ans actuellement. Les jeunes sont encouragés à rejoindre ce secteur en plein essor. A la différence d’autres secteurs de l’artisanat où l’expérience compte plus que l’âge, l’univers de la coiffure accorde énormément de chance aux jeunes.

Des entrepreneurs expérimentés

Ce n’est pas pour rien que le secteur de la coiffure est ouvert aux jeunes entrepreneurs. Le secteur rassemble actuellement 87 % de créateurs ayant de nombreuses années d’expérience à leur actif. Ces expériences, la plupart d’entre eux les avaient déjà avant même qu’ils ne s’installent. Près de 47 % d’entre eux ont jusqu’à 15 ans d’expérience dans le domaine. Ceux qui intègrent le secteur sans la moindre expérience représentent uniquement 1 %.

Des dirigeants ayant un brevet professionnel dans le domaine

Presque tous les dirigeants qui exercent dans le domaine de la coiffure ont un brevet professionnel. Depuis l’année 2008, le nombre de détenteurs de ce brevet a considérablement augmenté. Pour la coiffure à domicile, la loi n’impose pas la détention de brevet. La plupart de ceux qui exercent l’activité à domicile possèdent cependant un CAP.

Les dirigeants d’entreprises de coiffure sont très peu nombreux à disposer d’un diplôme de l’enseignement professionnel relatif au domaine.

Des anciens salariés qui deviennent des entrepreneurs

Le parcours professionnel des entrepreneurs du secteur de la coiffure est assez similaire, qu’ils exercent en salon ou à domicile. Ce sont généralement des anciens salariés qui décident de travailler pour leur propre compte et qui intègrent cet univers. Les statistiques démontrent en effet que près de 79 % des nouveaux dirigeants sont d’anciens salariés.

Près de 21 % de ces dirigeants ont déjà été des entrepreneurs et sont par la suite devenus des salariés pour intégrer enfin le secteur de la coiffure en tant qu’entrepreneurs.

Le nombre de chômeurs qui décident d’intégrer le secteur de la coiffure en tant qu’entrepreneurs est cependant très faible. Pour cette raison, seuls 25 % des entrepreneurs du domaine ont bénéficié de l’ACCRE (aide au chômeur créant ou reprenant une entreprise) en 2012.

Près de 12 % des entrepreneurs qui entrent dans cet univers étaient des chefs d’entreprise avant de revêtir le statut d’entrepreneurs dans le monde de la coiffure. La plupart de ces nouveaux entrepreneurs ont muté leur statut ou ont réalisé un acte de rachat-revente d’une société. Le nombre de ces entrepreneurs (anciens chefs d’entreprise) ne va pas tarder à augmenter étant donné que de nombreux entrepreneurs choisissent d’évoluer vers un autre statut juridique d’entreprise.

Près de 40 % des dirigeants d’entreprises de coiffure ont voulu créer leur propre entreprise depuis leur enfance ou depuis qu’ils ont été formés dans le domaine. 38 % d’entre eux, par contre, ont pris la décision d’intégrer l’univers de l’entrepreneuriat durant leurs années de salariat. En résumé, la plupart des dirigeants d’entreprises de coiffure ont pris une décision murement réfléchie.

Ce qui motive les dirigeants d’entreprises de coiffure

Suite à des enquêtes menées auprès des dirigeants d’entreprises de coiffure, il a été prouvé que 75 % d’entre eux aspirent à une totale indépendance dans leur activité. Pour ces professionnels, l’autonomie constitue l’objectif principal étant donné que leur adhésion dans cet univers a été motivée par le désir de devenir leur propre patron.

Les auto-entrepreneurs (ceux exerçant l’activité à domicile), quant à eux, se focalisent surtout sur le projet d’auto-emploi selon l’étude SINE 2010.

Seuls 7 % des entrepreneurs interrogés ont manifesté comme motivation la volonté de créer leur propre emploi. L’étude menée dans le secteur a également permis de savoir que 3 % des entrepreneurs cherchent la promotion professionnelle tandis que 5 % ont saisi l’opportunité qui s’est offerte à eux.

Gagner de l’argent est loin d’être la principale motivation de la plupart de ces entrepreneurs car seuls 3 % d’entre eux ont manifesté ce souhait. Près de 13 % des dirigeants ont avoué leur désir de concilier vie professionnelle et vie familiale.

Certains entrepreneurs ont simplement concrétisé leur intérêt particulier pour la coiffure.

Comment choisir la localisation du salon ?

Trouver le bon emplacement est très important pour les dirigeants d’entreprises de coiffure. Cette réalité est encore plus vraie dans les villes moyennes et les villes renfermant plus de 200 000 habitants. Une saturation progressive du marché est constatée dans ces villes, d’où la nécessité de bien sélectionner la zone d’implantation du salon.

