Reprise d’entreprise : diminution du nombre de créations


La diminution de la part des reprises a été constatée entre 2008 et 2011. Cette baisse se constate surtout au niveau des installations réalisées par les salons indépendants et les salons franchisés. La situation peut s’expliquer par diverses raisons notamment :

  • l’insuffisance ou la stabilité du stock des affaires qui ne répondent plus à la demande des dirigeants,
  • l’adoption du système de rachat de parts sociales pour ne pas se soumettre aux comptes statistiques,
  • la réticence des entrepreneurs quant à ce mode d’installation qui s’avère très couteux.

Baisse généralisée des reprises de fonds de commerce 

Le secteur de la coiffure n’est pas le seul à être touché par la baisse des reprises de fonds de commerce. Les chiffres liés aux annonces de ventes et de cessions de fonds de commerce publiés entre le 1er janvier 2008 et le 31 décembre 2011 indiquent que le nombre de cessions-reprises 2011 est très bas par rapport à celui de2008. Cette baisse continue à se constater jusqu’à aujourd'hui, et dans tous les secteurs.

74 % du nombre de reprises réalisées concernent les très petites entreprises selon le baromètre Bodacc/Altares.

Le problème de reprise ne s’adresse cependant pas aux coiffeurs hors salon. Le taux de reprise ne concerne en effet que 4 % de ces entrepreneurs étant donné que les repreneurs n’analysent que le fichier client avant de décider.

L’installation par reprise dans le secteur de la coiffure attire un grand nombre d’entrepreneurs étant donné que47 % des repreneurs bénéficient déjà d’une clientèle. Cette situation s’avère opportune pour les entrepreneurs dans la mesure où la prospection et la fidélisation clientèle est loin d’être une mince affaire. La moitié des repreneurs ont ainsi l’impression de prendre moins de risque que dans le cadre d’une création.

Une autre raison qui pousse certains entrepreneurs à choisir la reprise d’entreprise de coiffure plutôt que la création se rapporte au fait de saisir l’occasion qui se présente à eux. Le nombre de dirigeants qui attendent les opportunités est cependant très faible vu que les belles occasions s’annoncent très rares dans les petites villes, les villes moyennes et les communes rurales.

Le coût peu élevé de la reprise par rapport à la création constitue également un autre facteur encourageant les entrepreneurs à choisir cette option. Les enquêtes menées dans le secteur ont cependant montré que la reprise est loin d’être peu onéreuse comme le pensent certains entrepreneurs.

Outre la quête d’une opportunité, l’obtention d’une clientèle et la réduction des dépenses, d’autres raisons motivent les dirigeants d’entreprise à opter pour la reprise notamment :

  • l’impératif familial,
  • la concurrence importante déjà en place,  
  • le défi relatif au redressement d’une entreprise,
  • l’appui possible du cédant,   
  • l’obtention d’un personnel expérimenté et opérationnel.

Tout ce qu’il faut savoir sur la reprise d’une entreprise de coiffure

Les entrepreneurs identifient généralement le fonds de commerce coiffure à reprendre grâce aux petites annonces sur internet et par le biais du bouche-à-oreille. Les petites annonces sur internet sont devenues efficaces grâce à des sites spécialisés dans le domaine notamment Annoncecoiffure.fr, Leboncoin.fr ou encore la Base de données nationale de reprises d’affaires artisanales (BNOA). En visitant quelques sites spécialisés dans les petites annonces, le temps de recherche devient nettement plus court.

Coût de la reprise

Dans le cadre d’une reprise, le coût moyen d’une installation s’élève à 67000 euros. Cette somme est nettement supérieure aux dépenses liées à la création d’entreprise de coiffure. Contrairement à ce que certains entrepreneurs pensent, la reprise engendre plus de dépenses que la création.

Evaluation financière et diagnostics techniques

Des barèmes larges conditionnent l’évaluation financière dans le cadre d’une reprise d’entreprise de coiffure. La valeur d’un fonds de commerce est généralement estimée entre 65 et 130 % du chiffre d’affaires annuel TTC. Procéder à une telle évaluation est difficile, raison pour laquelle seulement 56 % des entrepreneurs choisissent d’y faire appel.

