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PORTRAIT

LAURENT AMAR, FRANCHISEUR À LA MAIN VERTE

Revue PIC-INTER - n°315 - Mars - Avril 2009

Le patron de Monceau Fleurs ne connait pas la crise. Devenu le numéro 1 mondial de la fleur au détail avec le rachat de Rapid’Flore, le groupe fait fleurir ses enseignes jusqu’au Japon.

Tempête sur les places boursières, resserrement de crédit, consommateurs frileux : en cette période d’économie morose, les temps sont durs pour les chefs d’entreprise. Mais pour Laurent Amar, le Président de Monceau Fleurs, pas question de voir son moral se faner. Pour ce patron de 36 ans, longue tige au sourire frais comme une rose, c’est même le contraire : «La crise nous porte. Les gens sont économes et évitent les restaurants, mais ils vont davantage diner chez les uns et chez les autres : ils viennent avec une bouteille et… des fleurs. Grâce à nos prix très modérés, nous sommes très bien positionnés ». L’entrepreneur en veut pour preuve l’augmentation de 20% du chiffre d’affaires de Monceau Fleurs en décembre. Cerise sur le bouquet, son groupe est devenu, grâce au récent rachat des 200 points de vente de la chaîne Rapid’Flore en septembre 2008, le numéro 1 mondial de la distribution de fleurs au détail. Avec un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros, il détient désormais 7% du marché français, avec 400 magasins sous trois enseignes : Monceau Fleurs, Happy et Rapid’Flore.

«Elles sont complémentaires et ne se font jamais concurrence», explique Laurent Amar. Ainsi, tandis que les Monceau Fleurs ont pignon sur les axes stratégiques des grandes villes, les Rapid’Flore, sortes de stationsservice de la fleur fondées par Patrick Hautot et Benoît Rault, sont implantés dans les villes moyennes. Quant aux Happy, concept low price looké noir et blanc né en 2006, ils privilégient la proximité et sont ouverts dans des zones piétonnes comme des galeries commerciales, des gares ou des aéroports. Les trois pratiquent des prix très compétitifs, grâce à une centrale d’achats puissante. Le distributeur est même le seul du secteur à posséder sa propre société de courtage à la bourse hollandaise des Fleurs (VHKS).


PIONNIER DU LIBRE-SERVICE

Pionnier de la fleur en libre-service, Monceau Fleurs est né en 1965, à deux pas du parc parisien du même nom. En ouvrant ce qui allait devenir le magasin historique du groupe,Laurent Merlino, horticulteur niçois venu s’installer à Paris, voulait alors démocratiser la vente des fleurs et des plantes de jardin. «Mes parents, horticulteurs eux aussi, travaillaient avec mes grandsparents : le magasin du boulevard Malesherbes, j’ai quasiment grandi dedans», raconte Laurent Amar, le petit-fils du fondateur. Le petit Laurent ignorait alors que son grand-père allait révolutionner le métier de fleuriste. Trente ans plus tard, le concept avait essaimé en cinq autres lieux de la capitale : ce n’était qu’un début.

Laurent Amar, diplômé d’un DEA en droit des affaires, planta le germe de la franchise en 1998. «Mes parents voulaient que je sois avocat. Autant dire qu’ils ne me poussaient pas à prendre leur suite. Mais j’ai réfléchi et réalisé que la fleur coupée était un secteur à part : une activité résistante à la crise, pas touchée par l’évolution technologique ou par un quelconque risque sanitaire, susceptible de connaître de effets de levier importants : tout se prêtait à un développement en réseau». Mu par ce «déclic», le jeune diplômé alla donc trouver la Compagnie Financière Edmond de Rotschild, qui avait racheté 55% des parts de Monceau Fleurs en 1985, pour lui proposer son idée de franchise.On connait la suite : en dix ans, les Monceau Fleurs ont poussé comme des champignons dans toute la France.

DE MONCEAU À TOKYO

Le réseau en compte aujourd’hui 150, dont une quinzaine, seulement, en succursale. Et ça ne devrait pas s’arrêter là.«Nous attendons au moins 80 ouvertures cette année, les dossiers de candidature des franchisés ont explosé ces derniers mois»,annonce Laurent Amar, qui met en avant, pour expliquer cette accélération, les bons résultats de ses franchises, la confiance des banques («aucun dossier bancaire n’a été refusé jusque là», assuret- il) et, «crise oblige» encore une fois, la baisse des prix de l’immobilier («il est donc plus facile de trouver de bons emplacements»). «La moitié de nos franchisés gèrent au moins 2 magasins : ils savent qu’ils prennent peu de risques avec Monceau Fleurs. Ils aiment aussi notre management : il n’y a pas le franchisé d’un côté et le franchiseur de l’autre», prévient ce patron qui prévoit trois mois de formation en interne pour chaque nouvel entrant et se voit plus comme un «coach» que comme un Pdg. «Nous sommes une entreprise familiale historiquement, mais je suis contre la gestion pyramidale et autocrate que le terme «familiale» sous-entend».

Soucieux de gérer ses troupes comme il l’entend, Laurent Amar a racheté les parts de la Compagnie Financière Edmond de Rotschild en 2002. Puis il a créé la société de courtage VHKS ainsi que la manufacture Global TV, dédiée au sourcing packaging, de façon à maitriser la production le plus en aval possible. Les 30 millions d’euros levés lors de l’introduction en bourse, en 2007, ont permis à Monceau Fleurs de financer son expansion à l’international, notamment avec l’implantation de quatre points de vente à Tokyo. Enfin, Laurent Amar attache un soin tout particulier aux produits novateurs. Happy s’est est même fait une spécialité, avec la Rose Tatoo, imprimée d’un message personnalisable, la fameuse Rose noire, un must de l’enseigne, la Rose Gargantua, haute de 1,50 mètre et les Nano bouquets, au prix aussi réduit (entre 3 et 5 euros) que le format. Le dernier crédo de Laurent Amar ? La chromothérapie. Il y a deux ans, ce passionné de sciences à ainsi engagé des recherches en collaboration avec l’INRA sur les bienfaits des fleurs et des plantes sur l’organisme. C’est sur le résultat de ces travaux que Monceau Fleurs s’apprête à communiquer dans le cadre d’une campagne baptisée «Monceau O2». Grâce à un packaging informatif, les clients de l’enseigne sauront désormais qu’en achetant un gerberas, ils pourront faire diminuer de près de 78% le niveau de benzène d’une pièce. Quant à l’orchidée, elle absorbe, il parait, les ondes de téléphone…


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