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Revue PIC-INTER - n°309
- Mars - Avril 2008
EDITO >>
Une nouvelle étape pour la franchise
Au moment où le 38ème Salon Européen de la Franchise s’apprête à accueillir comme chaque année une trentaine de milliers de visiteurs, le commerce en réseau aborde une nouvelle phase de son évolution, celle de la financiarisation. La mondialisation de la franchise était déjà réalisée depuis fort longtemps, à l’initiative des grandes chaînes anglo-saxonnes comme Mc Donald’s ou Speedy, mais aussi françaises comme Yves Rocher ou Dessange. Aujourd’hui, la franchise, passée du stade artisanal au stade industriel, intéresse de plus en plus les investisseurs. On peut déjà estimer qu’un bon tiers des grandes enseignes sont détenues par des groupes financiers et des fonds d’investissements. De nombreuses enseignes sont aujourd’hui cotées en Bourse. Parmi les pionnières, Troc de l’Ile a fait son entrée au second marché dès 1997, parmi les plus récentes, Monceau Fleurs a levé 30 millions d’euros à Euronext au début de cette année. Afflelou, Body One, Acadomia et beaucoup d’autres réseaux ont opté pour cette solution. Les financiers sont parfois des business-angels qui agissent à titre privé, tel Michel Pigerol, ancien patron de Lynx Optique, qui a repris Piment Bleu, une jeune enseigne en difficulté. Nombre de LBO sont à l’affût. L’un d’eux est déjà entré dans le capital de Mikit, et trois autres se disputent le rachat de Roche et Bobois.
Quels seront les conséquences de cette inéluctable financiarisation pour les commerçants franchisés ? On sait que les fonds d’investissement cherchent souvent une rentabilité élevée et rapide qui n’est pas toujours compatible avec le développement sain d’un réseau. En revanche, savoir que des financiers investissent des capitaux pour créer une infrastructure et ouvrir des succursales est de nature à rassurer un candidat. Risquons-nous de voir un jour éclater une crise du genre de celle des subprimes dans l’univers de la franchise ? Difficile à dire. De toutes manières, le commerce sans risque n’est pas de ce monde. Signer un contrat avec un franchiseur lié à un financier n’est pas nécessairement plus téméraire que de signer avec un aventurier qui se lance avec peu de moyens et parfois sans même avoir testé un magasin- pilote. Le problème fondamental du commerçant qui envisage d’adopter l’enseigne d’un franchiseur sera toujours le même : le concept est-il à ma portée et est-il rentable ? C’est sous cet angle que nous ne pouvons que conseiller à nos lecteurs d’examiner les propositions qui leur seront faites au Salon de la franchise 2008.
par Marcel Neyraud >> Fondateur
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