Les entreprises qui effectuent des diagnostics techniques sont encore moins nombreuses que celles qui demandent une évaluation financière. Seuls 45 % des dirigeants procèdent aux diagnostics techniques avant de conclure la reprise de fonds.

Le recours aux services des comptables est recommandé dans le cadre d’une évaluation financière du fonds. Les chambres de Métiers et de l’Artisanat peuvent également être sollicitées dans le cadre d’une évaluation financière et d’un diagnostic technique afférent à la reprise d’un fondsde commerce de coiffure. D’autres professionnels comme les notaires, les banques, les assureurs et les avocats peuvent également assurer ces tâches.

Ruées des nouveaux entrepreneurs vers le statut d’auto-entrepreneur(suite3)

Depuis la mise en place du régime d’auto-entrepreneur en 2009, les démarches juridiques liées à la création d’entreprise ont été perturbées. Ce régime a fait que le nombre d’entreprises immatriculées sous forme d’entreprise individuelle a augmenté de manière considérable. Selon les chiffres de la FNC, 55 % des nouveaux créateurs d’entreprise optent pour le régime d’auto-entrepreneur.

Pour les dirigeants d’entreprise issus du secteur de la coiffure, le choix du statut se fait en fonction du choix de l’exercice. Dans le cas d’une coiffure à domicile, les dirigeants optent généralement pour le régime d’auto-entrepreneur. La plupart de ceux exerçant dans des salons indépendants choisissent également ce type de statut. Par ailleurs, 70 % des entrepreneurs qui exercent dans des salons franchisés penchent pour le statut de société. Pour eux, il s’agit de l’option la moins risquée compte tenu de l’importance de l’investissement et des dettes contractées. Dans le domaine de la coiffure, très peu de dirigeants adoptent le statut d’EIRL.

Faible implication du conjoint

Le conjoint est présent dans seulement 8 % des entreprises de coiffure. Cette situation signifie que l’activité de coiffure ne revêt plus trop un caractère familial. Les reprises familiales commencent également à se faire rares dans le secteur.

Les entreprises de coiffure franchisées sont les plus propices à l’association du conjoint étant donné qu’elles sont plus importantes en taille et en volume. L’implication du conjoint dans l’activité permet ainsi de réduire les dépenses liées à la main d’œuvre.

Le choix de s’installer avec un associé

33 % des entrepreneurs en salon franchisé et 14 % des dirigeants qui exercent en salon indépendant optent pour l’installation avec un associé. L’objectif d’un tel choix est de bénéficier de compétences techniques complémentaires et d’un coût d’installation réduit.

Présentation d’un salon de coiffure à l’ouverture(suite4)

L’intégralité des entreprises de coiffure hors salon n’emploie aucun salarié. Cette situation est indépendante de la volonté des entrepreneurs étant donné que le régime d’auto-entreprise ne permet pas d’assurer le coût d’un salarié. 80 % des salons franchisés recrutent cependant des employés dès qu’ils sont installés. Le recrutement d’employés dès le démarrage des activités de coiffure concerne également près de 50 % des salons indépendants. Il faut noter que 19 % des salons franchisés ne recrutent aucun employé au moment de la création bien que le montant de l’investissement soit élevé.

La part des entrepreneurs en salon continue à augmenter. Pour 42 % de ces dirigeants, le fait de travailler seul est un pur choix. D’autres estiment que le recrutement d’employés ne constitue pas une urgence. Une bonne partie des entrepreneurs décident ainsi de ne pas embaucher de salariés.

Offre de formation aux jeunes

Les entrepreneurs en salon accordent une grande importance à la formation. Les chiffres justifient ce fait étant donné que 71 % des salons franchisés et 36 %des salons indépendants offrent des formations aux apprentis coiffeurs.

Les dirigeants qui ne donnent aucune formation citent plusieurs raisons relatives à leur choix notamment le report du projet, le manque de temps ou l’absence d’une activité suffisante. D’autres justifications se joignent à ces dernières dont le coût exorbitant de la formation. Certains entrepreneurs vont même jusqu’à avancer que les apprentis n’apportent rien à leur société.

Les entreprises ayant déjà connu des problèmes avec des apprentis ne croient plus à l’importance de donner une formation aux jeunes.

