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INDEPENDANT - CONSEIL
Monter un restaurant rentable
c'est possible !
Revue PIC-INTER - n°300 - Septembre - Octobre 2006
Coiffer la toque blanche est le rêve de beaucoup
de créateurs d’entreprises. Mais
ouvrir un restaurant ne s’improvise pas. Le métier est difficile.
Une bonne
connaissance du secteur est indispensable et ne pas se lancer tête
baissée dans
l’aventure est fondamental. Courage et professionnalisme sont les
clés du succès.
La France compte à peu près
120 000 entreprises de
restauration commerciale, des
pizzerias aux tables gastronomiques,
en passant par les petits
restaurants de quartier. Ce secteur
représente à lui seul un chiffre
d’affaires annuel de 28 Mds€, selon
les données de l’Insee. Et aujourd’hui
la question devenue courante : «On dîne
dehors comme 22% des ménages ?»
donne une bonne idée de la santé du
secteur. La restauration à l’extérieur
représente un marché de plus de
6 milliards de repas servis par an.
Certains sociologues expliquent ce
phénomène par l'activité professionnelle
croissante de la femme. La différence
entre les revenus est également à prendre
en compte : le budget consacré aux repas
à l'extérieur est de 16% pour les ménages
les plus pauvres contre 30% pour les plus
riches. La croissance de la consommation
de repas hors foyer suit aussi le niveau de
diplôme : les moins diplômés dépensent
8% de leur budget alimentaire dans la
restauration à l’extérieur tandis que
les plus diplômés y consacrent plus de
30%. Enfin, plus de 8 repas sur 10 sont
consommés à moins de 15 €.
Une étude Gira (leader européen
spécialisé dans les études de la restauration)
de 2005 sur la restauration,
précise que le consommateur hexagonal
a des exigences : Un retour «aux
fondamentaux du métier» de restaurateur ;
une cuisine plus authentique, plus
simple et plus équilibrée ; une
transparence concernant toutes les
informations indispensables à la traçabilité
des produits. Le ton est donné !
Plus d’équilibre et de sécurité. «La
restauration hors domicile vit probablement
un de ses changements les plus importants
intervient aussi bien au niveau de l'offre
(les restaurants, les lieux, les cartes, les
produits, les menus, les prix, le contact
avec le client, etc...) que de la demande.
Les clients eux-mêmes ont changé, ils ont
modifié leur comportement et ont de
nouvelles attentes et motivations», souligne
Bernard Boutboul, directeur du Gira.
En 2006, le repas complet (entrée, plat,
dessert) demeure la tendance la plus
pratiquée (dans 34 % des restaurants).
La formule devenue quasi traditionnelle,
plat + dessert, devient une concurrente
sévère (dans 29 % des établissements)
devant la formule entrée + plat (dans
20% des restaurants). Pour ce qui
concerne le plat unique, il ne remporte
pas encore tous les suffrages (17%).
On ne mange pas de la même manière
dans le Nord de la France que dans le
Sud. C'est ainsi que le plat unique
domine largement dans le Nord (un
quart des restaurants). Dans les cafésrestaurants
et les brasseries on
consomme très rarement des entrées
et on passe peu de temps à table dans
ce type d'unité. A contrario, c'est dans
les restaurants traditionnels les plus
chers (ticket moyen supérieurs à 20 €)
que le repas complet est le plus
souvent servi. Gastronomie oblige !
En ce qui concerne les produits, la
viande rouge, pénalisée, hier par la
«vache folle», et aujourd’hui par «la
guerre» des matières grasses, a connu
une régression de consommation, mais
revient sur le devant de la scène. Les
viandes blanches et le poisson
connaissent une croissance lente et
sont consommés plus régulièrement.
Les fruits et les légumes progressent
également, mais cette hausse est
principalement réservée aux produits
conditionnés (conserves, préparation).
En effet, les fruits et légumes frais,
longs à éplucher et à préparer,
n’augmentent que très légèrement
dans la restauration (+0,5%).
L’apparition de la quatrième gamme
qui concerne les végétaux crus prêts à
l'emploi,présentés sous conditionnements
spécifiques (sacs plastiques, atmosphère
contrôlée) et de la cinquième gamme
qui correspond aux légumes précuits
conditionnés sous plastique, permettent
à ces produits de connaître un
développement important dans la
restauration, même chez les étoilés.
Quitte à nous répéter, manger sain
et équilibré rejoint la sensibilisation
du client à la diététique. Plats originaux,
exotiques ou traditionnels peuvent lui
convenir, à condition qu’ils soient
variés et que les ingrédients soient de
bonne qualité.
