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RECONVERSION
Déchets - Les PME se mobilisent
Revue PIC-INTER - n°302 - JANVIER - FEVRIER 2007
Grâce au durcissement de la législation concernant la gestion des déchets, le traitement et le recyclage sont devenus des activités rentables. Les petits ferrailleurs d'antan se sont modernisés. Les filières de collecte et de recyclage se sont structurées. Il y a de la place pour lancer une activité. Mais attention ! certaines PME se battent dans un secteur qui exige de lourds investissements.
Si tout le monde vivait comme un Français, il faudrait deux planètes supplémentaires pour subvenir aux besoins de l’humanité. Moralité :Nous surconsommons, les déchets augmentent et pendant ce temps la terre menace de lâcher. Un exemple ? Chaque année un Français produit 360 kg d’ordures ménagères, soit 1 poubelle de 3 étages de haut, ou encore 2 500 fois le poids de la Tour Eiffel pour les déchets annuels de tous nos concitoyens. Quand on sait que la production d'ordures ménagères par Français a doublé en 40 ans et continue de croître à raison d'1 à 2% par an, on est en droit de s’inquiéter pour l’avenir de notre planète.
«Si nous voulons progresser, la gestion des déchets ne doit plus seulement être vécue comme un service qui est rendu à chacun d’entre nous. Il faut gagner l’adhésion, la participation de chaque Français à la gestion des déchets, montrer qu’il est acteur. Pour cela, il faut d’abord informer. La mise en place du tri sélectif est un pas encourageant. Mais elle n’est pas suffisante pour remporter le défi majeur de la décennie à venir. Ce défi, c’est la réduction de la production de déchets. Cette réduction ne pourra être atteinte que si les Français participent pleinement à cette action», déclarait Nelly Olin, Ministre de l’Écologie et du Développement Durable, lors du lancement de la campagne «Réduisons vite nos déchets, ça déborde» orchestrée par le Ministère et l’Ademe (l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie). A cette occasion il était rappelé qu’un employé de bureau jette environ 80 kg de papier par an ; que 40 kg de prospectus publicitaires sont distribués par famille et par an... et non lus. Quel gâchis !
Mais les statistiques ne permettent certainement pas de mesurer l’ampleur du phénomène déchets tels que emballages alimentaires individuels, produits d'entretien, électroménager, produits cosmétiques ou encore gadgets en tous genres… mais aussi et surtout, s’agissant des déchets industriels dont il est difficile de se débarrasser et qui font l’objet d’un commerce international mal contrôlé. Le cas des déchets électroniques (ordinateurs, téléphones portables…) est représentatif : leur volume augmente sans cesse, leur durée d’utilisation diminue constamment, plusieurs des composants utilisés sont toxiques (cadmium, plomb, mercure), et ils sont envoyés en Chine, en Inde ou en Afrique du Sud pour être démantelés et «recyclés». Une activité qui contamine tout : les hommes et l’environnement. Depuis quelques années l’Union Européenne durcit les règles afin de protéger l’environnement, mais l’Hexagone manque de capacité de traitement comparé aux pays Nord-européens.
La gestion des déchets représente donc aujourd'hui un enjeu clé en termes d'environnement,de santé et d'économie, tant à l'échelle nationale qu'internationale. Une solution ? Consommer plus intelligemment ! Mais, avant de mettre un terme à cette propension qui nous conduit à consommer et à jeter toujours plus, il devient impératif d’éliminer. Maintenant, plus question de déposer détritus, déchets urbains ou industriels en décharge ou de les stocker ! Les déchets sont désormais envisagés comme des éléments dont il faut savoir tirer parti. Ils ne représentent alors plus une source de nuisance mais deviennent au contraire des gisements de matières premières et d’énergie.
