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REGION - ANGERS - LE MANS

S’installer en Pays de Loire
Angers ou le Mans ?

Revue PIC-INTER - n°297 - Mai- juin 2005

Soucieuses de ne pas se mélanger les p i n ceaux, Angers la noire et Le Mans la rouge se ressemblent plus qu’elles ne voudraient le croire. En revanche, leurs stratégies diffèrent : la première regarde à l’ouest, la seconde, à l’est. Entrepreneurs, à vos boussoles !

Les Pays de la Loire, 5ème région française par sa population, sa superficie et sa richesse produite, sont une curiosité géographique : dans cette région mal découpée,l’Etat a fait cohabiter le département du Maine-et-Loire, ancré dans le granit du Massif Armoricain, et la Sarthe, appartenant au Bassin parisien.A moins de 100 kilomètres l’une de l’autre, leurs préfectures sont comparables à plus d’un titre, avec le même poids démographique, une puissance économique équivalente, une accessibilité similaire et un attrait touristique indiscutable. La ressemblance entre Angers et Le Mans s’arrête là. La première, plus anonyme, n’a pas cette notoriété exceptionnelle que confèrent à la seconde les 24 heures automobiles, les rillettes et le statut de cité des assurances (en 2003, elle a obtenu le label ville d’art et d’histoire). Adeptes des consensus feutrés, plutôt centristes, les Angevins ne connaissent pas la tradition syndicaliste des Manceaux, plutôt à gauche. Pourtant, les vieux clichés de la terre bigote et de la cité rouge sont aujourd’hui quelque peu éculés. Le Mans l’ouvrière n’est-elle pas plus riche qu’Angers ? Laquelle ne compte-t-elle pas plus de logements sociaux ? Reste que les deux ne sont pas prêtes de marcher main dans la main, si ce n’est la collaboration qui s’amorce entre leurs centres hospitaliers respectifs. Déjà, sous l’Ancien Régime, les terres d’Anjou et du Maine s’ignoraient ou guerroyaient. Aujourd’hui, elles continuent de se tourner le dos. Se considérant comme une ville de l’ouest,Angers cherche à se rapprocher de Nantes. Témoin l’ANO (Angers-Nantes- Opéra), créé dans le cadre des contrats métropolitains (procédure lancée par l’Etat pour inciter les villes françaises à coopérer afin de mieux s’affirmer à l’échelle européenne). De son côté, Le Mans, qui regarde vers la capitale, a préféré s’allier à Laval et Alençon. Seule crainte des Manceaux : que la future ligne Paris-Rennes ne passe pas par sa gare centrale et contourne leur cité avec la construction d’une nouvelle gare à 10 kilomètres au nord.

Pour l’instant, leur principal antagonisme concerne le tracé du TGV : les Manceaux veulent que la future ligne Paris-Rennes passe par leur gare centrale, alors que la SNCF et les autres grandes villes l’ouest souhaitent contourner la ville à 10 kilomètres au nord pour gagner du temps. Les deux rivales seraient pourtant bien inspirées en dépassant leur opposition. Car en réalité, elles sont, comme Tours et Orléans, des petites grandes villes qui cherchent leur place, coincées entre deux forces d’attraction : d’un côté la métropole parisienne, à la fois aimant et repoussoir, de l’autre Rennes et Nantes. Attractives cependant, elles font partie d’une région dont la population a augmenté de 5% au cours de la décennie 1990. Mais si les Pays de la Loire ont mis le turbo en matière de création d’entreprises, avec une augmentation de 22% entre 2002 et 2004 (contre 18% en France), les départements ne sont pas tous égaux. Ainsi, les taux de création de Maine-et-Loire et de la Sarthe restent inférieurs à ceux de Loire-Atlantique et de Vendée. A charge pour Angers et Le Mans de mettre en avant leurs atouts pour séduire les entrepreneurs.

ANGERS LA BOURGEOIISE

DÉMOGRAPHIE

Son ère urbaine de plus de 330 000 habitants (270 000 intra muros) place Angers sur la 16ème marche du podium français. Et son attractivité a induit une évolution démographique de 8% entre 1990 et 2002, un taux de croissance supérieur au taux moyen des villes françaises de taille similaire. La population, elle, est de plus en plus jeune.

