NOUVEAU COMMERÇANT
LES RECETTES DE
LA REINE SOPHIE
Revue PIC-INTER - n°315 - Mars - Avril 2009
Avec ses livres et sa sublime maison d’hôtes, Sophie
Dudemaine collectionne les succès. A 42 ans, c’est la recordwoman
des livres de recettes : elle en totalise déjà 18,
traduits en 6 langues et vendus à 3 millions d’exemplaires.
Sophie Dudemaine a trouvé
un filon : les guides des
recettes de Sophie.A coups
de millions d’exemplaires,
traduits en 6 langues, elle prodigue des
conseils aux cuisiniers en détresse. Les
recettes sont simples et çà marche.
Cette «cordon bleu» extrêmement
douée connaît un succès inattendu en
librairie. Et sans être devin, on peut
imaginer que de nouveaux titres vont
suivre. La «cuisinière-écrivain» du Pays
d’Auge n’a rien à craindre, le genre
qu’elle a choisi donne à ses livres une
confortable avance sur ses rivaux. Cette
spécialiste des recettes éponymes
déclinées à l’infini, écrit avec une
régularité de
métronome :
«Les cakes de
Sophie», «les
crêpes de
Sophie», «les
buffets de
Sophie», «les
confitures de
Sophie», «les
barbecues de
Sophie», «les tartes de Sophie», «les haché
gourmands de Sophie»… des livres
illustrant parfaitement sa thèse : «Mes
livres marchent bien parce que j’utilise les
ingrédients que l’on trouve partout et que
je ne propose que des recettes dont je suis
sûre de la réussite. J’ai amené l’easy
cooking en France».Traduction : la recette
accessible.
UNE FAMILLE DE
RESTAURATEURS
Dans la vie, Sophie Dudemaine est une
femme souriante, épanouie, mère
d’une fille de 11 ans, immergée dans la
vraie vie et qui ne parle pas la langue
de bois. «La cuisine
pour moi c’est une
histoire de famille et
à vrai dire, je passais
plus de temps dans
la cuisine qu’à mes
études». Ce n’est
donc pas par
hasard qu’elle est
arrivée sur ce créneau
des livres de recettes. Son grandpère
est l'un des fondateurs des
Drugstore Publicis, il s'est ensuite occupé
des restaurants de la Tour Eiffel. Son
oncle, André Daguin, a tenu le restaurant
étoilé de l'Hôtel de France à Auch.
Son mari, Jacki Dudemaine, a créé le
restaurant L'Appart dans le 8ème arrondissement
de Paris. Sophie Dudemaine,
qui se fait appeler par son prénom,
dégage un charme inattendu pour une
femme qui passe pas mal de temps
derrière ses casseroles. Elle vit depuis
2003 à Saint-Etienne-la-Thillaye en
Pays d’Auge et ne renie pas ses
origines mi-bretonne, mi-normande.
Son parcours
est proche d’un
conte de fées.
«Après mon bac,
j’ai eu la chance
de travailler
auprès de grands
chefs étoilés tels
que Vigato et
Faugeron et de
découvrir ma
voie». Au début elle se lance dans les dîners à domicile.
«J’élaborais le menu avec les maîtresses
de maison, faisais les achats des produits
puis je réalisais les recettes choisies».
Mais elle rencontre son futur mari et la
naissance de sa fille Ambre met un
terme à cette activité. En 1998, l’hyperactive
décide de retravailler et rien ne
l’effraie. Une grosse dose de savoirfaire,
un zeste de bon sens avec une
pincée de gourmandise : le cocktail
vient à propos rassurer les gens
angoissés par le fourneau avec des
cakes qui ouvrent des horizons insoupçonnés
à leur conceptrice. «A l'époque,
tout le monde connaissait le cake
jambon/olives, mais c'est tout. J'ai
démultiplié les possibilités et ça a
marché ! J'ai commencé à vendre des
cakes sur les marchés des Hauts-de-
Seine : Suresnes, Boulogne-Billancourt,
Rueil-Malmaison. Puis le bouche-à--oreille
a très bien fonctionné, Fauchon et
Monoprix m'ont passé des commandes
et à la fin je produisais des cakes pour une
soixantaine de marchés à Paris et dans
la région». Et c’est là, par un petit
matin froid, sur la marché de Rueil-
Malmaison, qu’elle rencontre une
bonne fée : Sylvie Désormière,
directrice de collection aux Editions
Minerva. Six mois plus tard, le
premier livre de Sophie est sous presse
et, contre toute attente, devient un
best-seller avec 1 million d’exemplaires
vendus. Puis 17 autres livres
de cuisine à thème vont suivre avec
pour objectif la simplicité et la rapidité.
LA MAISON
DE SOPHIE
Par quel sortilège la nature donne-telle
à cet endroit l’impression que le
temps s’arrête ? À part le murmure du
vent, le doux bruissement de l’envol
d’un mandarin, le saut d’un Carolin
chassé par un Sacré de Birmanie, pas
un bruit ne trouble cet Eden. Les
champs, une ferme, une maison se
confondent dans un décor de conte
de fées. Une brume transforme le
paysage, on voyage entre réalité et
arche de Noé. Du presbytère construit
en 1789, l’irruption d’un Golden
retriever ne surprend personne. D’un
bosquet de fleurs, l’apparition de
Mélusine semble naturelle. Dans la Maison de Sophie, le fabuleux a élu
domicile et on s’y promène avec des
yeux d’enfant. L'ancien presbytère
entièrement réaménagé compte 5
chambres : la Deauville, la Zen, la
Marrakech, la Victoria et la Zanzibar,
une ode au voyage. «Nous sommes
installés ici depuis 2003. Avec mon mari,
nous avons créé des chambres d’hôtes. Je
prépare tous les repas et je donne des
cours de cuisine». Quand Sophie quitte
sa cuisine, elle court vers sa ferme où
s’ébattent chiens, chats, poules,
canards, lapins… mais aussi kangourous,
perroquets, mini-cheval… au total 120
animaux. «Si je n’avais pas été cuisinière,
j’aurais exercée la profession de vétérinaire»,
dit-elle en riant.
Fidèles, les clients n'hésitent pas à
proclamer que «la Maison de Sophie
est plus qu’un endroit, c’est un esprit
associant la chaleur d’une maison et
d’une table d’hôte au professionnalisme
et au confort hôtelier». Sophie accorde
une importance primordiale à cette
complicité. Elle leur explique le vécu
d'un légume, le pourquoi d'une
texture, d'une saveur, d'un parfum. En
échange, ils travaillent, refont les
recettes et dégustent leurs préparations,
le tout dans la bonne humeur.
Son activité ne cesse de s'étoffer, sa
soif de connaissance reste inassouvie.
Sophie Dudemaine n’éprouve jamais
de lassitude, au contraire puisqu’elle a
accepté une rubrique régulière dans le
mensuel Cuisine Actuelle : «Je donne
5 recettes chaque mois dans cette revue,
numéro 1 des magazines de cuisine».
Souvent levée au petit matin, pour de
longues journées de travail, elle dit
guetter les quarts d'heure de plaisir
pour aller retrouver Duchesse,
Scarlett, Vanille, Chipo, réglisse et
Caramel ou Berlioz et Beethoven,
ses chiens, chats, chèvres et autres
cacatoès et Alpaga. Sans oublier le tapis
de marche tous les matins et une
heure d’équitation.