Fonctionnement d’une entreprise de coiffure(suite5)

74 % des entrepreneurs qui dirigent un salon indépendant ferment leurs portes deux jours par semaine. 46 % des propriétaires de salons franchisés quant à eux peuvent choisir un ou deux jours de fermeture hebdomadaire.

76 %des entreprises de coiffure fixent une durée hebdomadaire de travail de 35 heures à leurs salariés. Les dirigeants de salons franchisés optent de plus en plus pour le temps partiel et n’exigent plus 35 heures de travail à leurs employés.

Satisfaction par rapport à l’activité de coiffure

Les entrepreneurs qui exercent dans un salon franchisé bénéficient d’un local plus spacieux.32% d’entre eux exercent dans un salon ayant une superficie comprise entre 70 et 89 m². Seuls 15 % des dirigeants de salons indépendants disposent d’un local ayant une telle superficie. Grâce à un salon spacieux, ces professionnels de la coiffure peuvent exercer de multiples activités liées à leur domaine.

La taille du salon dépend également en grande partie de sa localisation. Un salon établi dans une petite commune aura ainsi une taille réduite. Dans les communes rurales, seules 19 %des entreprises créées peuvent prétendre à un salon dont la taille est supérieure à 70m². Ce taux atteint 38 % pour les sociétés installées dans des villes dont le nombre d’habitants dépasse 200 000.

71 % des entrepreneurs avouent ainsi être satisfaits de la taille de leur entreprise et 75 %sont contents de leur aménagement.

Relation entre TIC et entreprises de coiffure(suite6)

La majorité des salons franchisés choisissent d’informatiser quelques-uns de leurs services pour mieux développer leur activité. 62 % d’entre eux ont ainsi créé un site internet pour mieux communiquer avec leurs clients. 72 % ont recours à des logiciels de gestion et 41 % figurent dans un annuaire professionnel en ligne.

Les dirigeants des salons indépendants ne sont pas très motivés quant à l’informatisation de leurs services. Seuls 27 % d’entre eux possèdent un site internet d’entreprise. Ce taux est encore plus bas chez les coiffeurs à domicile dont les clients sont généralement ceux habitant à proximité du local.

Les dirigeants d’entreprises qui communiquent leurs activités à travers les réseaux sociaux sont également peu nombreux.

La coiffure mixte priorisée

La coiffure mixte est priorisée par un bon nombre d’entreprises de coiffure. Très peu de salons offrent des services de coiffure dédiés spécialement aux hommes ou aux femmes. Seuls quelques-uns des salons franchisés choisissent de se spécialiser dans la coiffure «homme » ou «femme ».

Les prestations « moyen de gamme» sont également choisies par de nombreux salons qui viennent d’ouvrir afin d’attirer le maximum de clients. Les salons franchisés sont par contre nombreux à offrir des prestations haut de gamme à prix compétitif.

Les entreprises qui viennent de s’installer affichent des prestations moins chères que les tarifs moyens annoncés par l’INSEE. En d’autres mots, les jeunes entreprises de coiffure pratiquent des prix légèrement inférieurs à ceux que leurs concurrents fixent. Leur objectif est d’attirer un bon nombre de clients et de se construire une notoriété.

Dans les salons indépendants, les tarifs vont de 17 à 30 euros tandis que dans les salons franchisés, ils varient de 19 à 29 euros.

Des prestations complémentaires pour prétendre au succès(suite7)

Pour compléter la coiffure, 93 % des salons pratiquent d’autres activités. L’esthétique et la manucure sont autant de prestations que ces dirigeants proposent à leur clientèle. Certains entrepreneurs vont même jusqu’à vendre des produits de coiffure afin que leurs clients puissent trouver tout ce qu’il leur faut dans les salons.

La manucure et l’onglerie sont proposées par 18 % de coiffeurs franchisés et 2 % des coiffeurs indépendants. Ces services ne se rencontrent qu’auprès de 2 % des coiffeurs à domicile. Afin d’étendre leurs activités et cibler d’autres types de clientèle, près de 22 % de coiffeurs franchisés offrent des prestations liées à l’esthétique. Seuls 10 % des dirigeants d’entreprises de coiffure indépendantes et 2 % d’entrepreneurs exerçant à domicile proposent ces services.

