Le leader mondial Avec 10 000 clubs dans le monde, Curves est un peu le Macdo de la forme. Débarquée dans l’hexagone voici trois ans, cette enseigne nord-américaine veut booster son développement pour distancer la concurrence. |
Une petite enseigne française qui espère grandir très vite lancée par un jeune professionnel de la forme, Lady Fitness espère réunir une centaine de clubs d’ici quelques années. Comme son concurrent Curves, cette enseigne propose des séances de 30 minutes à des citadines pressées, mais dans des salles plus vastes. |
«Ce qui m’a décidée à choisir Curves, c’est sa position de leader mondial», explique Salvina Gougeaux qui gère un club de fitness féminin sous cette enseigne à Boulogne. Ex-responsable d’une agence d’hôtesse d’accueil, Salvina n’avait gère l’expérience de ces salles qu’elle ne fréquentait même pas comme cliente. «Le marché m’a semblé porteur mais je voulais un franchiseur solide pour m’épauler». Curves lui a fait suivre un stage de formation… à Dublin. Cette enseigne américaine créée en 1992 par Diane et Gary Heavin à Harlingen (Texas) fonctionne en effet de façon assez centralisée. Curves a confié son développement en France et en Europe à deux développeurs, Christopher Hardy pour les régions du Nord et Gonzalo Artiach pour le Sud, mais tous ses partenaires doivent faire un petit séjour à Dublin. Une directrice technique pour la France les assiste ensuite. «Je n’ignore pas que le secteur du Fitness a connu des échecs en France, reconnaît Christopher Hardy, mais notre expérience internationale nous met à l‘abri de ces problèmes. D’ailleurs notre club pilote de Rennes est très rentable». Salvina, après six mois d’exercice, est satisfaite de son franchiseur, mais, avec deux cents clientes abonnées, elle réussit seulement à équilibrer son club qui emploie trois coachs diplômés. Pour gagner de l’argent, il lui faut encore trouver une centaine d’adeptes supplémentaires. |
Hervé Rivoal, le patron du réseau Lady Fitness, évolue dans le milieu de la forme depuis plus de quinze ans. C’est comme franchisé de Gymnasium, enseigne aujourd’hui disparue, qu’il a fait ses premières armes en 1991. Il a ensuite lancé son propre réseau de clubs de forme généraliste avant de se tourner vers le fitness féminin, en proposant des séances de 30 minutes en 2004, avec Lady Fitness. Un an plus tard, il franchisait son concept. Jean-Manuel Simon, patron de deux clubs installés à Boulogne et dans le quinzième arrondissement de Paris, fait partie des premiers franchisés de cette jeune enseigne. Il a investi 150 000 € environ pour chacun de ces clubs. «Le concept est excellent, je l’ai découvert aux Etats-Unis, mais comme je n’avais aucune expérience des entreprises de services et aucune relation dans le milieu du sport, prendre une franchise m’a semblé plus judicieux que me lancer en indépendant. J’ai aussi choisi ce métier par goût pour le sport». Jean-Manuel n’emploie lui aussi que des coachs diplômés et affirme que ses services sont plus variés que ceux de son concurrent Curves voisin, pour des tarifs équivalents. «J’ai intérêt à être compétitif : à Paris, j’ai trois clubs concurrents dans un rayon de 800 mètres !» Ses résultats son bons sur Issy-les-Moulineaux mais encore insuffisants sur Paris. Quant à son franchiseur, il lui reconnaît des qualités de professionnel mais regrette qu’il ne soit pas encore assez structuré. «La franchise m’est très utile pour tout ce qui concerne le marketing, la publicité et la communication, mais il faudrait que le franchiseur s’entoure le plus vite possible d’une équipe compétente pour l’épauler car il est visiblement débordé». |
Le développement international de cette enseigne est certes un atout important mais il ne constitue pas une garantie de réussite. On a en effet vu plus d’une fois de grandes enseignes nord-américaines échouer dans l’hexagone. L’intérêt d’un aussi grand réseau est néanmoins de permettre à tous ses adhérents de bénéficier des dernières innovations et, en principe, de tarifs avantageux sur le matériel acheté en grandes quantités – mais cela reste à vérifier.Outre les machines, Curves fournit à ses affiliés un logiciel de gestion performant qui devrait faciliter le travail quotidien. |
Lady Fitness est une jeune enseigne qui espère atteindre rapidement une centaine de points de vente. Cette volonté de se développer très vite comporte des risques. Notamment celui de ne pas sélectionner avec suffisamment de rigueur les franchisés et leurs emplacements. Ce réseau a ainsi perdu trois de ses adhérents au cours de l’année 2006. On notera cependant que ce franchiseur n’a pas hésité à pratiquer la transparence et à nous confier son Document d’Information Pré-contractuelle (DIP), ce qui est bon signe. Notons aussi que l’expérience de Hervé Rivoal devrait lui permettre d’éviter les erreurs qui ont entraîné la disparition de certaines enseignes, dont son ancien franchiseur Gymnasium. Soulignons enfin que Lady Fitness choisit des salles plus grandes que celles de Curves, ce qui entraîne un investissement un peu plus élevé mais peut permettre d’espérer recevoir davantage de clientes. |