ENVIRONNEMENT

Ses toits couverts d’ardoise ont valu à la capitale de l’Anjou le titre de ville noire. Son environnement, lui, est tout rose. Et pas seulement grâce à son majestueux château médiéval. Car Angers a eu la chance d’avoir, avec la Maine et la Loire, deux cours d’eau tempétueux : de tout temps, les vastes zones inondables y ont été respectées. Du coup, après les horticulteurs, ce sont tous les Angevins qui profitent maintenant de zones naturelles préservées à deux pas du centre. Pas un site de la ville ne se situe à plus d’un quart d’heure d’une zone naturelle. Désireuse d’être reconnue comme la capitale du développement durable, Angers a multiplié les actions concrètes (déplacements urbains, lutte contre le bruit…). Elle n’a pas ménagé non plus ses efforts en matière d’espaces verts (630 hectares, soit 40 m2 par habitant) et de pistes cyclables. Ouverte en septembre 2004,Vélocité propose un parc de 500 vélos que l’on peut emprunter gratuitement. Enfin, des opérations Pédibus ont été lancées dans les écoles primaires pour dissuader les parents d’emmener les enfants en voiture à l’école et un plan de «déplacements entreprises» a été lancé afin de favoriser le covoiturage.

TRANSPORTS

«A une heure et demie de Paris, le TGV nous place assez loin pour ne pas être contaminés et assez près pour être utile et efficace », résume le maire, Jean-Claude Antonini. A l’ouest, seulement trois autoroutes raccordent Angers à Nantes, Cholet et Nantes. Qu’importe, la préfecture de Maine-et-Loire, incluse dans le réseau des villes de l’ouest depuis 1977, collabore mieux avec Nantes et Tours, avec lesquelles elle partage l’axe naturel de la Loire. Côté transports urbains, l’objectif est le même qu’au Mans : chasser les voitures du centre grâce à une ligne de tramway desservant la gare, la fac, l’hôpital et en profiter pour remodeler les quartiers traversés. La première ligne sera ouverte à l’horizon 2009.

EQUIPEMENTS

Une quinzaine de salles de spectacles et de concerts, 8 festivals d’ampleur nationale, un opéra partagé avec Nantes, un centre dramatique et un centre chorégraphique nationaux, une scène de musiques actuelles, le Chabada : ce sont là les équipements d’une métropole d’envergure régionale. Angers mène aussi côté sports et fait la différence avec son offre de soins, grâce à la présence du centre hospitalier universitaire. Mention très bien, enfin, pour l’éducation (2 universités, 8 écoles supérieures d’ingénieur et de commerce, 15 instituts ou écoles d’enseignement supérieur…). Car la ville, qui abrite la seule université catholique de tout l’ouest de la France, s’appuie sur une tradition universitaire multiséculaire.

 

ECONOMIE

L’Anjou se caractérise par un tissu industriel diversifié s’appuyant sur deux pôles : les technologies de l’information et de la communication et l’équipement automobile, regroupant chacun plus de 5 000 emplois. Le pays dispose également d’une filière végétale complète (productions végétales spécialisées, enseignement supérieur, recherche), forte de 15 000 salariés. Première région horticole des Pays de la Loire, l’Anjou a obtenu sa labellisation Pôle de compétitivité du végétal spécialisé en juillet 2005. L’agglomération angevine concentre, en outre, un pôle tertiaire supérieur important (santé, banque, assurances…). Preuve de son développement : 78% des créations d’emplois des deux dernières années relèvent des services. A noter l’absence d’endettement d’Angers, chose rare pour une métropole.

EMPLOI

Avec un taux de 9,4% (juin 2005), le chômage a progressé moins vite qu’au Mans. De fait, la préfecture de Maine-et-Loire affiche un dynamisme économique indiscutable. Au regard de l’évolution du nombre d’emplois (133 000),Angers a même carrément mis le turbo avec près de 14% de croissance au cours de la décennie 1990. Ses emplois qualifiés (6,4%) sont également plus nombreux qu’au Mans, ce qu’explique en partie son potentiel universitaire (28 000 étudiants). En revanche, si le revenu par habitant (14 602 €) est à peu près équivalent à la moyenne nationale (14 650 €), les revenus salariés des PME angevines, qui constituent l’essentiel du tissu économique local, font pâle figure comparées à ceux des grandes entreprises du Mans.

COMMERCE

Angers ne parvient à faire jeu égal avec Tours que pour les grandes surfaces alimentaires et ne l’emporte que pour la densité en restaurants. Mais la ville reste un territoire bien desservi commercialement.

