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FRANCHISES - ENTRETIEN
RACHID RASSOUL,
FRANCHISÉ CARTRIDGE WORLD
Revue PIC-INTER - n°300 - Septembre - Octobre 2006
Comment un expert de la franchise est-il
passé de la théorie à la pratique ?
Rachid Rassoul est aujourd’hui propriétaire de deux magasins
sous l’enseigne
Cartridge World. Ce franchisé modèle a changé de
casquette. Voici quelques
années, il portait celle de la Fédération Française
de la Franchise. Il a donc choisi
de se lancer dans l’aventure. Avec succès.
Comment vous êtes-vous
retrouvé dans le monde de
la franchise ?
Le commerce et les réseaux
m’ont toujours intéressé. J’ai donc
passé en 1997, à l’université de Colmar,
une maîtrise d’ingénierie managériale
dédiée à la franchise. On peut donc
dire que j’ai commencé par le B-A-BA
de la théorie.
Comment être vous entré
dans votre premier réseau
de franchise ?
Par l’intermédiaire de l’avocat
Hubert Bensoussan dont j’ai
suivi les cours à l’IUP de
Colmar. Je suis ainsi entré chez
Point Mariage qui en était à
ses débuts. Mon rôle consistait
à monter le réseau, mettre en
place des procédures. J’avais 22
ans et ce fut très formateur.
Auparavant, j’avais déjà fait divers
stages, dont l’un dans un réseau
de pressings. Je possédais une
assez bonne connaissance des
principes de modélisation d’un
concept, mais il me manquait
l’expérience de terrain, et
notamment celle du contact
avec les candidats qui est
particulièrement importante…
Et, de Point Mariage, vous
êtes passé à la Fédération
Française de Franchise.
L’opportunité s’est présentée
en août 1998 quand Florent
Lamoureux, l’adjoint de la
secrétaire générale Chantal
Zimmer,que j’avais eu l’occasion
de rencontrer à plusieurs
reprises, a quitté la FFF pour entrer
aux Banques Populaires. On m’a
passé un coup de fil pour me proposer
le poste et j’ai accepté immédiatement.
Quelles étaient vos missions, au
sein de la FFF ?
On peut dire que j’ai fait le tour de
tous les aspects de la franchise :
communication, conférences, forums,
formation des adhérents, contacts avec
les experts, missions diverses dont
deux à l’étranger. Chantal Zimmer m’a
fait immédiatement confiance, ce qui a
facilité mon travail et ma formation
personnelle.
On peut supposer que vous avez
aussi rempli votre carnet d’adresses.
La FFF occupe en effet une place
stratégique dans l’univers de la franchise.
On y rencontre tous les acteurs.
Néanmoins, vous avez préféré
quitter la FFF pour passer de la
théorie à la pratique.
Quand on consacre son énergie à vanter
et promouvoir la création d’entreprise,
si l’on veut être en accord avec soimême,
on est inévitablement tenté de
passer à l’acte.Après trois ans à la FFF,
il m’a semblé que mon heure avait
sonné. Mon idée était d’abord de créer
une start-up Internet consacrée aux
arts graphiques. Nous avons planché
pendant six mois sur ce projet. Mais
nous sommes arrivés au mauvais
moment : la bulle Internet a éclaté.
Nous avons donc jugé plus prudent de
remiser notre projet dans nos cartons,
d’autant qu’à cette époque aucun banquier
n’aurait accepté de le financer.