| ELLE PREND SOIN
DE LA PLANETE |
La société Les Mouettes Vertes a été créée en février 2005 à Rédéné dans le Finistère, par Françoise Brinquin. Elle commercialise des sacs en coton biologique - réutilisables et biodégradables - qui contribuent à limiter l’utilisation du plastique dans les grandes surfaces. A l’écoute de sa clientèle, cette créatrice dessine sur mesure sacs de caisse, sacs cabas, sacs cosmétiques, sacs de salons/séminaires ou sacs publicitaires/promotionnels, véritables vecteurs d’images. Un parcours atypique pour cette jeune femme.Après Sup de Co Paris, elle fait un MBA aux USA. Puis elle roule sa bosse au sein de plusieurs entreprises, Outre-Atlantique et en France. Puis, après 8 mois passés avec MSF en Ouganda, elle a le déclic. «Cette expérience m’a poussée à soutenir le commerce équitable. J’essaye de faire, au quotidien, la promotion de modes de production respectueux de la nature et des hommes. Je travaille sur le mode équitable avec des ateliers de confection de Bombay et un groupement de 500 fermiers bios du Gujarat en Inde, mais pour certains projets je sélectionne des sérigraphistes français. Mon leitmotiv c’est de préserver l’environnement. Chaque sac réutilisé, c’est un sac plastique non consommé, et un peu de nature épargnée. Tous mes sacs sont certifiés par l’organisme Skal International dont la mission est d’inspecter et de certifier le caractère biologique des cultures du coton, et des produits finis. Avec mon activité j’anticipe 2010 qui verra la réglementation de la diffusion des sacs plastiques non biodégradables».
Principaux clients : Nature & Découvertes, Biocop, les réseaux Mag Presse et Maison de la Presse...
Pour sa première année de fonctionnement, l'entreprise a réalisé un C.A. de 153 000 € et table sur 750 000 € cette année. «Fin 2007, j’aurai embauché 4 personnes». |
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RÉDUIRE À LA SOURCE
Le meilleur déchet restant celui que l’on ne produit pas, la réduction a la source vise à inciter les industriels à réduire les emballages inutiles, à créer des objets plus durables, réutilisables, consommant moins d’énergie et, enfin, à anticiper la gestion de fin de vie des produits. Des efforts sont engagés et des progrès très importants ont été réalisés pour réduire les consommations de matières premières et la production de déchets : par exemple, la bouteille en verre de 75 cl a perdu 48% de son poids en cinquante ans et le poids unitaire des pots de yaourt a diminué de 13% en 8 ans, et de 10% pour les canettes aluminium. Pour autant, la simple réduction à la source n’est pas suffisante.
Important également l’acte citoyen du consommateur qui consiste à choisir un article moins emballé, un flacon réutilisable, un panier à provision plutôt que des sacs en plastique. Les français utilisent chaque année 100 milliards d’emballages ménagers qui génèrent 4,7 millions de tonnes de déchets. Ces chiffres, sur la pente ascendante, sont le reflet de l’augmentation de la population (+22% en 30 ans) et de l’explosion du nombre de personnes vivant seules (1 foyer sur 3) qui a favorisé l’apparition des plats individuels, multipliant ainsi de manière exponentielle le volume d’emballages. Plus de 18 milliards de sacs en plastique sont distribués en France chaque année (Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, printemps 2005). Or, un sac de caisse en plastique se dégrade au bout de 300 ans seulement, contre une durée d’utilisation de 15 minutes ! Une action a été menée dans le Morbihan. L’opération «stop aux sacs de caisse», en vigueur depuis le 1er février 2006 dans tous les centres commerciaux du département où les 200 millions de sacs jetables produisent 1 500 tonnes de déchets à traiter. En adoptant les sacs en coton bio Les Mouettes Vertes, très en phase avec la réduction des déchets à la source, modifie les comportements et protégent l’environnement.
| LE BIR |
Le Bureau International du Recyclage est une fédération internationale dont le siège est à
Bruxelles et qui regroupe 600 sociétés et des fédérations nationales de plus de 60 pays.
