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INDEPENDANT - COMMERCE DU MOIS
Stéphane Billy
Une passion pour le sang de la terre
Revue PIC-INTER - n°297 - Mai- juin 2005
Le milieu du vin possède une éthique.
Stéphane Billy, gérant d’une cave Nicolas, a lui
aussi une éthique : elle s'exprime à travers son
respect pour le consommateur.
En vin, il faut essayer de regarder
plus loin que les grands crus». le
ton est donné. Stéphane Billy n'est
pas un jusqu'au-boutiste en matière
viticole. Des grands crus de bordeaux,
il en a, et même largement. De quoi
contenter les amateurs. Mais le gérant
de la Cave Nicolas du Vésinet désire
que sa clientèle parte à la découverte
d'autres valeurs, valeurs sûres mais
encore méconnues du grand public.Un
simple Bourgogne blanc, par exemple.
Ou encore un Bergerac.La cave revendique
quelques 7 500 bouteilles choisies
dans le catalogue Nicolas qui compte
environ 3 000 références.
Flash back. Il naît dans le Cotentin et
passe son
enfance
auprès d’un
père, propriétaire
d’une cave
importante, qui lui transmet la passion
du vin. Puis, Stéphane Billy fait ses
études dans une école de restauration
où on lui enseigne que l'apprentissage
des vins demandent du temps, de la
patience, de la passion, de l'intérêt. Bon
élève et particulièrement doué pour
tout ce qui concerne le vignoble
français il termine brillamment son
parcours d’étudiant. Jeune adulte, il
débute sa carrière en tant que responsable
de salle dans des établissements
Relais et Châteaux.Puis il travaille dans l’un
des plus prestigieux palaces du monde : le
Bath-Spa Hotel en Angleterre. Là,
pendant deux ans, en tant que chefsommelier,
il perfectionne ses
connaissances,
découvre tous les
secrets du vin et l’art
de la dégustation.
«J’avais 25 ans et
ce fut une bonne
expérience». Cela
sera le point de départ de sa
spécialisation dans le domaine du vin.
En septembre 1997 il frappe à la
porte de la Société Nicolas. On lui
impose une journée de test avec
beaucoup de questions sur la vigne, le
vignoble, les cépages, les crus. Il s’en
tire remarquablement. Puis suivront
cinq semaines de formation dans le
magasin de Maison Laffitte. Enfin en
1999, il postule pour la place de gérant
salarié du magasin situé route de
Montesson au Vésinet dans les
Yvelines. «Après avoir étudié les résultats
de cette boutique je m’étais rendu compte
qu’il y avait un bon potentiel. Le
chiffre d’affaires est en
constante augmentation», dit-il avec l’humilité propre
aux
hommes du vin.
Les vins ont changé, la consommation
aussi. On ne boit pas moins de vin, mais
on boit beaucoup plus de vins haut de
gamme. «Les consommateurs s’intéressent
plus à ce qu'ils ont dans leur verre. Ils
privilégient les appellations contrôlées,
les vrais bons vins. Ils sont devenus plus
pointus, donc on s'informe plus. Cette
démarche est très positive», explique
Stéphane Billy. Pour répondre à cette
évolution de la consommation et
participer à la vie et à l’animation du
quartier, notre caviste organise des
dégustations les jours de marché, avec
formation de la clientèle et distribution
de diverses charcuteries. «Les clients
raffolent de ces moments privilégiés».
Une bonne façon pour fidéliser. De
plus, Stéphane Billy fait toujours l’effort
d’expliquer, par exemple, pourquoi un
Gigondas ne ressemble pas à un
Chinon. Il raconte le terroir, le cépage,
l'alliance de l'un et de l'autre.Avec ces
mini-formations, les clients devraient
pouvoir reconnaître un Saint-Émilion,
un Châteauneuf-du-Pape... «Le conseil,
c'est fondamental. Je tente au maximum
d'accorder les vins et les mets, selon les
habitudes des gens». On peut affirmer
que ce commerçant a bien compris
l’utilité du commerce de proximité,
lieu de rencontre et facteur de
maintien des relations humaines.
IL FAIT RIMER
VIN ET PLAISIR
Stéphane Billy sélectionne bien mais
toujours dans le catalogue Nicolas.
Bon choix puisque son éventail des
vins bluffe les connaisseurs. Entre
bouteilles coups de coeur et trouvailles
dénichées dans les vignobles par la
marque, on trouve des Pauillac
Château Lynch-Bages, ou des Saint-
Estèphe château Montrose. Dans les
Bourgognes, des Puligny Montrachet
1er cru les Folatières. Le tout à des prix
qui restent cohérents, à l'exception de
quelques bouteilles qui enchantent un
monde où l’on ne compte pas. «Le
champagne est un produit très mode. J’en
vends beaucoup. Certains client n’hésitent
pas à payer plus de 100 € pour un
Taittinger». Mais ne dit-on pas souvent
que le prix s’oublie, la qualité reste ?
Le monde du vin est celui du rêve et
du plaisir, du partage et des rencontres.
Pour Stéphane Billy, c'est aussi une
culture, donc un véritable patrimoine
qui vaut la peine d'être défendu. Il faut
soutenir le travail des vignerons quand
ils partagent une même philosophie, à
savoir le respect de la nature et du
terroir. On conteste beaucoup la
«malbouffe», pour le vin c'est encore
plus fondamental. Son expérience lui
permet d'apprécier réellement le
potentiel qualitatif des vins. Il ne s’est
jamais contenté de mettre le nez
dans un verre. Il a toujours voulu tout
comprendre. «C'est cela le vin, c’est
une histoire complexe qui m'intéresse et
me passionne toujours autant depuis
que j’ai 20 ans».
Ce commerçant passionné développe
incontestablement le besoin de
communication inhérent à la nature
humaine. Il a compris que le sourire
améliore non seulement les relations
commerciales, mais incarne aussi le
modèle du commerce attractif. «En
dehors de ma famille, j’ai quelques
passions : la moto, le rugby. Mais mon
travail et le produit que je commercialise
occupent une grande partie de ma vie».
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NOM DE L’ENSEIGNE : Nicolas
STATUT : Gérant salarié
SURFACE : 70 m2
NOMBRE DE BOUTEILLES EN MAGASIN : 7 500
VENTE PETITS ACCESSOIRES : 1% du CA
PANIER MOYEN : 80 à 100 €, pouvant atteindre 600 € en décembre
MEILLEUR JOUR : le week-end
MEILLEUR PERIODE : décembre |
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numéro n°297
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