Et vous êtes revenu à vos
premiers amours : la franchise…
C’est à ce moment-là que le fameux
carnet d’adresses auquel vous faisiez
allusion m’a été utile. Je n’ai pas eu trop
de mal à me recycler et je suis entré
chez Duval Espace Fenêtres, un
réseau consacré à l’aménagement de
la maison. Cette enseigne était en
restructuration, elle possédait une
usine de fabrication mais n’avait que
deux points de vente quand j’y suis
entré comme Directeur de réseau. Elle
en avait 13 quand je suis parti six mois
plus tard. Les deux patrons de l’entreprise
avaient avant tout une vision
financière de leur développement, qui
ne correspondait pas à la mienne. De
plus, leur siège était au Mans, de sorte
que je devais prendre le TGV aller et
retour tous les jours. C’était très
contraignant. Cette fois, je suis passé
chez Rent a Car, dont le patron,
Daniel Macé, est un des pilliers de la
franchise. C’est un homme de grande
qualité, mais qui a un peu de mal à
déléguer. Il est difficile d’être son
adjoint. De plus, il est assez délicat
d’être à la fois Directeur général et
directeur de réseau comme il l’était.
Nouveau départ,nouveaux projets,
en dehors de la franchise cette
fois…
Oui, à l’origine, j’envisageais de monter
un restaurant indépendant. C’est un
métier qui me plait. Mais c’est aussi un
métier qui exige un investissement
personnel considérable. Je venais
d’avoir un enfant et j’ai estimé que ce
n’était pas fait pour moi.
Comment avez-vous été amené à
choisir Cartridge World ?
J’ai découvert le concept au Salon de
la Franchise de Paris 2003 et j’ai eu
l’occasion de rencontrer Richard
Parkinson, le master franchisé de
cette enseigne australienne. Il m’a
proposé de me charger du développement
en France, mais ça ne me tentait pas
trop et c’est un de mes amis, Lionel
Dindjian, qui a pris cette responsabilité.
Je me suis néanmoins intéressé au
concept pour des raisons intellectuelles.
Son côté écolo me plaisait bien : mettre
à la poubelle les cartouches d’encre
usagées représente tout de même un
gaspillage énorme. A cette époque,
Cartridge World avait
déjà remporté un gros succès
en Angleterre en ouvrant
150 points de vente en
trois ans. En septembre
2003, je me suis rendu en
Angleterre où j’ai visité
deux magasins. Cette visite
m’a convaincu.
Avant de signer votre
contrat, avez-vous pris
toute les précautions
qu’on recommande
habituellement aux
futurs franchisés ?
Pour être franc, non. C’est
vrai que, quand on conseille
de futurs franchisés, on les
incite à lire leur contrat à la
loupe, à interroger de très
nombreux franchisés, etc...
Une des raisons pour
laquelle je ne l’ai pas fait,
c’est que la présence de
Lionel m’a rassuré. Je me
suis dit : si quelque chose
cloche, il me tiendra au
courant. Je ne me serais
peut-être pas engagé de
la même façon avec un
inconnu. Dans un
réseau, les relations
personnelles comptent
beaucoup.
Votre expérience
de la franchise ne
vous aurait-elle pas
servi ?
N’exagérons rien. Avec le
temps, on acquiert une
sorte de sixième sens pour
détecter les gens et les
enseignes qui ne sont pas
sérieux. Le feeling, cela
compte aussi dans ce
métier. Ce n’est pas une
science exacte. Mais il y a
toutes sortes de petits
détails qui ne trompent pas.
De toute manière, vous
pouvez avoir le meilleur franchiseur du
monde, si le marché n’est pas porteur,
vous n’arriverez pas à gagner votre vie.
Ce qui m’a séduit, chez Cartridge
World, c’est le caractère nouveau du
marché. Il n’y a que sur un nouveau
marché qu’on peut se développer
assez rapidement avec des moyens
limités. J’ai constaté que les
cartouches recyclées représentaient
30% à 35% du marché aux
Etats-Unis contre 10% en France
en 2003, et je me suis dit que ce
métier allait nécessairement se
développer.
Il y avait déjà eu quelques
tentatives qui avaient échoué.
Certes, mais ce n’était pas des
tentatives sérieuses, plutôt du
bricolage. Cartridge World est
tout de même une enseigne
mondiale dont le concept a fait ses
preuves sur plusieurs continents.
Comment avez vous procédé
pour vous lancer ?
Ma première préoccupation a été
de trouver un magasin adéquat.