Selon la fédération nationale de la coiffure, cette activité est très dense en France, avec en moyenne un salon pour 847 habitants. La prise de conscience des dirigeants des salons quant aux impératifs commerciaux et économiques influe sur leur choix de la zone d’implantation de leur local.

Avant d’établir leur local dans une zone quelconque, les dirigeants d’entreprises de coiffure analysent un certain nombre de critères. Près de 46 % de ces entrepreneurs implantent leur salon à proximité de leur domicile. 36 % choisissent les zones où ils sont susceptibles d’avoir le maximum de clients. Près de 3 % de ces professionnels ont choisi d’installer directement leur local à leur domicile. Dans les petites villes françaises où le nombre d’habitants est compris entre 10000 et 19999, les locaux sont de moins en moins disponibles. La situation est la même en plein centre-ville de Paris.

Les coûts d’installation pour les salons de coiffure indépendants

Le coût d’installation d’un salon de coiffure varie selon les types d’activités choisies par le dirigeant. Ce dernier doit compter environ 54000 euros pour ouvrir un salon indépendant. Dans le cas où il opte pour un salon franchisé, il doit réunir dans les 107000 euros. Afin de ne pas trop dépenser, de nombreux entrepreneurs choisissent d’exercer uniquement à domicile.

Le financement de l’installation du salon de coiffure peut être évalué en fonction des dépenses prévues pour l’achat des matériels nécessaires. Grâce à cette méthode, les ¾ des dirigeants investissent moins de 2000 euros pour installer leur local.

En investissant une somme proportionnelle au coût d’achat des matériels, certains dirigeants ne dépensent qu’une somme avoisinant les 16 000 euros pour ouvrir un salon indépendant. Minimiser les dépenses est cependant assez difficile dans la cadre de l’ouverture d’un salon franchisé. 53 % des installations liées à l’ouverture d’un tel salon impliquent un investissement supérieur à 100000 euros.

La somme versée dans l’installation couvre de nombreuses dépenses notamment :

  • le ticket d’entrée pour l’exercice en salon franchisé,
  • le coût des matériels,
  • la formation auprès de l’enseigne,
  • la mise aux normes.

Plus de 85 % des dirigeants sont propriétaires du fonds de commerce d’où leur possibilité de limiter à 15 % la part des locataires-gérants. Il faut noter que 15 % des dirigeants sont également propriétaires des murs.

L’emprunt bancaire pour financer l’installation d’une entreprise de coiffure

Le coût d’installation conditionne le montant de la mensualité à payer dans le cadre d’un emprunt bancaire. 87 % des dirigeants qui choisissent d’exercer à domicile autofinancent en majorité leur installation. En revanche, seuls 20 % des entrepreneurs qui exercent en salon assurent eux-mêmes le financement. 80 % d’entre eux ont recours à l’emprunt bancaire étant donné que le coût d’installation est nettement plus cher en salon qu’à domicile.

A partir du moment où les dépenses sont évaluées à 8000 euros, les entrepreneurs choisissent généralement les prêts bancaires. 76 % des salons franchisés et 83 % des salons indépendants optent pour cette source de financement.

L’accès au crédit s’avère cependant difficile pour certains entrepreneurs. Des études menées dans le secteur ont permis de savoir que de nombreux entrepreneurs dirigeant un salon (franchisé ou indépendant) ont dû demander un financement auprès de 5 banques (voire plus) avant d’obtenir un prêt. La difficulté se rencontre surtout si le devis dépasse les 100 000 euros. 

La situation est quasi la même pour les entrepreneurs hors salon. Près de 64 % de ces dirigeants ont en effet déclaré avoir démarché plusieurs banques avant d’en trouver une qui accepte de les financer. Généralement, la demande de prêt pour financer une installation hors salon ne doit pas poser de problème pour les banques étant donné que le coût d’une telle installation est moindre. Une raison qui pourrait expliquer cette réticence des établissements bancaires est l’existence d’autres prêts réalisés avant celui destiné à la mise en place d’une coiffure à domicile. 

Chaque dirigeant qui obtient un prêt gagne un délai de remboursement de 7 ans. Le montant de la mensualité est évalué en fonction des dépenses totales liées à l’installation. L’emprunt doit être remboursé en moyenne à hauteur de 660 euros par mois. Dans le cas d’installation d’un salon franchisé, la mensualité peut atteindre 880 euros par mois. Pour les entrepreneurs à domicile, les banques fixent une mensualité avoisinant les 250 euros.

Les aides pour la création d’entreprises de coiffure

Pour mettre en place une entreprise de coiffure indépendante, franchisée ou à domicile, les entrepreneurs ont besoin de financement. Ceux qui n’ont pas les moyens de financer leur activité cherchent d’autres sources d’argent comme l’emprunt bancaire.

