MARCHE
LES CRÉNEAUX DE CRISE
Revue PIC-INTER - n°314 - Janvier - Février 2009
Le commerce ne va certainement pas s’effondrer brutalement,
mais certains secteurs vont probablement souffrir à des degrés
divers. Surtout, la concurrence va devenir plus rude car le
consommateur sera encore plus exigeant, plus attentif au prix.
Mais la crise va aussi entraîner des déplacements de clientèle. Elle
peut donc aussi fournir des opportunités aux commerçants avisés.
À en croire les études réalisées par les
instituts de sondage, de la moitié au
trois quarts des français devraient
modifier leur façon de consommer
dans les mois à venir, une bonne partie
l’ont déjà fait en partie, et une moitié
devrait surtout réduire ses dépenses.
Comme chacun sait, d’une part la valeur
d’un sondage est toujours aléatoire,
d’autre part aucun analyste ne dispose
d’une boule de cristal pour savoir
comment la situation va évoluer. Or
l’attitude des consommateurs dépendra
bien évidemment de cette évolution. Il
n’en reste pas moins que le commerce,
comme l’ensemble de l’économie,
connaîtra une restructuration dont il
est difficile de prévoir la profondeur.
Pour le moment, le chiffre d’affaires
global du commerce de détail n’a baissé
que de 0,1% au cours du troisième trimestre
2008, nous sommes donc très
loin de la situation des années trente.
Il n’en reste pas moins que certains
secteurs sont touchés alors que d’autres
tirent très bien leur épingle du jeu. On
peut déjà dégager de grandes tendances.
«En période de crise, dit par exemple
Bernard Levy, Directeur Général de
Bazarland, ce sont les deux extrêmes qui
marchent : le luxe et le discount. Le
créneau du luxe reste relativement
fermé. Nous sommes pour notre part
sur le marché du discount et nous le
revendiquons franchement. Notre communication
est d’ailleurs axée sur les prix».A
l’autre extrémité de la gamme, le
groupe Richemont (Cartier, Jaeger le
Coultre, Dupont, Lancel, Mont Blanc,
Chloé,Vacheron, Dunhill, etc) a vu
ses bénéfices croître de 24% entre
octobre 2007 et octobre 2008 ! Il
convient toutefois de nuancer cette
tendance : entre le hard discount et
le haut-de-gamme, d’innombrables
commerces vont demeurer rentables.
Mais la réussite va exiger toujours
davantage de professionnalisme et de
rigueur.
Nous avons donc tenté d’effectuer un
petit tour des principaux «créneaux
de crise». Nous y reviendrons dans
les prochains numéros de PIC
International.
ALIMENTATION - RESTAURATION
Le bio et l’éthique font de la résistance
Alors que l’ensemble de l’alimentation recule de 3% en
chiffre d’affaires, le commerce équitable et le bio ont progressé
de 9,3% au premier semestre 2008. L’information
peut surprendre, alors que les prix de ce secteur sont de
20% à 30% plus élevés, mais ces niches commerciales
s’apparentent au haut-de-gamme et leur clientèle est
moins affectée que l’ensemble des consommateurs par la
baisse du pouvoir d’achat.
La boulangerie artisanale de qualité devrait elle aussi
maintenir et même renforcer ses positions, de même, à l’autre
extrémité de la gamme, que les terminaux de cuisson.
Le commerce alimentaire de proximité de la catégorie
supérette, coincé entre la grande distribution et l’épicerie
fine, devrait en revanche souffrir davantage, sauf quand il n’a
pas de concurrents locaux, ce qui est de plus en plus rare.
Côté restauration, le rapport qualité prix sera plus que
jamais à l’ordre du jour. La restauration haut-de-gamme
devrait continuer à afficher complet. On peut miser aussi
sur la petite restauration à thème, qui permet parfois de se
lancer avec un investissement modeste. Les nouveaux
créneaux, comme la restauration à base de pâtes, sont
beaucoup plus porteurs que celui de la pizza livrée, trop
concurrentiel, qui connaît un fort turn-over.
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Vente de restaurants