Autres impératifs et non des moindres,
les salles étouffantes ou enfumées ne
sont guère appréciées. Mais, la législation
sur le tabagisme a apporté (même si
certains espaces non fumeurs sont, au
goût de certains, trop proches des
quartiers fumeurs) un mieux non
négligeable pour les bronches sensibles.
Au-delà du confort, offrir la meilleure
prestation au meilleur prix est une des
clés de la réussite du restaurateur. Si
les Français ressentent davantage le
besoin de sortir, ils n’ont pas forcément
un budget extensible… Certes, les
clients des restaurants apprécient de
bien manger, mais changer de lieu, de
décor, d’ambiance est tout aussi
recherché. L’atout des restaurants
réside dans la perception et la concrétisation
de tous ces éléments. Ils faut
trouver l’alchimie qui attire et fidélise
la clientèle. Un bon restaurateur n’oublie
jamais que les consommateurs comptent
sur leur repas
pour passer un
agréable
moment, fut-ce t’il court. Ainsi, les
notions de service de qualité et de
diversité des propositions culinaires
sont alliées au désir de fréquenter un
lieu agréable, permettant au client de
se détendre. Le restaurateur se doit
donc d’anticiper sur les nouvelles
envies des consommateurs, de
devancer ce qui plaira en prêtant une
attention toute particulière à la
psychologie de celui qui dégustera son
plat.
| LES PRINCIPAUX SITES INTERNET
SPECIALISÉLES |
www.aurestaurant.com :
Répertorie plus de 100 000 restaurants.
www.lechef.com : Portail consacré à la
restauration.
www.kifaikoi.com : Portail des fournisseurs
des CHR.
www.devenir-restaurateur.com : Pour ceux
qui veulent s’installer. Conçu par Jean-Gabriel
du Jaiflin, qui est aussi l’auteur d’”Implanter
et Gérer un restaurant”.
www.lhotellerie.fr : Site du groupe de
presse spécialisé dans l’hôtellerie
et la restauration.
www.umih.fr : Union des métiers
et des industries de l’hôtellerie. |
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LA TENDANCE
«GASTRONOMIE INVENTIVE»
EN HAUSSE
La gastronomie est l’art de faire bonne
chair. Il y a différentes façons de boire
et manger, en fonction de l’instant, du
repas d’affaires au pique-nique. Mais,
l’art de faire «bien manger» est devenu
aujourd’hui un acte créatif. A titre
d’exemple nous pouvons citer Ferran
Adrià. La démarche inventive et les
audacieuses propositions culinaires
du cuisinier catalan séduisent depuis
plusieurs années les médias internationaux.
Couronné meilleur cuisinier
du monde, accueilli sur tous les
plateaux de télévision, mandaté par la
famille royale d'Espagne pour un des
repas du mariage du Prince Felipe,
Ferran Adrià est également consultant
pour plusieurs marques de l'agroalimentaire.
D'octobre à mars, c'est à
Barcelone, dans son atelier, que les
techniques sont testées et que les
recettes sont mises au point. Une
brigade internationale de jeunes chefs
s'active sous la direction des seconds
du maître des lieux à la recherche de
modes de cuisson innovants, de textures
et de goûts inexplorés. Puis les recettes
sont dégustées au El Bulli Taller basé
sur la côte catalane, près de Roses. Il
faut réserver un an à l’avance. On y
sert un menu dégustation de plusieurs
plats, très cuisine moléculaire. Glaces
à l’azote, perles d’alginates, caviar
virtuel, écumes…
Cette cuisine vouée aux gémonies par
certaines, induit l’idée d’une cuisine
novatrice et débridée. La gastronomie
moléculaire est l'étude de la gastronomie
avec les outils de la science, en
particulier de la chimie, de la physique,
de la biologie et de la neurologie.
Selon les chefs les plus médiatisés elle
prendra des formes très alambiquées.
On pourrait parler de «cuisine scientifique
» qui repose sur quelques principes
simples : Comprendre les principes
physico-chimiques pour limiter le
risque d’échec et améliorer les
résultats. Qu'est ce qui fait tourner la
crème anglaise ? Comment se forment
les bulles du champagne et faut-il
mettre une cuillère dans la bouteille
pour que les bulles ne s’échappent
pas ? Quelle est la température de
cuisson idéale d'un oeuf mollet ? Voilà
le genre de questions auxquelles la
gastronomie moléculaire veut apporter
des réponses. C'est un chercheur à
l'INRA, Hervé This, qui a eu l'idée
d'appliquer la physique et la chimie à la
gastronomie pour créer des plats aux
textures aériennes et mettant mieux
en valeur la qualité gustative des
produits. Les scientifiques sont parvenus
à comprendre les organisations
moléculaires qui font l'onctueux, la
sensation de gras ou le craquant. Ils
ont analysé les interactions d'une
substance avec une autre, en fonction
des températures, pour mieux en
diffuser les arômes. Info ou intox ?