CRÉATIONS D’ENTREPRISES

Avec 2 661 créations totales (dont 1 790 créations pures) en 2004, le Maine-et-Loire affiche un taux dynamique de 36 créations pour 10 000 habitants (contre 34 en Sarthe et 43 dans la région). Leur augmentation est ainsi de 13,7% par rapport à 2003 (contre 12,5% en région et 9% en France en 2004). En revanche, le bassin d’emploi d’Angers accuse un net retard, avec seulement 32 créations pour 1 000. 43% des homologations départementales concernent des commerces (1 163 nouveaux venus), autrement dit moins que la moyenne régionale (44,9%) et nationale (45,1%)

ACCOMPAGNEMENT

En Anjou, où fut créé, en 1979, le premier Club de Créateurs de France (ACREA), les apprentis entrepreneurs ont la chance de bénéficier d’un réseau plutôt dense. Ouverte en novembre 2003, la Maison de la Création et de la Transmission d’Entreprises est un centre d’accueil, d’orientation, de ressources et d’expertise. Les aspirants créateurs y ont accès, entre autres, à un espace informatique, des ateliers thématiques, des tuteurs… Symbole de l’Anjou d’excellence (végétal, productique et biotechnologies), Angers Technopole propose, sur 300 hectares, un incubateur, une pépinière d’entreprises (6 000 m2), deux parcs scientifiques et un réseau de services. Enfin, il existe de multiples accès aux prêts d’honneur, avec Pays d’Anjou Initiative, Pays de Loire Développement…

IMMOBILIER

La flambée de prix n’a pas épargné Angers, où une maison ancienne se vend en moyenne 166 300 € et un deux pièces récent se loue 380 € mensuels. Pour les plus grandes surfaces, les prix grimpent vite, jusqu’à dépasser 600 € pour quatre pièces. En revanche, le taux de taxe d’habitation est inférieur de 3 points à la moyenne nationale.

 

Site : www.tech-orleans.fr

 

Jean-Marc Risse, 42 ans, gérant de Jardiprix, à Angers

Quel est votre parcours ?

«Diplômé d’un BTS horticole, j’ai été acheteur d’articles de jardin chez Castorama, à Rennes, pendant treize ans, puis directeur général du groupe Nortene Jardin, à Levallois. Mais ma femme vivait à Angers, où nous venions d’adopter deux enfants vietnamiens. J’ai donc trouvé un poste de chef de produits chez Nortene Finances, un destockeur angevin. Je ne suis resté que trois mois, car je voulais me spécialiser dans le jardin. J’ai décidé d’exploiter une niche inédite de ce secteur, le hard-discount. Pour ne pas être confronté à la concurrence de grands groupes, j’ai choisi d’être un soldeur dédié au jardinage».

Comment ce projet a-t-il abouti ?

«J’ai commencé l’étude de marché en mars 2004. En juin, je démarchais mes premiers fournisseurs sur un salon. Mon réseau de contacts s’est avéré primordial. A la Maison de la Création et de la Transmission, j’ai bénéficié de conseils individualisés et suivi la formation “5 jours pour entreprendre”. Le plus difficile a été de trouver un local. L’offre est chère et peu transparente. Au bout de six mois de recherche, j’ai même failli tout abandonner ! En répondant à une petite annonce, j’ai rencontré un discounter de matériaux installé dans la zone d’activité de Beaucouzé. Il m’a rétrocédé 500 m2 de son local. Je suis également voisin d’un soldeur multi-produits. Ce pôle de soldeurs, situé à 10 minutes du centre d’Angers, crée une véritable attractivité».

Les débuts sont-ils satisfaisants ?

«Le lancement a été bien meilleur que prévu. Déjà, j’ai pu ouvrir en avril 2004, ce qui était essentiel : en France, 68% de l’activité jardin est réalisée de mi-février à mi-juin. J’avais investi 90 000 € (dont 40 000 en fonds propres). Mais c’est le versement des Assedic pendant un an qui m’a permis de recruter un salarié dès le premier mois, puis un deuxième en juillet. Les deux sont à temps plein : le magasin n’est fermé que deux matins par semaine et moi-même consacre 90% de mon temps à la recherche de marchandises destockées. Car notre positionnement se fait sur le prix. Toutes les charges ont d’ailleurs été limitées : pas de musique ni de chauffage ! Ces économies me permettent de vendre un abri de jardin 400 € au lieu de 800 chez Leroy-Merlin. Parfois, je rachète des stocks trop importants pour être écoulés dans une seule boutique. A moyen terme, je souhaite donc ouvrir d’autres magasins en France».

