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Revue PIC-INTER - n°306
- Septembre - Octobre 2007
EDITO >>
Internet, ami ou ennemi des commerçants ?
Plus de la moitié des commerçants estiment que
les ventes et soldes sur Internet leur
ont fait une rude concurrence pendant les soldes d’été.
Sans doute cette appréciation doit-elle être nuancée selon
les catégories de commerces.De
très nombreux articles ne pourront
jamais être commandés à distance, à commencer
par tous ceux qui doivent être essayés, comme une grande partie
des
vêtements et
les chaussures par
exemple. Certains commerces ne
sont pas ou très peu touchés par cette concurrence, telles l’hôtellerie-restauration ou
la réparation
automobile. Il n’en reste pas moins que l’explosion
du E-commerce est
une réalité incontournable. Le web compte
aujourd’hui
17 500 sites marchands contre 7 500 en 2004. La vente
en ligne, qui a depuis
longtemps dépassé la
vente par
correspondance traditionnelle, a généré un chiffre
d’affaires de l’ordre de 20 milliards d’euros en 2007 et
sa croissance tourne autour de 30% à 35% par an. On remarque aussi que
ce mode de distribution,
hier réservé à une minorité de
technophiles au profil de jeunes cadres urbains, s’étend désormais à toutes
les catégories sociales, hommes et femmes confondus. La clientèle
n’étant pas extensible, il est clair que le E-commerce prend
des parts de marché au commerce traditionnel.
Les commerçants doivent donc prendre cette réalité en
compte, sous peine de mauvaises surprises. La révolution numérique
et le web ont par exemple fait disparaître en quelques années
une grande partie des magasins de développement photo, dont l’enseigne
FNAC service. Mais Internet n’est pas seulement un concurrent, c’est
aussi un outil efficace pour se faire connaître et booster ses ventes.
Un outil à la portée d’une grande partie des commerçants, à condition
de savoir l’utiliser. Aucune étude statistique, à notre
connaissance, ne nous apporte de précisions chiffrées, mais il
ne fait pas de doute que les commerçants qui ont créé leur
propre site sont de plus en plus nombreux, y compris des propriétaires de points de vente relativement modestes.De fait, il apparaît que la
boutique virtuelle et la boutique «physique» sont bien souvent
complémentaires, comme le prouve par exemple l’expérience
de Meilleurstaux.com qui a lancé récemment
son réseau de magasins destinés aux clients qui souhaitent trouver
en face d’eux un interlocuteur en chair et en os. Face à l’explosion
du E-commerce, il serait donc tout à fait vain de se lamenter en regrettant
le commerce de papa. Chaque commerçant doit désormais s’interroger
sur les changements engendrés par le web dans sa profession et les apports
possibles d’une présence sur la toile, à son affaire. A
cette condition, Internet ne sera plus seulement un concurrent inquiétant
mais un précieux
ami.
par Marcel Neyraud >> Fondateur
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