Certains entrepreneurs ne s’arrêtent pas à des services classiques comme la coiffure, la manucure et l’esthétique beauté, mais vont jusqu’à proposer des prestations en cabine à rayons ultra-violets.

Pour les entreprises de coiffure en pleine croissance, offrir des prestations complémentaires à la coiffure permet de mieux faire face à la concurrence.

Les dirigeants qui exercent hors salon n’ont cependant pas besoin de diversifier leur activité. Près de 78 % d’entre eux exercent uniquement des activités de coiffure. Les auto-entrepreneurs qui investissent dans le développement du secteur de la coiffure sont en effet rares.

Dans le cas de vente de produits de coiffure, générer des bénéfices est difficile si les produits sont disponibles en petits volumes. Dans le cas des prestations liées à l’esthétique, il faut une solide connaissance du domaine et un cadre de travail adéquat.

Optimisation de l’action commerciale pour mieux faire face à la concurrence(suite9)

Une bonne partie des entreprises de coiffure sont habituées à la coiffure traditionnelle. 84 % des coiffeurs à domicile et 81 % de ceux exerçant en salon ont en effet recours à cette technique. 19 % des coiffeurs en salon et 15 % d’entrepreneurs à domicile proposent par ailleurs une coiffure artistique et studio. Seules1 % des entreprises de coiffure offrent une coiffure ethnique à leur clientèle.

Pour mieux faire face à la concurrence, certaines entreprises n’hésitent pas à exploiter différentes spécialités liées au domaine de la coiffure. La recherche de marchés de niche devient également une priorité pour les entrepreneurs afin de réduire le nombre de concurrents et réaliser plus de bénéfices. Des exemples qui peuvent illustrer cette réalité concernent les enseignes comme Vog Coiffure qui s’investissent dans la coloration de cheveux ou encore celles comme Niwel qui sont connues dans le cadre de la coiffure ethnique.

L’environnement et le positionnement adoptés conditionnent le type de clientèle des entreprises de coiffure. Pour les personnes issues d’une catégorie sociale aisée, dépenser dans les salons de coiffure constitue un moyen de se faire plaisir. Pour celles qui ont un pouvoir d’achat très faible, visiter un salon de coiffure constitue une pure nécessité.

Depuis 2011, le nombre de visites de salons de coiffure enregistré auprès des ménages a reculé de 1 %. Les clients réduisent en effet le nombre de fois où ils vont chez le coiffeur. Ils sont également très peu à demander des prestations onéreuses comme les mèches et les balayages.

Face au coût élevé des prestations en salon, certaines personnes décident de s’occuper elles-mêmes de leur chevelure. Cette décision est motivée par la mise à disposition du public d’appareils de coiffure performants et de produits issus des grandes marques.

Techniques pour mieux faire face à la concurrence(suite11)

Afin de mieux faire face à la concurrence, les dirigeants d’entreprises de coiffure doivent bien cibler leurs clients et identifier leurs attentes tant au niveau des tarifs proposés qu’au niveau des prestations.

Afin d’éviter une baisse significative du flux de clientèle, l’adoption de différentes stratégies de fidélisation s’impose. Divers moyens d’action commerciale doivent également être engagés. Les salons franchisés sont ceux qui s’investissent le plus dans des actions de sensibilisation. Ces entreprises bénéficient d’un avantage grâce à la communication institutionnelle. Les dirigeants qui exercent en salon franchisé réalisent fréquemment des opérations promotionnelles sur leurs produits et services.

Au sein des salons indépendants, le recours à la carte de fidélité est devenu monnaie courante.80% des salons indépendants utilisent le système de la carte de fidélité contre 48 % des coiffeurs à domicile. Une autre action commerciale adoptée par les entrepreneurs se rapporte à l’établissement d’un fichier client. Ce sont les dirigeants exerçant dans les salons franchisés qui ont le plus recours à cette stratégie.

Au niveau des opérations promotionnelles, ce ne sont pas non plus les idées qui manquent chez les professionnels. Cadeaux et réductions de groupe sont autant d’offres proposées dans le but de fidéliser les clients. Dans les salons indépendants, une large gamme d’offres promotionnelles peuvent également se rencontrer dont les remises accordées lors de la première visite ou encore les journées promotionnelles.


 

 


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