 

 

LE MANS L’OUVRIIÈRE

DÉMOGRAPHIE

Son aire urbaine de 293 000 habitants équivaut à celle d’Angers. Pourtant, son attractivité est bien moindre. Ainsi, les derniers recensements de l’Insee montrent que la vallée de la Seine, au contraire de l’Ouest, ne progresse pas. Le Mans a même connu un solde migratoire négatif entre 1999 et 2002.Aussi grande que Lyon mais avec trois fois moins d’habitants (146 000 âmes intra muros), la préfecture de la Sarthe a au moins le mérite d’offrir à la fois un habitat individuel très humain et des réserves foncières considérables.

ENVIRONNEMENT

En matière touristique, la capitale des rillettes et des bolides n’a rien à envier à sa voisine. Appelé ville rouge à cause des briques aux tons chatoyants de son ancienne enceinte fortifiée, Le Mans dispose d’un riche patrimoine historique, de la Cité Plantagenêt à la cathédrale Saint-Julien. Comme à Angers, son joli centre fait la part belle aux pierres médiévales. Avec l’arrivée du TGV, notamment, la cité a entrepris de faire peau neuve. Dès 1988, le côté sud de la gare et le quartier du Miroir ont subi un profond lifting. Objectif de cette rénovation : bâtir une véritable technopôle, autour du quartier d’affaires Novaxis, aujourd’hui une référence. Suivront bientôt la refonte du nord de la gare avec la création d’un pôle d’échanges multimodal.

TRANSPORTS

Jean-Claude Boulard, le maire, définit Le Mans comme «une grande ville avec Paris à sa porte». Naturellement tournée vers l’est, la cité des Cénomans a fait le choix d’une aire métropolitaine du Maine, avec Laval et Alençon, plus cohérente géographiquement et située sur l’axe Angleterre-Espagne _ un axe d’avenir avec l’ouverture de l’autoroute Rouen-Tours. Et compte sur le TGV, qui l’a déjà mise à moins d’une heure de Paris, pour renforcer cette proximité à l’horizon 2012. De façon générale, l’accessibilité est l’un des atouts phares de la ville, véritable noeud ferroviaire, mais aussi routier, avec pas moins de cinq autoroutes la raccordant à Paris, Rouen, Rennes, Angers et Tours. En outre, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire Atlantique) devrait voit le jour dans le futur. En matière de transports urbains, le projet de tramway a devancé celui d’Angers. Certes, une seule ligne est prévue mais elle couvre le tiers du réseau de bus actuel. Elle sera mise en service fin 2007.

EQUIPEMENTS

La capitale des comtes du Maine, ville de tradition ouvrière même si elle se peuple aujourd’hui de cadres à la vitesse du TGV, ne peut pas lutter avec Angers. Ni avec sa scène de l’Espal et ses 3 000 places de cinéma, ni avec sa toute jeune université du Maine, créée à la fin des années 1960, ni même avec sa magnifique salle sportive Antarès.

ECONOMIE

Le Mans, ses rillettes, ses 24 heures automobiles, ses assurances et… ses ouvriers. Ce dernier cliché a la vie dure. L’omniprésence de l’industrie mécanique et automobile y est pour beaucoup. Mais le TGV a déclenché une transformation économique profonde. Ainsi, le secteur tertiaire à haute valeur ajoutée s’est vu renforcé. Et de nombreux emplois ont pu être conservés : ceux, par exemple, des 3 600 salariés des Mutuelles du Mans Assurances, dont le départ avait été évoqué en 1998. MMA a finalement déménagé au centre Novaxis, le TGV reliant directement le siège parisien, situé à la gare Montparnasse. Ainsi, tout pousse Le Mans à regarder à l’est. A commencer par les liens industriels très forts tissés avec l’estuaire de la Seine, notamment dans le secteur de l’automobile.A l’avenir, la flambée des prix de l’immobilier parisien provoquera également une redistribution en faveur des villes situées sur cet axe Rouen-Tours. Autre enjeu de taille, celui de la matière grise. Certes, la technopôle fonctionne bien, mais le potentiel universitaire et de recherche (trois écoles d’ingénieurs) reste insuffisant.

EMPLOI

Avec une augmentation de 6,3% du nombre de ses emplois (112 000) pendant la décennie 1990, Le Mans fait mieux que la moyenne des 100 premières villes françaises (+3,6%), mais moins bien qu’Angers (14%). Son taux d’emplois hautement qualifiés (5,4%) est aussi plus modeste. En revanche, son taux de chômage (9% en juin 2005) est moins élevé. Affichant un revenu par habitant (15 017 €) supérieur à la moyenne nationale (14 650 €), les Manceaux sont d’ailleurs plus riches que leurs voisins. Les cadres-TGV qui vivent au Mans et travaillent à Paris l’expliquent en partie. La communauté urbaine du Mans devance également Angers sur la pression fiscale, avec un taux de taxe professionnelle inférieur de plus de 2 points.

