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FRANCHISES - QUESTIONS / RÉPONSES

Se lancer en franchise sans investissement ?

Revue PIC-INTER - n°298 - Mai- juin 2006

Ouvrir un ma gasinou créer une PME est bien souvent au jour d’hui synonyme d’investissements lourds, donc de charges financières importantes pour ceux qui ne disposent pas immédiatement du capital nécessaire. S ’il n’existe aucune recette pour se lancer sans un euro, divers moyens permettent néanmoins de réduire l’investissement au minimum .

Peut-on se lancer en franchise sans disposer de capital de départ ?

En règle générale, non. Mais il y a tout de même quelques exceptions. La plus significative pour le moment est celle de Troc de l’île qui lance une «pépinière de franchisés». La formule consiste à embaucher des jeunes diplômés comme directeurs salariés de magasin. Après deux ans d’activité, si ceux-ci ont fait leurs preuves, le choix leur sera donné entre rester salariés de l’enseigne ou devenir franchisés. Dans ce dernier cas, c’est le franchiseur qui avancera les fonds nécessaires. Bouygues propose de son côté une autre formule pour ses boutiques de téléphonie : l’enseigne recrute des managers qui ne seront propriétaires que d’une «société d’exploitation»,moyennant un investissement de l’ordre de 7 500 €. Bouygues demeure propriétaire de l’emplacement.

 

Ces formules vont-elles se développer dans d’autres secteurs ?

Il est difficile de répondre de façon catégorique. Une chose est certaine : beaucoup de franchiseurs sont conscients que les jeunes entrepreneurs et les jeunes commerçants n’ont pas. Ouvrir un magasin ou créer une PME est bien souvent aujourd’hui synonyme d’investissements lourds, donc de charges financières importantes pour ceux qui ne disposent pas immédiatement du capital nécessaire.S’i ln’existe aucune recette pour se lancer sans un euro, divers moyens permettent néanmoinsderéduirel’investissementauminimum toujours les capitaux nécessaires pour se lancer. Certains sont plus sensibles aux compétences personnelles de ces futurs franchisés qu’au niveau de leur compte en banque. Les qualités personnelles donnent en effet souvent davantage de chances de réussir que les moyens financiers. Il est donc parfois possible de négocier des formules d’association au coup par coup avec certaines enseignes, mais pas avec toutes bien entendu. On peut noter par exemple qu’il existe aussi des enseignes étrangères, américaines notamment, qui jouent la carte du manager compétent plutôt que celle de l’investisseur. Par exemple, le réseau de sandwicherie Subway avait passé un accord avec un jeune commerçant français pour tester ses premiers points de vente. Mais il faut parvenir à convaincre ces partenaires potentiels, ce qui n’est pas toujours facile.

Quels sont les secteurs qui excluent toute possibilité de se lancer sans capitaux ?

D’une façon générale, tous ceux qui exigent un emplacement N°1 très coûteux. Par exemple toutes les enseignes consacrées à l’équipement de la personne. La première préoccupation d’un franchiseur de prêtà- porter est en effet de trouver des magasins susceptibles de convenir à son commerce car ceux-ci sont rares et chers. Dans ce métier, c’est davantage le prestige, la notoriété de la marque et l’emplacement qui garantissent le succès que les qualités du commerçant, bien que celles-ci soient loin d’être négligeables. Or le pas-de-porte du magasin représente bien souvent plus de la moitié de l’investissement, voire les deux tiers dans les métiers d’équipement de la personne. D’autant que le coût des stocks peut être limité grâce à des formules comme la commission affiliation. On peut ajouter la plupart des franchises de brasserie, les grandes enseignes internationales de restauration rapide, les centres d’entretien et de réparation auto qui demandent des investissements lourds.

Quelles sont les franchises demandant les investissements les plus faibles ?

En règle générale, ce sont les franchises de services qui ne nécessitent pas un magasin placé dans une artère commerçante N°1 ou 1bis. Services de dépannage informatique (voir notre dossier marché), services de conseils financiers, diagnostics immobilier, services d’assistance à la personne sont par exemple des métiers qui n’exigent souvent qu’un petit bureau pour se lancer et peuvent parfois se pratiquer à domicile, en solo, du moins pendant un certain temps. L’investissement se réduit alors au droit d’entrée et à la formation donnée par le franchiseur. Dans ces catégories, on trouve des franchises abordables à moins de 30 000 €. Compte tenu d’un emprunt possible, un apport de l’ordre de 10 000 à 15 000 € suffit. Dans la plupart des cas, il faut toutefois déjà disposer au moins d’un véhicule et d’un ordinateur.

Ces franchises «solo» sont elles aussi fiables que les franchises de commerce traditionnel ?

Non, car le turn-over d’enseignes comme de franchisés est élevé dans ces secteurs. C’est la rançon d’un accès facile. Cela ne signifie pas que les franchiseurs de services sont moins compétents ou moins scrupuleux que les autres, mais que leur succès repose bien souvent sur les qualités personnelles d’un franchiseur. Le savoir-faire n’est pas toujours facile à transmettre car il comporte, au-delà des méthodes purement techniques de travail, une bonne part de commercial. Contrairement au commerçant installé dans une rue passante avec une grande marque pour enseigne, qui voit les clients venir à lui, le franchisé d’une enseigne de services doit en permanence démarcher sa clientèle, la convaincre, essayer de la conserver, la renouveler. S’il démarre sans investissements, c’est-à-dire en solo, il doit conjuguer ce travail commercial avec les interventions techniques. Cela demande une énergie considérable et une excellente organisation personnelle.Toutefois, si les chances de réussite sont sans doute un peu plus faibles (bien qu’aucune étude statistique ne le prouve formellement), les risques sont aussi considérablement limités.

