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SECTEUR
LE TOURISME URBAIN EN PLEINE EXPANSION
Revue PIC-INTER - n°305 - JUILLET - AOÛT 2007
Entre les années 2000 et 2006, le tourisme urbain a été le moteur du développement touristique européen avec une croissance des nuitées dans les villes de 16,5%. En France, Paris reste la capitale mondiale du tourisme. Lille renforce son pouvoir de séduction.
Avec 78 millions d'arrivées de touristes étrangers en 2006 (vs +2,5% en 2005), la France apparaît comme la première destination touristique mondiale devant l'Espagne (56 millions), les États-Unis (49 millions), la Chine (47 millions) dont le nombre de touristes internationaux a plus que quadruplé en quinze ans et l'Italie (37 millions). Sa situation géographique entraîne cependant un grand nombre de courts séjours de transit, ce qui explique qu'en terme de recettes touristiques, la France se classe au 3ème rang mondial, derrière les États-Unis et l'Espagne. Mais attention, d’ici 2020 la vieille Europe, qui représente aujourd’hui 55% du tourisme international, devrait voir sa part tomber à 46% au profit de l’Asie. Seul l’Hexagone échappe à cette baisse.
Depuis quelques années le tourisme hexagonal affiche de nouvelles pratiques. Révolu le bronzage idiot, place au tourisme intelligent. Les touristes ont en effet envie de découvrir ou de redécouvrir le riche patrimoine historique et culturel des régions. Celles-ci en ont d'ailleurs pris conscience, et mettent en avant leurs églises, châteaux, musées… Plus de 124 villes ont ainsi demandé et obtenu un label «Villes et pays d'Art et d'Histoire» attribué par le Ministère de la Culture à des collectivités locales qui souhaitent valoriser leur patrimoine. Le must restant l'inscription au Patrimoine Mondial de l'Unesco. Dernière élue : la ville du Havre. Considérée par les historiens et les urbanistes comme l’une des réalisations les plus significatives du XXe siècle, elle est la première agglomération reconstruite a être détentrice du label «Ville d’Art et d’Histoire». Depuis peu elle connaît l’immortalité avec la décision de l’Unesco de l’élever au rang de patrimoine mondial de l’Humanité. Le maire du Havre espère ainsi la voir figurer rapidement au menu des circuits touristiques internationaux.
PARIS RESTE LEADER
Avec ses 30 millions de visiteurs par an, Paris reste la capitale mondiale du tourisme et la ville la plus visitée au monde en terme de visiteurs étrangers. Les Américains (+11%) et les touristes originaires d'Asie (+22%) y reviennent en force. Et si l’on se fie aux prévisions, Paris devrait accueillir 50 à 60 millions de touristes à l’horizon 2020. La principale explication de ce succès demeure sa richesse culturelle unique. On constate que les sites parisiens attirent toujours plus de visiteurs avec 13 millions de visites pour la cathédrale Notre-Dame qui reste en tête. En 2006, le Sacré Cœur a séduit 8 millions de touristes, le Louvre 7,6 millions, la Tour Eiffel 6,5 millions, le Centre Pompidou 5,3 millions.
Paris et l’Ile-de-France concentrent également près de 80% de l’activité du tourisme d’affaires, véritable manne économique avec des retombées estimées à 4,5 milliards d’euros. 45% des nuitées hôtelières lui sont imputées tandis que les dépenses des visiteurs d’affaires dotés d’un fort pouvoir d’achat, estimées à environ 275 € par jour, sont supérieures à celles des visiteurs de loisirs, entre 40 € et 208 €. Le Bureau des Congrès de Paris contribue grandement à cette dynamique. Créé en 2004 à l’initiative de la Ville de Paris et de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, il joue le rôle d’interface entre les clients et les professionnels. Il comptait 14 membres en 2004, il en dénombre 70 aujourd’hui. Les statistiques de l'Observatoire Économique du Tourisme Parisien, dévoile que la capitale reste la destination leader pour les congrès et les conventions d'entreprises.
Au-delà de sa dynamique culturelle et événementielle, contribuent également au succès de l’Ile-de-France et de la capitale, la capacité hôtelière, la plus importante du monde : 150 000 chambres en Ile-de-France, dont 75 000 dans Paris intra-muros. Côté infrastructure, ses aéroports internationaux demeurent de sérieux atouts sans compter les transports parisiens qui ont été améliorés avec la réalisation du tramway des Maréchaux. Depuis 2005, l’accent a été mis sur la propreté (13,6 M€ de crédit) dans tous les arrondissements de la capitale. Des espaces verts et des jardins ont vu le jour sur 30 hectares. L'aménagement des bois de Boulogne et de Vincennes s’est poursuivi, ainsi que la végétalisation de l'espace public et les plantations d'arbres.