QUELQUES RECETTES
POUR REUSSIR
Quel que soit le thème de restauration
retenu, attention au caractère éphémère
de l'effet de mode : le client peut se lasser
rapidement. «Le cycle de vie d'un
concept a tendance à se réduire, précisait
Bernard Boutboul lors d’une conférence.
Il faudra l'adapter quelques mois après
l'ouverture et les premiers résultats».
Pour durer, un établissement devra
apprendre à surprendre, renouveler
ses produits pour ne pas lasser les
habitués, et garder les recettes, parfois
très classiques, les plus demandées par
la clientèle. Un ingrédient indispensable
dans les casseroles de la réussite : une
idée originale, ça va de soi ! Mais : «Pour
partir du bon pied, prévient Bernard
Boutboul, les apprentis restaurateurs
doivent avant toute chose peaufiner leur
concept. Car si le secteur reste ouvert aux
nouveaux arrivants, la concurrence y est
de plus en plus vive». Une solide
étude de marché est conseillée.
Elle permettra d'éviter certaines
déconvenues quand on choisit un
concept trop original et déjà présent
sur un secteur.
En termes d'innovation, la restauration
à thème est une valeur sûre, surtout
lorsqu’elle investit le créneau de la
diététique. Ainsi, Robert Petit,
créateur en son temps de Dame
Tartine, a imaginé À Toutes
Vapeurs, un nouveau concept de
restaurant autour de produits naturels
cuisinés à la vapeur sèche, avec comme
spécialités des paniers vapeur sur le
thème maraîcher, mer, terre, ou aux
fruits. Le premier restaurant a ouvert
ses portes dans le 8e arrondissement
de Paris et s’est développé dès 2004.A
Toutes Vapeurs a été récompensé
par la palme d'or du Leaders Club,
l'une des plus hautes distinctions de
la profession dans le domaine de
l'innovation. L'accueil simple se veut
proche du client. L'offre est diversifiée
et le client apprécie la possibilité de
choisir son panier gourmand au buffet
- avant cuisson bien sûr. On y trouve
du bio et du développement durable.A
l'écoute des grandes tendances
contemporaines, ce professionnel
atypique a peut-être trouvé le bon
compromis entre restauration rapide
et restauration traditionnelle.
Cependant, l'originalité n’est pas
toujours plébiscitée. De l’avis de
Bernard Boutboul, «Le pari de la
nouveauté est risqué, car aujourd'hui les
nouvelles tendances se démodent en
moins de deux ans». Un grand vent de
liberté chamboule les tables françaises.
les restaurateurs doivent donc faire
face à une demande de plus en plus
forte dans la liberté de choix et de
composition des repas. Les consommateurs
rejettent massivement les
menus et les formules toutes faites.On
veut pouvoir composer son repas
comme on l'entend, commencer par le
dessert par exemple si cela nous chante.
Mais, il faut être un obsédé de la qualité
de ses produits et de la satisfaction du
client. Cela peut paraître évident, mais
beaucoup de professionnels n'ont pas
toujours conscience des contraintes
que cela impose.
| PAUSE DEJEUNER
AU SEIN
D’EQUIP’HÔTEL |
Equip’hôtel et
Pause Déjeuner
feront bon mélange du 5 au 9 novembre
2006 à Paris-Expo Porte de
Versailles. Plus de 50% des visiteurs
de se Salon sont issus de la restauration
sous toutes ses formes, 36% appartiennent
à la restauration commerciale et 16% à
la restauration collective. Tous confrontés
aux nouvelles attentes des consommateurs,
ils sont potentiellement dans l’obligation
de renouveler leur offre. Pour répondre
à leurs attentes, Pause Déjeuner a pour
objectif de les aider concrètement à
investir de nouveaux créneaux, à
renouveler leurs offres et booster leurs
concepts. Un exemple des prestations
proposées : Pause Déjeuner mettra en
scène le Snacking des Chefs, un espace
de démonstration piloté par Jacques
et Laurent Pourcel. Pour la première
fois, de jeunes chefs de renom, représentant
la relève de la grande cuisine française,
exprimeront leur talent et leur créativité
en réalisant des menus inventifs
de restauration rapide ou de
snacking pour moins de 15 €,
prix consommateurs, et ce en
utilisant les produits des
exposants. Parmi ces
Chefs, on devrait voir
officier Jacques &
Laurent Pourcel,
Gilles Choukroun,
Jean-Michel Bouvier,
Thierry Marx, Robert
Petit... et bien d’autres.
Mais c’est la surprise ! |
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Sommaire numéro n°300
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Dossier INDEPENDANTS
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