Sur ce plan, mon expérience de la
franchise m’a été utile et je n’ai
pas eu besoin de l’aide de mon franchiseur.
Un des avantages de ce
concept, c’est qu’il n’exige pas un
emplacement N°1 très coûteux et
difficile à rentabiliser. Il m’a fallu tout de
même quatre mois pour trouver ce
que je cherchais : 50 m2 sans pas-deporte
avec un loyer de 1 000 € par
mois. J’ai investi 40 000 € et emprunté
65 000 €.
Quelle aide vous a apporté le
franchiseur ?
Le franchiseur m’a apporté une aide
très précieuse pour l’aménagement du
magasin. Mais c’est surtout sur le plan
technique que son assistance est
incontournable. Chaque franchisé
dispose d’un véritable manuel
avec des recommandations
pour chaque modèle de
cartouche. Nous avons aussi
accès à un support technique
installé en Angleterre. Il
faut savoir que les fabricants,
qui réalisent de très grosses
marges sur les cartouches
neuves, multiplient les
modèles et inventent des
dispositif destinés à empêcher
ou gêner le recyclage. Le franchiseur
a une réponse à la
plupart des problème posés
par ces dispositifs.
Votre affaire a-t-elle démarré
rapidement ?
Le premier mois, mon magasin a battu
le record de France des nouveaux
points de vente avec 12 000 € de
chiffre d’affaires. C’était évidemment
très encourageant.
Et aujourd’hui ?
Nous avons réalisé en 2005 un chiffre
d’affaires de 200 000 € HT avec 4
salariés. Et nous venons d’ouvrir un
deuxième point de vente dans le
quinzième arrondissement.
Aviez-vous dès le départ
pour objectif de devenir
plurifranchisé ?
Absolument. Nous envisageons
d’ailleurs d’ouvrir un troisième
point de vente dans le même
quartier l’année prochaine. Cela
nous permet de réaliser des économies
d’échelle. Par exemple, nous
n’avons qu’un atelier de recyclage
des cartouches qui approvisionne
les deux magasins.
La concurrence tend à se
développer…
Certes, mais il y a énormément
de bricoleurs sur ce marché.
Nous voyons par exemple arriver
des clients qui ont acheté des kits
sur Internet et ont couvert leurs
vêtements d’encre, et d’autres qui
nous montrent des cartouches
recyclés qui ne fonctionnent
pas. Chez nous, il n’y a pas de
surprise. La cartouche est changée
immédiatement s’il y a le moindre
problème.
Votre vie quotidienne : c’est dur
de tenir un magasin Cartridge
World ?
Comme dans n’importe quel commerce,
c’est la période de lancement qui est
délicate. Pendant la période de
lancement, je travaille six jours sur
sept, ensuite on peut établir des
roulements et prendre ses week-end
comme tout le monde. Les horaires
sont ceux du commerce : 10h à 19h et
11h à 19h le samedi. Il faut avant tout
savoir recruter des collaborateurs
polyvalents et déléguer. En ce moment,
je suis en train de recruter mon
cinquième salarié, de façon à disposer
d’un technicien qui se consacrera au
recyclage des toners laser.
En passant ainsi de la
théorie à la pratique, avezvous
eu des surprises ?Qu’avez-vous découvert ?
Je vais sans doute vous
surprendre, mais, à ce jour,
je n’ai pas eu vraiment de
surprise. Et, si l’on peut parler
de découverte, c’est celle de la
satisfaction qu’apporte le fait
de se sentir maître chez soi
après avoir travaillé pour
de grands réseaux. Mais ce
sentiment n’est guère original
pour un entrepreneur…
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Création : 1998 en Australie
1000 points de vente dans le monde.
Lancement en France en 2003
74 magasins en France
Investissement : 80 000 à 100 000 €
Magasin : 80 m2 en moyenne
Droit d’entrée : 30 000 €
Royalties : 6 %
Publicité : 3 %
Chiffre d’affaires annuel du premier magasin de
Rachid Rassoul : 200 000 €€
Marge brute annoncée : 72 % |
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