Les touristes qui visitent Paris sont exigeants et en particulier les étrangers qui privilégient nettement l’hôtellerie haut-de-gamme où ils passent la majorité de leurs nuitées 38% dans des hôtels 3 étoiles et 20% dans des 4 étoiles. Les professionnels commencent à bien connaître les habitudes de cette clientèle hétéroclite. Les Américains aiment être pris en charge. Ils sont à la recherche d'une qualité de service élevée, compte tenu de leurs habitudes de consommation, avec possibilité de repas à toute heure, télévision dans les chambres avec chaînes internationales, équipement informatique et centre de remise en forme. Les Asiatiques représentent un marché prometteur : Les Japonais, avec une exigence forte en terme de qualité de service et d'accueil, ne se passeront pas d'une baignoire et désireront, pour des voyages en groupe, que chacun bénéficie d'une chambre identique. Les Chinois, quant à eux, préfèrent les douches aux baignoires. Les touristes des pays émergeants (Russie, Asie, Amérique du Sud…) viennent en général accompagnés d’un tour opérateur qui leur propose la visite du Paris légendaire. Les Européens, arrivant en avion, en TVG ou en voiture, sont à la recherche d’un Paris singulier et veulent sortir des sentiers battus. S’éloignant des quartiers touristiques traditionnels, trop chers, ces touristes se rabattent sur des secteurs plus abordables où l’accueil est souvent meilleur. Ils n’hésitent pas à louer des chambres chez l’habitant, des meublés ou, de plus en plus courant, à échanger des appartements.
DOMINIQUE ATKINS, guide à Paris
Dominique Atkins, guide indépendante à Paris, ne regrette pas d’avoir investi dans un site internet. Les dizaines de visiteurs quotidiens boostent son chiffre d’affaires. Six ans déjà que cette agrégée d’histoire de l’art a créé son activité de guide indépendante. «J’ai également le diplôme de guide interprète exigé par le Ministère de la Culture pour exercer ce métier. J’organise des circuits pédestres dans les quartiers de Paris, et des visites de musées, à Versailles, à Giverny… Les touristes, des Britanniques, Américains, Asiatiques, Belges… demandent des visites bien documentées. Les Américains, friands de la culture française, sont les plus cultivés On ne peut pas dire la même chose des Asiatiques. La moyenne d’âge est de 50 ans mais j’accompagne également des groupes scolaires, des étudiants et des clubs de retraités. Les touristes d’affaires privilégient les visites des grands musées comme le Louvre et le Musée d’Orsay. Une des promenades les plus demandées : la Bastille. Je fais découvrir la mythique rue de Lappe et ses lieux de fête, les passages et cours du Faubourg Saint-Antoine, les artisans et créateurs du Viaduc des Arts avec ses jardins surprenants. Les Américains sont amateurs. Pour 320 euros je peux organiser une journée privée de visites diverses dans Paris. C’est à la demande».
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Pour répondre à cet afflux et à des «revendications» bien légitimes, les professionnels du tourisme s’adaptent sans cesse. Certains proposent des packages regroupant transport et hébergement ainsi que des programmes de visites. Les offres sont originales : visites gastronomiques, promenades des sens, Paris pittoresque et insolite, découvertes des quartiers populaires. Des efforts ont été réalisés sur les tarifs hôteliers qui sont plus intéressants que dans certaines autres capitales européennes : 83 € par nuité en moyenne. Paris conserve tout de même l’image d’une ville chère, des efforts restent à faire. Même constat pour la propreté. Celle des petites structures en Ile-de-France est parfois mise en cause : 17% des touristes s’en plaignent mais 16% s’en félicitent, tandis que la majorité n’affiche pas d’avis tranché. Au niveau national les chiffres sont plus dérangeants : 42% des utilisateurs (dont 61% de seniors) déclarent que la netteté des chambres d’hôtels laisse parfois ou souvent à désirer. Malgré tous leurs atouts Paris et l’Ile-de-France devront se préparer à faire face à des clientèles plus exigeantes et à la concurrence exacerbée des autres villes européennes en matière de tourisme d’affaires. Si Paris est la première ville de congrès du monde avec 294 réunions et congrès sur plus de 1 700 manifestations nationales, elle est talonnée par Milan, Vienne, Bruxelles et Barcelone où se trouvent les plus grands centres d’expositions européens.
Si Paris reste incontournable dans les circuits touristiques mondiaux, ses communes limitrophes ont aussi leur rôle à jouer. Les départements de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne ont misé sur le tourisme industriel au cours de manifestation telle que «Voyage au cœur des entreprises». Plus d’une centaine d’entreprises ouvrent aujourd’hui leurs portes aux visiteurs qui ont envie de découvrir leur savoir faire. Le tourisme ? Peut-être un nouveau millénaire qui se fera entre nouvelles technologies et connaissances des traditions industrielles et artisanales.

