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E-COMMERCE
ET RÉSEAUX TRADITIONNELS
SONT COMPLÉMENTAIRES
Revue PIC-INTER - n°316 - Mai - Juin 2009
Le e-commerce a dépassé le stade de
la nouveauté pour devenir un canal
de distribution plébiscité par 23
millions d’internautes. Les chiffres
2008 publié par la Fevad le prouve,
tout comme les résultats d'une
enquête d'Oxatis qui croquent le
profil de l'e-commerçant.
Pas de doute, le web révolutionne
les comportements d’achats :
«La place du e-commerce est de
plus en plus incontournable dans le
commerce français», déclare Sven
Lung, PDG fondateur de Brandalley.
«Il faut savoir que 25% des échanges
mondiaux se font sur Intrernet». On peut
en effet constater que l'activité en
ligne croît avec les chiffres que la
Fevad (Fédération de la Vente À
Distance) vient de publier : 20 Mds€
de chiffre d’affaires en France en
2008 et, si la confiance dans cette
forme commerciale se maintient,
30 milliards en prévision pour l’année
2010. À l’horizon 2016, le commerce
électronique pourrait ainsi
représenter jusqu’à 30% du
commerce total. Sur l’année qui
vient de s’écouler, 23 millions
d’internautes auraient acheté
sur des sites français (+2,5
millions par rapport à 2007).
«Seulement 2% du CA du
commerce français se fait en ligne, alors
qu’il est de 8% au Etats-Unis et en
Angleterre 1 produit sur 10 se vend sur
Internet», souligne Sven Lung. «Et avec
la crise, ces bons résultats devraient
augmenter. Le modèle du e-commerce
répond à des attentes fortes des clients
qui cherchent sur Internet des marques à
des prix remisés». D’ailleurs, Brandalley
grignoterait des parts de marché des
VPCistes, ce qui explique que son
audience ne se dément pas.
Force est de constater que les cybernautes
français aiment faire leurs
emplettes sur le cyberespace. Mais
doit-on pour autant penser que ce
type de commerce échappe à la
morosité ambiante ? Non, bien sûr !
L’inquiétude des consommateurs est
tout aussi perceptible dans les rayons
des magasins que sur le Net où, pour
la première fois, le panier moyen ne
progresse pas au-delà de 90 €.D’après
une étude réalisée auprès de 37 000
clients de Brandalley. Si 70% d’entre-eux
pensent qu’Internet est l’alternative
n°1 à la crise, 65% ont radicalement
modifié leur consommation. Plus
de 40% des sondés ont réduit drastiquement
leurs achats loisir et près de
30% ont repoussé leurs investissements
en achats immobilier et automobile.
Autres indications signifiantes, 90% des
internautes clients de cet e-commerçant
évaluent leurs économies, en achetant
chez un e-commerçant, à plus de
100 € par mois, surtout en période
de soldes. Cette photographie des
e-consommateurs français moyens
(plus de 70% des sondés sont des CPS)
est sans appel : la crise est bien présente dans les têtes comme dans les pratiques
et ces consommateurs veulent acheter
malin sans y laisser des plumes. Les
remises et autres promotions ont
donc de beaux jours devant elles.
BAISSE DU PRIX
DES MARCHANDISES
On le constate chaque jour, nos concitoyens
font la chasse aux dépenses
inutiles et plébiscitent l’essentiel : finies
les lingettes nettoyantes, retour au bon
vieux savon de Marseille. Terminés les
plats achetés chez le traiteur, retour au
faire soi-même. Pour répondre à ces
nouveaux comportements, les commerçants
ayant pignon sur rue proposent
rabais,soldes et promotions.Un exemple :
chez Kiabi les baisses consenties sur
le prêt-à-porter ont boosté le chiffre
d’affaires de 17% en 2 mois. Quant aux
e-consommateurs, ils cherchent
également le bon prix, la promo.
Cette attitude déflationniste se double
d'une évolution de leur comportement :
ils montent moins en gamme mais
cherchent, comparent, préparent leurs
achats, d'où une augmentation sensible
du trafic sur les sites.
