Le partenariat économique franco-allemand


La France et l’Allemagne se sont réunies non seulement pour des raisons politiques, mais surtout pour des raisons d’ordre économique, comme en témoignent la vingtaine de clubs d’affaires qui réunissent des patrons des deux pays.

Selon le directeur général à Paris de la chambre franco-allemande de commerce et d’industrie (Cfaci), JörnBousselmi, 2500 entreprises allemandes se sont établies en France et 2200 entreprises en Allemagne. Cette situation souligne l’importance accordée au partenariat interculturel pour promouvoir l’innovation. D’un point de vue économique, elle favorise la création d’emplois : dans l’ensemble de ces structures, le nombre d’effectifs est estimé à plus de 500 000. Pour soutenir les efforts effectués et récompenser les coopérations réussies, la Cfaci organise tous les deux ans un « prix de l’économie ».

La coopération industrielle a été initiée par de grandes firmes internationales telles qu’Airbus, Arte ou Eurocopter. Leur démarche se distingue des plus petites structures par l’importance qu’elles accordent à la médiatisation.

En croissance de 10 % par an, le commerce franco-allemand a atteint les 168 milliards d’eurosen 2011 en matière d’importations et d’exportations, et parallèlement, ce sont les 20 000 PME françaises qui en bénéficient. Toutefois, le commerce n’est pas l’unique raison qui pousse les Français à se tourner vers l’Allemagne. En effet, selon Thierry Sachot, directeur général d’Eolane, l’Allemagne est dotée d’une main-d’œuvre qualifiée et dispose d’usines appropriées. Par ailleurs, ayant racheté une entreprise berlinoise, cet entrepreneur français explique qu’il est difficile de capter les clients en Allemagne sans y être implanté, d’où l’intérêt accordé aux coopérations commerciales et aux fusions.

Les montgolfières de Paris et de Disneyland sont une réalisation franco-allemande. Jérôme Giacomoni, président d’Aérophile, entreprise située à Paris, explique que les produits de l’entreprise ont été développés en collaboration avec deux autres entreprises : une française et une allemande. Basée à Augsbourg, l’entreprise allemande s’est spécialisée depuis près de 20 ans dans la production d’enveloppes de ballons.

Les entreprises françaises privilégient les Allemands, non seulement pour leurs compétences mais surtout pour leur rigueur. D’après Jérôme Giacomoni, leur avance en matière de délai n’est plus à démontrer. Satisfait de cette expérience, l’entrepreneur vient de nouer un partenariat avec une entreprise bavaroise pour construire un drone.

Les liens économiques entre les deux pays ont été favorisés par l’euro, responsable de l’abolition des taux de change entre les deux pays.

Par ailleurs, travaillant sur le suivi des véhicules (pompiers, entretien…) qui circulent sur les pistes d’aéroport, l’entreprise M3 Systems a conçu, en 2008, un prototype de système de gestion embarqué permettant leur suivi par satellite. Le système a été vendu à perte à l’aéroport de Bordeaux. Selon le PDG de l’entreprise, Marc Pollina, le prototype coûtait bien plus que son prix de vente.

L’entrepreneur décide alors de se tourner vers un programme européen de financement de projets transnationaux innovants, baptisé Eurostars, et de se lier avec deux entreprises :

  • Solinet, une entreprise allemande située à Stuttgart, conceptrice d’un outil d’analyse de performances réseaux, comme wifi et 3G.
  • Teletel, une entreprise grecque, analyseur d’interférences sur les fréquences GPS.

Grâce ce consortium, l’entreprise bénéficie de la complémentarité technologique de trois entreprises, de la subvention d’Eurostars et d’une présence commerciale en Allemagne.

Pour élargir le marché, chaque société va désormais démarcher les aéroports de son propre pays.


 


Autres actualités