L’industrie du recyclage emploi plus d’un million et demi de personnes, traite annuellement
plus de 500 millions de tonnes de matières premières et a un chiffre d’affaires excédant 160 milliards de dollars US. |
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Dans les années 60 on les appelait chiffonniers ou ferrailleurs. Puis, on a parlé de récupérateurs, ces quelques 1 600 petits artisans, récupérateurs de vieilles voitures, de réfrigérateurs, de tuyaux et autres ferrailles en tous genres, qui constituent une partie du secteur du recyclage dans l'Hexagone, souvent confrontés à des perspectives d'avenir plus qu'incertaines.Aujourd’hui ceux que l’on appelle les recycleurs, réintroduisent directement un déchet dans le cycle de la production en remplacement total ou partiel d’une matière première neuve. Réduisant l'impact des déchets sur l'environnement et s'inscrivant dans une logique de développement durable, ces recycleurs apparaissent donc comme une solution d'avenir. Recyclage ne rime-t-il pas avec économie de ressources naturelles ? Par exemple, 1,3 million de tonnes de verres recyclés correspondent à 860 000 tonnes de sable préservées ; 7 000 tonnes d'aluminium réintégrées permettent d'épargner 15 000 tonnes de bauxite ; 3 milliards de bouteilles de plastique réinsérées, ce sont 80 000 tonnes de pétrole brut d'économisées...
LES RECYCLEURS PROFITENT DES LOIS RÉCENTES
Les recycleurs sont généralement des prestataires de service, passant souvent contrat avec les communes et les entreprises pour le traitement de leurs déchets. Cette profession, qui a réalisé 7,7 Mds€ de chiffre d'affaires en 2005, s'est structurée et modernisée en profondeur au cours de ces dernières années. Du moins, les grosses sociétés qui en ont eu les moyens. Depuis 1956, le leader du secteur, CFF Recycling, assure la collecte, le tri, le recyclage et la valorisation des métaux ferreux et non-ferreux, des biens de consommation arrivés en fin de vie ainsi que des matières de récupération et des déchets neufs industriels. Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 2,5 Mds€ en 2005 (+51%). A côté des mastodontes, quelques petites structures exploitant les réglementations récentes (2005) se lancent sur le créneau du recyclage ou de la récupération et en vivent. C’est le cas de Environnement Recycling, une société implantée sur le bassin de Montluçon et crée en 2003 par Jérôme Auclair et Emmanuel Petit. «Nous gérons tous les déchets électriques et électroniques (DEEE) ainsi que les déchets toxiques en quantités dispersées (DTQD). Nous proposons un service incluant à la fois la prise en charge des DEEE mais aussi d’autres rebuts «sensibles» comme les piles, les tubes néons ou les consommables informatiques en fin de vie. Tous ces produits sont triés puis dirigés vers des recycleurs spécialisés», explique Jérôme Auclair, Directeur. L’activité de collecte de la société a connu une belle expansion depuis que la réglementation est entrée officiellement en vigueur en août 2005. Les déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) font désormais l’objet d’une réglementation européenne et nationale stricte qui impose aux producteurs et aux distributeurs des obligations : organisation et financement d’une collecte sélective, retraitement, valorisation. Jérôme Auclair reconnaît avoir bénéficié de ces nouvelles règles. «Aujourd’hui on se déplace beaucoup moins pour trouver des clients. Ce sont les entreprises qui font appel à nous pour trouver des solutions à leurs problèmes de déchets». La société a investi dans des véhicules et un système informatisé de gestion des déchets permettant aux entreprises clientes d’obtenir une traçabilité totale de leurs déchets en temps réel.
Depuis l’entrée en application le 13 août dernier de la directive européenne, particuliers et entreprises sont concernés par le recyclage et les recycleurs sont assis sur une véritable mine d’or. «Nous sommes sur un marché très porteur mais il faut avoir les reins solides pour investir», reconnaît le directeur d'une entreprise familiale caractéristique de la profession.
| DES PERSPECTIVES POUR LES RECYCLEURS |
• 1 700 000 : C’est le nombre annuel de tonnes de DEEE générées en France par les entreprises et les ménages.
Ces déchets ont un taux de croissance élevé : de 3 à 5% par an.
• 35 000 000 : C’est le nombre d’ordinateurs personnels en France dont 46% dans les ménages et 54% dans les entreprises. |
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