Peut-on passer de la franchise solo sans investissement à la véritable entreprise ?

Oui, c’est possible et il en existe des exemples dans les diverses catégories d’activités énumérées plus haut, comme l’assistance à la personne. On peut citer par exemple le cas de Fabrice Provins, qui s’est lancé seul, sans un euro, dans l’aide à domicile aux personnes dépendantes, puis a monté son agence employant des salariés et enfin créé sa franchise, sous l’enseigne Age d’Or Services. Il a ensuite revendu son réseau à un investisseur en en conservant la direction. Tout dépend quel objectif se fixe le franchisé au départ : créer son petit job personnel ou devenir un véritable entrepreneur en planifiant les étapes. Il est toutefois inutile de dissimuler qu’il y a davantage de franchisés traditionnels qui parviennent à ouvrir successivement plusieurs points de vente, par exemple au sein des réseaux de terminaux de cuisson ou de coiffeurs, que de franchisé en solo qui transforment leur affaire en PME. Encore une fois, tout dépend de l’énergie et des compétence, notamment commerciales, du franchisé.

Le commerce traditionnel sans investissement lourd, c’est possible ?

Difficile mais pas impossible. Les emplacements N°1 de centre-ville sont inabordables, même dans les villes moyennes. En revanche, il est possible de trouver des emplacements intéressants en périphérie, dans les zones commerciales. Ces magasins «boîtes» qui connaissent un turn-over d’activités assez importante sont généralement disponibles sans pasde- porte à des loyers raisonnables. L’investissement va alors se limiter à la caution du loyer, à l’aménagement et aux stocks – sauf si ceux-ci sont placés en dépôt-vente. Il est ainsi possible de monter des solderies, des magasins discount, des aires de jeux pour enfants avec un apport personnel modeste.A condition tout de même de bien ficeler son business-plan pour convaincre le banquier. Une autre formule consiste à s’installer dans une artère N°2 ou N°3, où le propriétaire, bien content de trouver un locataire, ne demandera pas non plus de pasde- porte et se contentera d’un loyer modeste. Si le magasin est inoccupé depuis longtemps, il est même possible de passer un accord avec le propriétaire pour payer moins cher la première année et/ou bénéficier d’une période de trois mois sans loyer, pour le lancement. Le propriétaire n’a pas grand chose à perdre. Mais, bien évidemment, il faudra trouver un franchiseur qui accepte de se contenter de ce type de magasin. Soit parce-que son activité suffit pour attirer les clients, soit parceque vous saurez vous-mêmes mener une politique de promotion et de communication suffisamment habile pour les faire venir. Une dernière tactique consiste à regrouper plusieurs enseignes pour modifier le caractère d’une rue. Ce qui suppose des négociations entre plusieurs franchiseurs et franchisés. Plus délicat, mais possible.

Peut-on se faire financer par un franchiseur ?

En principe, la vocation du franchiseur n’est pas de jouer le rôle de banquier. Certains prennent néanmoins des parts dans les affaires de leurs franchisés. C’est ce qu’on appelle la «franchise participative». Mais, mis à part l’exemple du Troc de l’Île cité plus haut, il est rare que cette participation dépasse 50%. Toutefois, tout se négocie.Tout dépend des motivations et des intérêts des deux parties en présence. Certains franchiseurs se fixent par exemple pour objectif de transformer un certain nombre de succursales en franchises, comme vient de le faire Pizza Hut. Dans ce cas de figure, ils s’adressent souvent en priorité à leurs cadres salariés, puis à des investisseurs extérieurs et, si les investisseurs se font rares, ils sont amenés à étudier des formules plus souples, moins onéreuses, parfois transitoires. Il faut essayer de profiter de telles opportunités.

Quels sont les inconvénients et avantages des franchises à investissement réduits ?

Si le faible niveau de l’investissement est lié à une aide, une participation ou un prêt du franchiseur, il est clair que le principal inconvénient est une dépendance accrue du franchisés. Dans certains cas, celui-ci risque de n’être qu’une sorte de «super gérant» qui devra rogner sur ses revenus pour rembourser ses emprunts. Quant aux franchises de services à «petits prix», comme nous l’avons vu, leur succès est davantage lié aux qualités personnelles du franchisés qu’à l’image de l’enseigne. En revanche, la dépendance du franchisé est très réduite. S’il se fâche avec son franchiseur, il peut facilement continuer à exercer son métier en indépendant ou rejoindre un autre réseau. D’une façon générale, les risques sont limités car le franchisé se voir rarement demander des garanties personnelles ou sur ses biens.

Quelle est la meilleure tactique pour se lancer dans la franchise sans capitaux ?

Pour les jeunes qui souhaitent se lancer dans le commerce ou la création d’entreprise, notamment les diplômés, la meilleure formule consiste à entrer dans un réseau comme salarié pendant au moins deux ans, et à occuper successivement différents postes : vendeur, directeur de magasin, cadre du service développement, etc. Le système permet à la fois d’apprendre le métier, de vérifier la rentabilité de l’enseigne et les qualités des relations entre le franchiseur et ses partenaires. Au terme de ce parcours, si le cadre salarié a fait ses preuves et manifeste la volonté de se mettre à son compte, il est rare que le franchiseur n’étudie pas une solution avec lui. Des franchisés de la Mie Câline et de Class’croute qui possèdent aujourd’hui plusieurs points de vente ont débuté de cette manière sans un euro en poche. Pour des commerçants expérimentés et des cadres, il est plus difficile de se présenter sans apport personnel. Néanmoins, il est possible de convaincre un franchiseur… et un banquier en faisant valoir son expérience.

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