La transmission des PME s'ouvre aux salariés


Un vivier pour la création d'entreprises

Puisque la transmission des PME s'ouvre aux salariés, leur place dans la reprise des entreprises françaises est devenue primordiale. Selon Patrick Lenancker, président de la Confédération générale des sociétés coopératives et participatives, c'est un enjeu majeur pour l'économie et l'emploi en France. Le nombre de dirigeants d'entreprise de plus de 10 salariés qui ont plus de 55 ans actuellement est évalué à 48 000. Plusieurs millions d'emplois seront donc en jeu dans les 5 à 7 ans prochains, d'après les prévisions de ce patron de SCOP. Approximativement 10 à 15 % des PME ne sont pas affectées par cette transmission puisque le dirigeant n'a pas anticipé cette opération. Or, c'est justement dans ce vivier qu'on retrouve beaucoup de sociétés aux rentabilités modestes qui suscitent peu l'intérêt des investisseurs traditionnels mais qui demeurent une source d'emploi pour de nombreux français.

C'est la raison pour laquelle la Confédération générale des Scop procèdera à la médiatisation de ces solutions de reprise, qu'elle aboutisse à une Scop ou non. Cette organisation cherche à donner aux employés un droit préférentiel de rachat. Le ministère de l'Économie sociale et solidaire (ESS) de Benoît Hamon a inclus cette proposition dans son projet de loi prévu pour le milieu de 2013.

Un mode de transmission encore marginal

Le gouvernement français tente d'endiguer les fuites de technologies en freinant les rachats étrangers d'entreprises. Les investigations menées par le cabinet « Bureau Van Djik » ont montré que plus de 320 PME et grandes entreprises ont été rachetées en 2012. La moitié d'entre elles a été reprise par une entreprise étrangère et un quart par des Américains.

En France, la reprise d'entreprise par les salariés demeure encore marginale. D'après les déclarations de la confédération, à peine 10 % des sociétés sont transmises aux enfants du dirigeant, encore moins de reprises impliquent les cadres et tout juste une poignée concerne les employés, quoique ce nombre soit en augmentation.

Malgré la solution qu'elles offrent aux entreprises dans une mauvaise situation passagère, ces reprises restent délicates. D'après les explications du bureau d'études francilien Tribu au Conseil économique, social et environnemental (Cese), il lui a fallu trois ans pour boucler en 2009 sa conversion en SCOP malgré la détermination de la vingtaine de salariés.

Les chiffres

En 10 ans, le nombre de SCOP (coopérative détenue en majorité par ses employés) a augmenté d'un tiers, dépassant actuellement les 2 000 entreprises. Moins de 10 % des SCOP créées suite à la transmission d'une entreprise saine à ses salariés proviennent de la reprise à la barre d'un tribunal et plus de 70 % ont été fondées ex nihilo.


 


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