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Revue PIC-INTER - n°310
- Mai - Juin 2008
EDITO >>
La mort annoncée de la loi Raffarin
Parmi les nouvelles mesures qui viennent d’être annoncées dans le cadre du
projet de Loi de Modernisation de l’Economie - LME - le relèvement de 300
à 1 000 mètres carrés du seuil de déclenchement de la procédure d’autorisation
préalable à l’ouverture figure en première place. Cette disposition adoptée
en 1996 dans le cadre de la fameuse loi Raffarin visait alors à limiter l’implantation
des magasins de hard-discount, notamment des enseignes venues
d’outre-Rhin, et ainsi à protéger le commerce traditionnel. Cette fois, il
semble que l’intention des pouvoirs publics soit rigoureusement inverse :
l’objectif non dissimulé est maintenant de favoriser le hard-discount. Le spectre
de l’inflation et de la hausse des prix, en particulier des prix des articles
alimentaires, hante semble-t-il les antichambres ministérielles. Si la situation
de la France n’est pas celle du tiers-monde où des émeutes de la faim ont
éclaté, les prix de l’alimentation demeurent sensibles dans une situation où,
passé l’état de grâce, le pouvoir doit faire face à une certaine grogne. On
notera que cette volonté de privilégier le hard-discount rejoint celle de
grands distributeurs comme le groupe Casino qui entend doubler le parc
de ses Franprix et de ses Leaderprice et disposer d’un parc de 2 000
magasins low cost. Jean Charles Naouri, patron du groupe, estime même
que nous sommes passés à une nouvelle étape de la distribution et qu’une
partie significative de la clientèle, notamment les personnes âgées, cherche à
la fois les prix les plus compétitifs et la proximité. D’où la nécessité
d’ouvrir en centre-ville et de faire sauter le verrou Raffarin…
Comme lot de consolation aux petits et moyens commerçants, la LME
leur accorderait une correction de la Taxe d’aide au commerce et à
l’artisanat : le seuil de la tranche basse de cet impôt passerait de 1 500 à
3 000 euros de chiffre d’affaires par mètre carré, et le taux de cette tranche
serait réduit de 10%, alors que la taxe augmenterait de 25% pour les
magasins de plus de 2 500 m2.
Le rapport Attali a donc été écouté, mais pas
intégralement suivi. Quoi qu’il en soit, la concurrence
en centre-ville risque de se durcir dans certains
secteurs. Il serait vain pour les commerçants de tenter
de résister au tsunami des prix discount, la guerre des
prix est perdue d’avance, mieux vaut éviter la vague,
choisir des créneaux voire des niches originales, proposer
des services innovants, pratiquer la venteconseil
et fidéliser sa clientèle. Le commerce n’est plus
ce qu’il était, mais avec ou sans hard-discount en
centre-ville, il a encore de beaux jours devant lui !
par Marcel Neyraud >> Fondateur
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