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FRANCHISES - MARCHE
Le dépannage informatique
Un marché prometteur mais très jeune
Revue PIC-INTER - n°298 - Mai- juin 2006
Une demi-douzaine d’enseignes ont
attaqué le créneau du dépannage informatique
au cours des quatre dernières années. Ils ciblent une clientèle
de particuliers, de
TPE, PME et professions libérales. Inutile d’être
informaticien pour se lancer, il faut
surtout posséder de solides qualités de commercial et d’organisateur.
Je n’arrive pas à faire face à la
demande de la clientèle», se
réjouit Roger Macaer, qui
s’est lancé dans le dépannage informatique
en avril 2005, sous l’enseigne Go Micro,
à Neuilly-sur-Seine. «Mon chiffre d’affaires
pour mes douze premiers mois d’activité
tourne autour de 35 000 €. Il est un
peu inférieur aux prévisions. Mais je vais
réinvestir pour me développer en
embauchant un technicien et en prenant
une boutique sur rue à Courbevoie, à
deux pas de 9 Télécom».
La demande en dépannage est bien
réelle. Le moindre bug peut causer des
dégâts considérables dans une PME et
beaucoup gêner un particulier, surtout
s’il exerce une profession libérale
exigeant la tenue de fichiers. Or
les dépanneurs sont parfois des
bidouilleurs peu performants, les
services après-vente des marchands de
matériels sont souvent inexistants et
toujours très longs. Seules les grandes
sociétés de services informatiques
sont performantes, mais elles ne
s’adressent qu’aux entreprises d’une
certaine dimension et facturent leurs
prestations au prix fort. C’est sur ce
constat que se sont lancées une demidouzaine
de franchiseurs, dont Go
Micro, choisi par Roger Macaer, est
aujourd’hui le leader par le nombre
d’agences. «Après avoir rencontré
quelques autres franchiseurs, je me suis
décidé pour Go Micro, parce que j’ai
accroché avec son patron André
Combes», dit franchement Roger
Macaer.
INDISPENSABLE :
UN TECHNICIEN DE BON NIVEAU
En fait, aucun réseau n’a encore
vraiment fait ses preuves et aucune
enseigne n’a imposé son image au
niveau national. Le Speedy ou le Mc
Donald’s du dépannage informatique
reste à créer. Bien entendu, pour se
lancer, même sous l’enseigne d’un
franchiseur, une certaine compétence
technique est indispensable. La plupart
des franchiseurs sont d’ailleurs eux mêmes
d’anciens cadres ou patrons de SSII. Quant aux franchisés,
ils bénéficient
dans la plupart des réseaux d’une
formation, mais celle-ci ne suffira pas
à un candidat qui n’est pas déjà un
passionné d’informatique rompu à son
utilisation courante. Cet handicap peut
toutefois être contourné, soit en
s’associant avec un informaticien,
soit en embauchant un ou plusieurs
techniciens compétents. Profil type :
BTS informatique/ maintenance
réseau. Il est aussi possible d’envisager
d’employer des étudiants en informatique
en contrat de qualification, mais la
formule n’est valable qu’à partir d’un
certain niveau de développement,
quand un technicien senior sera en
mesure de les épauler. Ce sont en effet
les dépanneurs qui vont donner son
image à une agence de dépannage. S’ils
se montrent incompétents ou ne se
conduisent pas correctement avec les
clients, il sera bien difficile
de remonter la
pente, surtout dans
les villes de province
où l’information circule
vite.
Chiffres
clés du marché
1 ménage français sur 2 possède
au moins un ordinateur
15 millions d’internautes
98% des entreprises de plus de six salariés
utilisent un ordinateur
9 ordinateurs par entreprise en moyenne |
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Travailler en solo
ou monter une
véritable agence ? L’un des atouts de ce
métier, c’est toutefois
qu’on peut se lancer avec un apport
personnel très réduit et même démarrer
à domicile, sans ouvrir de boutique. Un
garage-atelier suffit pour entreposer
les appareils. Quant au matériel de
travail indispensable, il se limite à un
ordinateur et quelques tournevis. Les
techniciens se déplacent en scooter
avec une caisse spéciale, à la manière
des livreurs de pizzas. Sauf ceux de
Informatique Minute qui devraient
utiliser des camionnettes ateliers. «De
toute manière, le scooter est beaucoup
plus pratique
pour se faufiler dans les
embouteillages ! Ca permet d’arriver
à l’heure chez le client et on ne
risque pas la contravention», dit
Stéphane Corde, franchisé de
PC 30 à Rennes. En revanche, cet
ancien ingénieur informatique a préféré
disposer d’une boutique sur rue.
«J’ai pris un magasin de 60 m2, Quai
Chateaubriand, une artère assez passante.
Ca donne de la visibilité et de la crédibilité
à une agence. Si le client a affaire à un
bidouilleur qui travaille dans sa cave, il
risque de ne pas lui faire confiance. Une
vitrine donne aussi plus de chances
d’imposer une image de marque».