L’activité touristique de Lille représente 5 000 emplois, 250 M€ de chiffre d’affaires pour le tourisme pur et 68 M€ pour le tourisme d’affaires. Une activité accrue depuis qu’en juin 2004 Lille a reçu le label Ville d’Art et d’Histoire. Mais c’est certainement sa désignation, la même année, comme capitale culturelle de l’Europe qui est à l’origine du développement touristique de cette capitale régionale au prestigieux passé. Lille est en effet la capitale des Flandres et à ce titre fut un objet de convoitise constante entre les royaumes d’Espagne">Espagne et de France au XVIIe siècle. Aujourd’hui elle développe un tourisme urbain actif grâce à la mise en valeur d’un patrimoine architectural de près de 280 monuments et sites classés. Adaptée au développement du tourisme d’affaires, Lille bénéficie d’une situation géographique unique en Europe qui la place à moins de 350 kms des grandes capitales économiques et des grands pôles de décision politique. Grâce à ses infrastructures (TGV, Eurostar, aéroport international, autoroutes), elle n’est qu’à 1 h 20 de Londres, 1 h de Paris, 38 minutes de Bruxelles, 2 h 15 de Cologne et 2 h 10 d’Amsterdam.

L’ANCIENNE CAPITALE EUROPENNE DE LA CULTURE Après l’année 2004 et ses 7 millions de visiteurs, un événement majeur a mis Lille en lumière en octobre 2006 : le lancement de lille3000, nouvelle opportunité pour la culture tournée vers le futur, l’innovation et les arts contemporains. La première manifestation a été consacrée à L’Inde, la deuxième, en 2009, sera dédiée à l’Europe centrale et à l’Orient. L’année 2007 sera également marquée par deux expositions d’envergure internationale. Le Palais des Beaux-Arts présente la première rétrospective mondiale consacrée à Philippe de Champaigne (du 27 avril au 15 août), tandis que le Tri Postal accueillera pour la première fois en Europe l’exceptionnelle collection de photos et vidéos de François Pinault, du 15 octobre au 13 janvier 2008.
On ne présente plus la Grande Braderie de Lille attirant entre 2 et 3 millions de visiteurs chaque premier week-end de septembre. C'est sans aucun doute le plus grand marché aux puces d'Europe. Plus de 200 kilomètres de trottoirs occupés par quelques 10 000 «bradeurs», habitants de la ville ou de la région (54,7%) ou brocanteurs venus de toute l'Europe, essentiellement d’Angleterre, de Belgique, des Pays-Bas ou encore d'Allemagne. Cette coutume date du Moyen-Age. Les valets de chambre avaient obtenu le droit de vendre une fois par an les vieux habits et objets de leur maître pour leur compte personnel. Depuis, chacun peut vider puis vendre le contenu de son grenier ou de sa cave à des milliers de visiteurs. Ceux-ci arpentent jour et nuit les rues pour fouiner, faire de bonnes affaires (ou de moins bonnes), manger les moules-frites dont la côte de popularité ne se dément pas. On peut en juger par les coquilles vides qui s'amoncellent en «collines» tout au long des trottoirs. 600 tonnes de déchet qui témoignent d’une tradition bien ancrée dans la métropole lilloise.
OFFICE DU TOURISME DE LILLE : trois questions à BRUNO CAPPELLE
Lille deviendra-t-elle une des capitales du tourisme hexagonal ? «Lille est déjà une destination de court séjour urbain connue et appréciée ! Le phénomène est enclenché depuis le milieu des années 90, le label de Capitale Européenne de la Culture en 2004 a servi d'accélérateur, et le potentiel de développement est encore important : ouverture des Galeries Lafayette en septembre, réouverture du musée d'Art Moderne agrandi et rénové en octobre 2008, inauguration d'un casino du groupe Lucien Barrière en 2009, implantation du Louvre à Lens (à 40km de Lille), etc. La ville a donc un bel avenir touristique devant elle !».
Quel est le portrait type du touriste lillois ? «Un couple à double revenu sans enfants. Donc de jeunes couples qui n'ont pas encore d'enfants, ou des seniors n'ayant plus d'enfants à charge. Plutôt CSP+. Des urbains, habitant de grandes métropoles. Français venant de toutes les régions, les étrangers sont principalement des Anglais, des Belges et des Néerlandais. Sa 1ère motivation est le flânerie. On vient se balader sans but précis, admirer l'architecture, profiter des belles boutiques, faire un bon repas et participer aux événements».
Quels sont les principaux atouts de la ville ? «L'accessibilité. Lille est à proximité immédiate de Paris, de Bruxelles, et de Londres (80mn en Eurostar à partir de novembre). Les 2 gares de Lille sont en centre-ville et il y a des liaisons TGV vers toutes les grandes capitales régionales, y compris Strasbourg en 3 h 20 seulement. L'aéroport international de Lille se développe avec de nouvelles lignes vers le nord de l'Angleterre, l'Italie, la Pologne, etc.. La ville est à taille humaine avec tous les atouts d'une grande, mais les inconvénients en moins ! Le patrimoine architectural est exceptionnel. Nous avons des structures de spectacle vivant de premier plan, des boutiques, des hébergements et restaurants nombreux et variés. La vie nocturne est animée (3ème ville étudiante de France). N’oubliez pas aussi que la fête fait partie intégrante de la vie lilloise. Pas une semaine sans qu'il ne se passe quelque chose ! Le nouvel événement lille3000 en est un bon exemple. La 1ère édition a réuni près de 950 000 personnes venues de la région mais aussi des 4 coins du monde».
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Vente de commerce de Tourisme
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