Pris individuellement, les e-commerçants
ressentent les effets de la crise à des
degrés divers. Le panier moyen a
baissé d’environ 10% chez Pixmania,
l’un des spécialistes du High-tech mais
aussi de produits mode, déco, électro…
Autre son de cloche chez Brandalley :
«Notre chiffre d’affaires 2008 a triplé par
rapport à 2007 et on espère le doubler en
2009», lance Sven Lung qui annonce
27,5 M€ de CA pour 2008. Pourtant,
Brandalley et de nombreux sites de
commerce en ligne baissent leurs
prix de vente. «Les baisses peuvent
atteindre 50% à 70% dans le secteur du
prêt-à-porter par rapport aux prix boutique
en raison de l’importance des stocks. Ces
prix bas attirent les acheteurs», précise
Sven Lung. En effet, les fabricants,
confrontés à des problèmes de stocks,
multiplient les remises. Ces baisses sont
également sensibles dans le secteur du
high-tech où les prix ont chuté de 30% à
35%,sur le site rueducommerce,par exemple.
Ce dernier a d’ailleurs décidé d'abaisser
ses conditions de paiement en trois
fois : le seuil de 300 € minimum est
passé à 90 €. En terme de stratégie, les
sites cherchent des relais de croissance.
Brandalley vient de créer un nouveau
site de ventes réservées aux marques
de luxe : Anasand.com qui est un
concept de vente privée exclusivement
de luxe. Le site est privatisé un certain
temps pour une marque. La dernière
en date : La Perla, les sous-vêtements
haut-de-gamme. «Le site est éphémère
puisqu’il est retenu 1 semaine maximum
pour des ventes privées. Nous y avons
même vendu des diamants en décembre
2008», raconte Sven Lung. 3 000
diamants auraient été vendus entre
399 € et 9 000 €, soit 30% à 70% de
moins que dans les bijouteries traditionnelles.
Après ce succès, l’objectif
de ce e-commerçant est de renforcer
l’offre pour attirer les plus belles
marques françaises et internationales.
E-COMMERCE,
CONCURRENT
OU ALLIÉ ?
L’apparition du e-commerce inquiète
les commerces traditionnels. Ce canal
de distribution est parfois perçu
comme un concurrent des réseaux
physiques, mais de moins en moins.
Du point de vue
des professionnels, cette problématique
devrait être complètement dépassée
d’ici à cinq ans, l’utilisation de ce canal
devant se généraliser et se banaliser.
Pour les enseignes, le cybermarché
devraient devenir une composante du
parcours client. «Les grandes marques
l’ont bien compris. Elles utilisent le
physique surtout pour promouvoir leur
image et elles ont recours à Internet pour
amener les clients dans leurs magasins.
Les deux canaux ne s’opposent pas l’un à
l’autre, ils sont complémentaires», affirme
Sven Lung. «On constate le même
phénomène qu’avec le cinéma et la vidéo.
La vidéo n’a pas vidé les salles, bien au
contraire ! Chaque révolution apporte sa
complémentarité». Les magasins favorisent
l’essai des produits et les achats d’impulsion
et Internet marque des points dans le
commerce des services consommés
de manière différée comme le livre ou
la musique. Conscients de ces synergies,
des «pure players» tels que Pixmania ou
Cdiscount se sont dotés d’un réseau
de magasins et un commerçant traditionnel
tel qu’Intermarché a su mettre
en place un service de vente en ligne.
Résultat : Internet génère du chiffre
d’affaires supplémentaire, fidélise
les clients et développe la notoriété de
l’enseigne. Par ailleurs, et c’est une
aubaine pour le commerce traditionnel,
Internet contribue à abolir
les frontières physiques : 42% des
commerçants en ligne exportent leurs
produits dans le monde entier sans
avoir à lever le petit doigt.
Sommaire numéro n°316
Sommaire Dossier INDEPENDANTS
Vente de commerce dans le secteur des arts de la table
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