Outre le recours aux prêts bancaires, près de 40 % des dirigeants ont bénéficié d’une aide financière publique lors de leur installation. L'aide au chômeur créant ou reprenant une entreprise (ACCRE) est la principale aide financière publique dont ces entrepreneurs ont joui. Ce dispositif a en effet financé 25 % des projets d’installation réalisés par des personnes en quête d’emploi. Grâce à l’ACCRE, ces entrepreneurs ont bénéficié d’une exonération du paiement des charges sociales pendant un an.

Les 60 % qui ne bénéficient pas de cette aide sont obligés de recourir à leurs propres moyens ou de faire la demande d’autres formes de financement notamment :

  • le parcours NACRE qui donne lieu à un prêt à taux zéro,
  • l’aide du conseil général,
  • le microcrédit,
  • le prêt à la Création d’Entreprise.

Très peu d’entrepreneurs font appel aux réseaux d’accompagnement destinés aux projets de création d’entreprise pour le financement de leur projet. 4 % d’entre eux ont sollicité l’aide des Chambres de métiers et de l’artisanat et 1 % seulement ont fait appel aux Chambres de Commerce et d’Industrie. Le Pôle Emploi n’a enregistré aucune demande de financement.

Les coiffeurs exerçant à domicile s’adressent en majorité au réseau des chambres consulaires pour obtenir un fonds destiné à l’installation. Les auto-entrepreneurs quant à eux se tournent vers les chambres des métiers et de l’Artisanat pour obtenir de l’aide.

Un stage avant l’installation

L’installation est une étape à ne pas négliger lors de la création d’une entreprise de coiffure. Pour cette raison, la Chambre des Métiers et de l’Artisanat offre un Stage Préalable à l’Installation (SPI). 78 % des nouveaux dirigeants qui s’y sont inscrits ont bénéficié de ce stage.

Le SPI est devenu obligatoire depuis la publication de la loi n° 82-1091 le 23 décembre 1982. La réalisation de ce stage et l’un des critères qui conditionnent l’immatriculation au Répertoire des Métiers.

Ce stage se déroule pendant cinq jours et vise à informer les repreneurs ou les créateurs d’entreprises sur les critères qui régissent l’installation. Ce stage permet également à ces futurs entrepreneurs de mieux maîtriser les difficultés rencontrées lors de la quête de financement.

Les participants obtiennent, de la part de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat, une attestation de suivi de stage au terme de la formation. Grâce à cette attestation, les futurs entrepreneurs peuvent s’inscrire au répertoire des métiers.

Une bonne partie des auto-entrepreneurs choisissent de suivre ce stage même s’ils ne sont pas obligés de le faire. Cette situation s’explique par la satisfaction de 65 % de dirigeants qui y ont participé.

Très peu d’entrepreneurs œuvrant dans le secteur de la coiffure s’inscrivent pour d’autres formations en complément du SPI.

Afin de garantir le développement de leurs activités, 15 % des entrepreneurs intègrent un syndicat professionnel. Ces dirigeants attendent du syndicat :

  • une aide dans la gestion,
  • des formations,
  • des appuis individualisés,
  • des outils marketing.

Avis des dirigeants sur le parcours d’installation

Les entrepreneurs se font généralement une idée sur la création et la reprise d’entreprise avant même de procéder à l’installation. Ils imaginent les difficultés auxquelles ils sont susceptibles de faire face mais la réalité est souvent différente. Les entrepreneurs ont ainsi été questionnés sur les points qu’ils ont trouvés difficiles ou plus faciles qu’ils ne le pensaient.

37 % des dirigeants ont constaté que l’ensemble du parcours de création a été compliqué. Pour les dirigeants qui exercent en salon, ce sont les démarches administratives et les parties liées à la gestion qu’ils ont trouvées très compliquées. Ces aspects sont cependant moins contraignants pour les dirigeants qui exercent à domicile.

Les coiffeurs à domicile ont cependant rencontré beaucoup de problèmes au niveau de la fidélisation de la clientèle. La partie logistique, dont le transport de matériel, s’est également avérée difficile pour la majorité des dirigeants exerçant à domicile. Ce problème n’a cependant affecté que 9 % des entrepreneurs hors salon.

Le fait d’appartenir à une enseigne célèbre ne change en rien la difficulté du parcours. Les dirigeants qui exercent en salon franchisé ont déclaré avoir trouvé un certain avantage grâce à la franchise. Le développement de la clientèle est l’un des volets où ces entrepreneurs ont rencontré beaucoup d’avantages grâce à la franchise. Leurs difficultés ont principalement résidé dans le montage financier et la quête de financement.

Un autre problème qui a été surmonté concerne les conditions imposées par le franchiseur quant aux choix de l’emplacement et de l’aménagement.


 


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