Stéphane à l’intention d’embaucher
rapidement plusieurs techniciens.
Laurent Caumont-Puig, franchisé
de Go Micro à Toulouse, qui a démarré
en avril 2005, en même temps que son
collègue de réseau Roger Macaer, fait
le même constat : «Une boutique bien
tenue, ça rassure. 20% de mes clients ont
appris l’existence de mon agence en passant
devant ma vitrine». Laurent a choisi
d’embaucher dès le départ un technicien
pour apparaître comme une véritable
agence et être en mesure de faire face
à la demande. Chez Chronomicro,
franchise concurrente, on a décidé
de voir grand dès le départ, ce qui
exige un investissement un peu plus
lourd, mais facilite évidemment le
respect des délais de dépannage. Un
des problèmes auxquels doivent faire
face les agences consiste en effet à
tenir les engagements publicitaires de
son enseigne. PC 30 promet ainsi un
dépannage en 30 minutes ! Pas facile
quand on travaille seul. «J’arrive à me
débrouiller», dit Roger Macaer de Go
Micro. «C’est une question d’organisation.
Il faut faire preuve d’une grande flexibilité.
La clientèle, surtout les PME, est très
sensible à la ponctualité».
CONTRATS NATIONAUX
ET ASSISTANCE
Pourquoi signer un contrat de
franchise alors qu’il possible de se
lancer seul sans moyens importants ?
«Nous apportons non
seulement une assistance
et une formation, mais
des contrats avec
diverses entreprises et
institutions !» souligne
André Combes,
patron de Go Micro.
«Ce qui m’a motivé,
c’est en effet le partenariat
de mon franchiseur
avec plusieurs sociétés nationales, tels
Leclerc et Casino», confirme Laurent
Caumont-Puig. «Les hypers vendent
des ordinateurs à prix discount mais ne
sont pas équipés pour le service après-vente.
Ils nous le sous-traitent, ce qui m’assure
des clients».Stéphane Corde de PC 30
espère lui aussi que son franchiseur va
contribuer à remplir son carnet de
commandes,mais Roger Macaer est plus
nuancé. «Sur Neuilly, mon franchiseur ne
m’a apporté que peu de clients. J’ai du
les démarcher moi-même, mais ça ne m’a pas posé de
problème car j’ai l’habitude,
je suis un technico-commercial». Le profil
idéal.
Côté assistance, les franchiseurs mettent
des hotline à la disposition de leurs
franchisés pour leur donner des
conseils quand ils doivent faire face à
un bug plus méchant que d’ordinaire
ou à nouveau virus. «L’info marche très
bien aussi transversalement», souligne
Roger Macaer. «Le franchisé de Rouen
possède de très grandes compétences et
je fais souvent appel à lui. Dans certains
cas, nous partageons la recette, car je ne
peux pas lui faire perdre son temps
continuellement. Dans l’informatique,
chaque minute compte !»
Les autres réseaux
PC 30
Le challenger avec une vingtaine d’agences. La particularité de
cette enseigne est qu’elle prend 50 % du capital de ses
franchisés. La formule présente l’avantage
d’économiser sur l’investissement de départ,
mais elle accroît la dépendance du franchisé.
Investissement 50 000 € environ.
Bugbusters
18 agences. Investissement 30 000 €.
Chronomicro
8 agences. Investissement 70 000 €. Franchise en cours de
lancement.
Docteur ordinateur
Une agence. Franchise en cours de lancement. L’agence pilote
emploie huit techniciens. Cette enseigne insiste sur l’autonomie
de ses franchisés. |
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UN PARI
SUR L’AVENIR
La concurrence semble assez rude
entre les diverses enseignes qui ne se font
pas de cadeau.
Christophe Langevin,
développeur de
Docteur Ordinateur, jeune enseigne
en phase de lancement, sans lien avec
la franchise américaine Computer
Doctor, estime que «le marché est réel
mais difficile à cerner. Personne ne peut
aujourd’hui prétendre avoir mis au point
un modèle économique fiable, rentable
et reproductible». Ce qui n’est pas, on
s’en doute l’avis de ses concurrents.
Certains reprochent aussi aux premiers
réseaux de vouloir se développer
trop vite, au détriment de la sélectivité
des franchisés. Difficile en effet de
refuser un candidat pour une franchise
qui démarre. Quelles que soient les
compétences du franchiseur choisi,
il faut savoir aussi que la réussite
dépendra pour l’essentiel des qualités
du franchisé, et en particulier de ses
talents de commerciaux et d’organisateur.
La «marque» ne peut pas garantir le
succès comme c’est le cas pour des
franchises de prêt-à-porter. Enfin, la
jeunesse des enseignes et du marché
ne permet pas encore de connaître le
turn-over des différents réseaux et
les résultats réels de leurs points
de vente. Mais, la contrepartie de
cette incertitude, c’est l’avantage de
s’aventurer sur un marché relativement
neuf où tout est encore possible.
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