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AVIS D'EXPERT
MICHEL KAHN «EN 1972, J’ETAIS LE PLUS JEUNE FRANCHISEUR DE FRANCE»
Revue PIC-INTER - n°304 - MAI - JUIN 2007
Depuis plus de 30 ans, Michel Kahn a acquis une expérience unique des réseaux, autant théorique que pratique. Aujourd’hui il est conseiller, fondateur, vice-Président, auteur...
Vous avez été le plus jeune franchiseur de France, pouvez-vous nous raconter votre itinéraire ? Après mes études dentaires, j’ai fait un stage en Allemagne dans une entreprise qui gérait un réseau de 12 dépôts de matériels dentaires. Çà m’a donné des idées. De retour en France, j’ai créé le premier réseau franchisé de France, Félicitas, une agence matrimoniale avec loisirs pour personnes seules. En 1972, j’avais 23 ans et j’étais le plus jeune franchiseur de France. J’ai eu 88 franchisés en France, deux Masters-Franchises, une en Suisse, une en Belgique et un accord de partenariat au Canada. J’ai revendu l’enseigne en 1999.
À quand remonte le système de franchise en France ? Je vais certainement vous faire sourire, mais ce système existait déjà au moyen-âge. D’ailleurs il en reste des traces avec les expressions «franchise de droits», «franchise d’impôts» ou les noms de ville et de rue : Villefranche, la rue des Francs-Bourgeois. Sous son contenu actuel, la franchise française est apparue dans les années 1970. Puis elle s’est fortement développée. Avec Marc Goguet, fondateur de la FFF, de l’IREF (Fédération des Réseaux Européens du Partenariat et de la Franchise), de Procos et DG de Catena, nous avons été des précurseurs et je peux affirmer que sans Marc le commerce dans l’Hexagone serait désorganisé. Je n’oublie pas Jean-Paul Clément, à l’époque avocat-conseil de la FFF et Président de l’IREF, premier Vice-Président de l’IREF. Nous avons créé ou coopéré à la création de nombreux réseaux tels que Cacharel, JM Weston, Godiva, la chaîne de restaurant Chez Papa.
Parallèlement à votre activité de franchiseur, vous avec créé un cabinet ?
Oui, en 1975. Mais entre-temps j’ai été Administrateur, puis Vice-Président de la FFF où je suis resté jusqu’en 1988. Simultanément, j’ai créé Michel Kahn Consultant. Et pendant quinze ans nous avons travaillé en tandem avec ma femme. Aujourd’hui le cabinet a grandi. Vingt-deux consultants sont sur le terrain. Je me suis associé avec une avocate à Bueno Aires, un correspondant à Rio de Janeiro et j’ai un bureau à Lausanne. J’ai été à l’origine des nombreuses techniques et méthodes tel que le partenariat. A mon avis, avec la coopérative, le partenariat est l’une des formes les plus abouties de management participatif. Il a débuté au début des années 90 suite à la définition de la franchise par le règlement d’exemption de 1988 qui précise que le savoir-faire doit être secret, substantiel et identifié, de facon détaillée. Actuellement la France compte plus de 300 réseaux de partenariat dont des enseignes importantes telles que Inter Caves, Experts Comptables Cabex ou les accessoires de mode Moa by Etam et bien d’autres.
Quels sont les avantages du partenariat par rapport à la franchise ? J’en répertorie cinq. Il permet une proximité plus forte du consommateur dans ses attentes et comportements d’achat, une optimisation de la cohésion du réseau, une maturité des relations entre partenaires grâce au management participatif, un renforcement de l’animation au sein du réseau et enfin le développement entre les partenaires de l'esprit de partage.
Quelles actions avez-vous mené au sein de l’IREFF ? Nous avons créé le CE TIF en 1987 à Strasbourg. Ce Centre d’Etudes Internationales de la Franchise reçoit des étudiants Bac+4 et Bac+5 qui ressortent de l’Université avec un master. Nous sommes à l’origine du concours des Meilleurs Franchisés ou Partenaires de France, ouvert aux franchisés ou partenaires présentés par leur franchiseur ou partenaire principal, parmi les plus performants du réseau.
A votre avis quels sont les créneaux porteurs pour se développer en franchise ? A peu près tous les secteurs mais ceux qui ont le vent en poupe sont incontestablement les services à la personne qui connaissent un gros développement et cela devrait continuer. En hausse également le dépannage informatique à domicile, le soutien scolaire et la petite restauration avec de nouveaux concepts «Fast Casual» ou la restauration à thème fondée sur le bio et le terroir. L’enseigne Papa en est un bon exemple avec son concept campagnard qui attire une clientèle jeune. En bonne santé également, la décoration avec de nouvelles enseignes comme Tonton Tong qui propose des petits articles de déco, de la bijouterie fantaisie et du textile.
Avec un emploi du temps de marathonien vous arrive-t-il de décompresser ?
Je ne me pose même pas la question. Je suis et je resterai longtemps un homme de terrain. Je travaille avec plaisir et enthousiasme et avec la même approche depuis le début. Je travaille avec trois de mes organes : mon cerveau, mon cœur et mes tripes. Je crois à ce que je fais et je veux toujours atteindre mon objectif. D’ailleurs les idées se bousculent dans ma tête. J’ai un gros projet dans le domaine de la franchise et du partenariat. Et puis j’ai des engagements puisque je suis conseiller technique de la CCI de Strasbourg et du Bas Rhin ainsi qu’administrateur de la Cour européenne d’arbitrage. Lorsque j’ai un peu de temps libre, j’écris.
Où avez-vous été publié ?
J’ai publié «Franchise et Partenariat» aux Éditions Dalloz-Dunod préfacé par François Doubin.
www.michelkahn.com
Sommaire numéro n°304
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