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CONCEPT
ERIC BILON
DU PANIER
À LA CHEMISE
EN UN DUNK
Revue PIC-INTER - n°313 - Novembre - Décembre 2008
Eric Bilon est un businessman-basketteur. Les
challenges imprévisibles, il connaît. Il en a
même fait un principe. Rencontre avec une
star du dribble, reconverti dans la chemise
XXL.
Eric Bilon est l’une des
stars du dribble, de la
passe et du dunk… Après
une décennie de sauts
vertigineux, il prend sa retraite
à 36 ans. Ce géant de
2 m 06, qui a joué en
professionnel dans de
nombreux clubs tels que
Poissy, Cholet, Montpellier,
Rueil-Malmaison, se distinguant
en Euroligue, quitte les parquets
pour se recycler.Avec un insatiable
appétit pour les challenges, il se
lance dans les affaires, suivant ainsi
l’exemple de nombreux sportifs
professionnels qui choisissent l’entreprise
pour se reconvertir. Tribu à
laquelle n'appartiennent pas les footballeurs.
Les pros du ballon rond, ces
icônes encensées par les médias et
glorifiées par les foules, suivent en
général une toute autre voie de
reconversion avec de juteux contrats
publicitaires leur assurant une retraite
dorée. Pour les autres, vedettes de
sports moins médiatiques, le futur est
plus aléatoire.Alors, ils sont nombreux à
relever le défi de la création d'entreprise.
Dans les années 70 et 80, les rugbymen
ouvraient des bars, les cyclistes des
magasins de vélo et les skieurs des
espaces de locations de ski.
Aujourd’hui le paysage a changé. Et
on pense à Serge Blanco avec
sa marque de vêtement, son
centre de thalassothérapie à
Hendaye et son hôtel de
luxe à Anglet ; à Franck
Mesnel, l’ancien ouvreur
du XV de France,
qui s’est lancé dans
les fringues avec sa
marque Eden Park. Et à
bien d’autres, tous composant une
tribu hétéroclite, en accord sur une
évidence : il y a un lien entre les valeurs
du sport et celles de l'entreprise.Alors
rien d’étonnant quand, après des passes
décisives et des points en première
mi-temps, Eric Bilon nous joue le
coup du sportif qui négocie bien sa
reconversion.
Pratiquer le haut du panier lui donne
des envies d'élégance. «En effet, je
n’arrivais pas à m’habiller sans donner
l'impression de porter la chemise d’un
gamin. Je trouvais quelques modèles aux
Etats-Unis ou des chemises sur mesure
pour un budget, quant à lui bien moins
mesuré. Ce n’était pas satisfaisant».
L'idée d'une marque de chemises liée à
l'univers des «Grands-hommes»
s'impose naturellement. «En 2006 j’ai
créé ma marque Be Clothing avec un
postulat : l’excellence», souligne Eric
Bilon. Pour relever ce défi, le nec plus
ultra du pur coton s'impose ainsi que
la soie pour accessoiriser les chemises
plutôt haut-de-gamme. Les détails font
aussi toute la différence : le créateur a
imaginé des chemises cintrées avec des
pinces poitrines, des broderies raffinées
ou des doubles surpiqûres. Et une
palette de couleurs raffinées. Plus qu’une
ligne de vêtements, la marque a tous
les atouts pour devenir la référence
des hommes de grande taille, ceux qui
n’ont nulle envie de ressembler à des
rappeurs. Fini les chemises aux pans
démesurés, aux manches trop courtes
ou aux coupes ringardes. En résumé, la
chemise Eric Bilon devrait devenir un
classique pour les géants qui ont le droit
de s’habiller avec classe et élégance.
TAILLE XXL
PRIX XXS
Pour faire fabriquer ses chemises pas
comme les autres, Eric Bilon a choisi
d’externaliser en Turquie. «Une
question de coûts», précise-t-il. Et
contrairement à ses tailles XXL, il
pratique des prix XXS. 69 € la
chemise. Pour le moment elles
sont vendues exclusivement sur le site
Internet www.eric-bilon.com qui a
ouvert ses portes virtuelles en 2007.
Curieusement, les 10 références
sont proposées en trois tailles. Elles
vont du M, pour les hommes mesurant
1 m 85, au XL pour ceux qui dépassent
les 2 mètres. Toutes portent des
prénoms de femmes : Kim, Laure,
Sophie, Chloé, Carla… femmes aimées
ou femmes fantasmées ? On ne le sait
pas ! Mais ce «slim and tall», comme
l’appelle les américains, pourrait effectivement
toutes les séduire.
L’EUROPE
EN LIGNE DE MIRE
Moins d'un an après le lancement de
son business, Eric Bilon s’impose
comme l'alternative aux marques pour
grandes tailles qui détiennent encore
près de 80 % de part de marché. Une
concurrence qui ne fait pas peur à ce
challenger. Ses ambitions sont claires :
devenir le spécialiste
pour ces hommes
hors du commun.
Pas de pub, mais le
bouche-à-ore i l l e
fonctionne bien. Les
premiers clients ? Des
piliers inébranlables
que sont ses copains
sportifs. Certains ont
même posé sur les
photos du site
«A u j o u rd ’ h u i j e
commence à ratisser
plus large avec les
sportifs de haut
niveau. Mon objectif
dans un premier
temps : une distribution
chez les multimarques».
A terme, cet autodidacte du business
souhaite exporter ses chemises en
Europe et pourquoi pas, au-delà des
frontières du vieux continent.
Si le succès est au rendez-vous, ce fan
de Carl Lewis admet que le métier est
dur et le stress terrible. Une idée fixe : le
chiffre d’affaires. «Il est en augmentation»,
précise-t-il. Il paraît que lorsque
l’on a été joueur avec un esprit de
compétition, on le reste pour toujours.
Est-ce vrai monsieur Bilon ? «Je
continue à faire du sport à un haut
niveau : basket, vélo, course. C’est
une passion. Mais j’ai envie de réaliser le
parcours professionnel de deux hommes
qui ont su gérer leur reconversion :Yannick
Noah et David Douillet».
Sommaire numéro n°313
Sommaire Dossier INDEPENDANTS
Vente de commerce de textile
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