COMMERCE

Grande distribution, commerce de détail, marchés de plein air : en la matière, la cité sarthoise est plutôt gâtée. Le commerce traditionnel indépendant de centre-ville semble être à l’aube d’une nouvelle ère. Ainsi, alors que le nombre d’entreprises commerciales de moins de 300 m2 n’avait cessé de diminuer depuis plusieurs décennies (-6,5% entre 1995 et 2000), la situation se stabilise sans conteste depuis 5 ans. C’est dans le domaine des loisirs, de la culture, du bricolage et du jardinage que l’embellie est la plus remarquable (+5% en dix ans). Dans l’alimentaire et l’équipement de la personne, au contraire, c’est la décrue.

CRÉATIONS D’ENTREPRISES

Avec 1 788 créations totales en 2004, soit 34 pour 10 000 habitants, la Sarthe ne fait pas aussi bien que le département voisin (36 pour 10 000) et reste largement en de ça de la moyenne régionale (43 pour 10 000). En deux ans, les créations de la Sarthe n’ont d’ailleurs augmenté que de 10%. Mais la proportion de commerces (857 nouveaux venus en 2004), de 47,9% pour le département, est nettement plus importante qu’au niveau régional (44,9%) ou national (45,1%).

ACCOMPAGNEMENT

Parmi les principales structures, on retiendra celle d’Angers Agglomération Développement, qui propose des services à la carte de soutien logistique destinés à favoriser l’intégration des cadres et de tout salarié transféré à Angers. En outre, elle gère et commercialise 1 000 hectares de bureaux, dédiés aux activités industrielles, commerciales, artisanales et technologiques.

IMMOBILIER

Même si le TGV, en mettant Le Mans à moins d’une heure de Paris, a fait flamber les prix de l’immobilier, les prix restent plus sages qu’à Angers, tant à l’achat qu’à la location. Témoin le prix d’achat moyen d’une maison ancienne, 117 700 € ou le loyer d’un deux pièces récent, de 348 €.A la location, seuls les studios (277 €) coûtent aussi cher qu’à Angers (278 €).

Site CCI : www.touraine.cci.fr

 

 

Bernard Montjoie, 55 ans, gérant de Montjoie Opticiens, au Mans

Quel est votre parcours ?

«J’ai travaillé dans l’optique pendant plusieurs années, d’abord comme vendeur, puis en tant que formateur. J’avais 50 ans quand j’ai été licencié, un âge où la recherche de travail devient compliquée. Après quelques remplacements dans des magasins, j’ai décidé de reprendre une boutique. Au cours de ma prospection, j’ai réalisé que l’investissement financier exigé pour une reprise était trop important et je me suis orienté vers une création. Vivant à Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), j’ai cherché autour du Mans, une ville que je connais bien depuis trente ans. Je suis à 50 minutes en voiture mais la route est très belle !»

Comment est née votre boutique ?

«Entreprendre en France m’a accompagné pour le montage du dossier. La recherche d’un local a duré près d’un an. J’ai finalement racheté les murs d’une ancienne bijouterie située en zone franche, près du centre commercial des Sablons, à 10 minutes du centre ville. L’avantage, c’est que je n’ai pas payé de pas-de-porte. J’ai emménagé en octobre 2003. Avec les 22 000 € investis, j’ai pu repeindre, acheter des présentoirs et constituer le stock. Dès le début, j’ai rejoint le groupement d’achat Alliance Optique, qui regroupe 1 200 magasins en France».

Quel bilan tirez-vous de votre lancement ?

«Les trois premiers mois ont été plutôt calmes, à cause de travaux dans la galerie marchande où je suis installé. Mais au bout de huit mois, le seuil de rentabilité était atteint. Malgré la concurrence, j’ai profité indirectement du chantier du tramway, qui a éloigné la clientèle du centre-ville. Le centre commercial attire également de nombreux clients. Outre quelques tracts distribués dans les boîtes aux lettres alentour, le bouche-à-oreille a bien marché. Les gens reviennent de plus en plus aux commerces de proximité. Mon chiffre d’affaires devrait atteindre au moins 150 000 € (hors taxes) en mai 2006. Quant à la CCI, elle continue de m’envoyer un expert trois fois par an dans le cadre du suivi des jeunes entreprises : une sorte de formation sur le terrain très rassurante».

 

 

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