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INDEPENDANT - SAGA
HACKETT
Saga d'une marque very british
Revue PIC-INTER - n°296 - Janvier - Février 2006
Depuis l'ouverture d’un premier magasin en
1983, Hackett est devenue
une marque de prestige tant en Grande–Bretagne que sur le
marché international du prêt-à-porter masculin.
Son but : habiller tous les hommes.
Portobello Road, printemps
1983. C'est ici, au coeur de
Nothing Hill à Londres, que
Jeremy Hackett et Ashley
Lloyd-Jenning se sont rencontrés. Ils
chinaient dans le plus grand marché
aux puces du monde à la recherche de
vêtements d’occasion haut de gamme.
Jeremy, né à Devizes dans le Wiltshire,
recherchait sans cesse les belles étoffes
qu’il aimait depuis l’enfance. «Mon père
travaillait dans le commerce du textile»
aime-t-il à rappeler. C’est donc à la
suite de cet heureux hasard que
Jeremy et Ashley créèrent leur société
avec l’ouverture d’une première boutique
Hackett sur New Kings Road où ils
vendaient des vêtements et accessoires
chinés dans les vides greniers et
les marchés aux antiquaires. Leur
truc à eux, c’était le haut de gamme.
Objectif : gagner la clientèle huppée de
Londres. Autrement dit, sortir du
vêtement traditionnel et réussir dans
le style «very british».
RICHEMONT HOLDINGS LTD
RENTRE EN SCENE
Jeremy Hackett, après s’être usé les
pantalons sur les bancs de l’école,
exerça un premier emploi dans la
boutique d’un tailleur de Bristol. Ce
premier job le poussa vers Londres. Là
il travailla pour la chaîne de vêtements
Village Gate, puis pour John Michael
chez Savile Row. On disait de lui
qu’il faisait les tendances. Son
association avec Ashley Lloyd-
Jenning fut certainement sa plus
belle réussite. Huit ans à
partager la même surface
transformée en laboratoire
d’idées. Huit ans pour
gagner un statut culte
parmi les élégants connaisseurs
de la capitale anglaise. La
notoriété de la boutique s’est
vite répandue au-delà des
frontières anglaises. Après les
Français, les
Italiens et
autres européens,
les
Américains et
les Japonais
font spécialement
le trajet
vers Kings Road
pour trouver «la»
tenue du plus pur
«style anglais».
Mais cela ne suffit
pas. Avec l’afflux
de clientèle, Jeremy
et Ashley planchent
sur la création
de vêtements
neufs réalisés
à partir de
fibres naturelles. Tout en respectant
le savoir-faire traditionnel. En
esthètes exigeants, ils veulent une
production made in England. «Nos
produits sont fabriqués avec les tissus les
plus fins réalisés dans les îles britanniques.
Seuls quelques modèles sont
faits en Italie», précise Jeremy Hackett.
En 1991, on comptait onze magasins
répartis à Londres et en Europe. C’est
à ce moment que Dunhill holding
PLC fit l’acquisition d’une part
majoritaire chez Hackett avec l’intention
de compléter ainsi ses propres
marques : Alfred Dunhill, Chloé et
Mont-Blanc. L’impact est tel que
Hackett ouvre une nouvelle boutique
phare sur Sloane Street en octobre
1992. On y cultive le goût du luxe.
L’espace est élégamment décoré en
pierre de Portland et parquet d’acajou.
La boutique vend tout, de la veste à la
chemise polo, du costume en tweed
aux boutons de manchettes en émail,
des caleçons aux bretelles et des
bottillons aux couvertures pour
bouillottes. Un salon de coiffure
complète le tout et les services d’un
tailleur permettent de répondre à la
demande des adeptes du sur-mesure.
Hackett a un autre credo : s’exporter
toujours plus. Au moment même où
la concurrence asiatique commence à
faire des ravages en Europe, la marque
anglaise résiste. Son positionnement
de niche haut de gamme la met, pour
un temps, à l'abri. La société atteint la
consécration en 1995 avec l’ouverture
d’une boutique sur la Rive
Gauche à Paris. S'ensuivent des
lancements plus ou moins remarqués.
Entre temps, Dunhill H PLC a fusionné
avec le Groupe Richemont
Holdings ltd. Ainsi, Hackett siège
désormais confortablement aux côtés
de noms illustres tels que Cartier ou
Baume et Mercier. L'arrivée de
Richemont Holdings ltd a agit comme
un électrochoc. Hackett a lancé un site
de distribution de gros qui compte
aujourd’hui plus de 250 comptes de
grossistes basés en Ecosse, au Pays
de Galles et en Irlande. La société a
également ouvert une concession au
Portugal et prévoit de pénétrer le
marché italien.
Les intérêts ne sont pas uniquement
limités aux vêtements. Pendant 10 ans,
la marque a sponsorisé Williams
Fox-Pitt, cavalier olympique de
concours complet qui compte à son
palmarès une médaille d’or aux
championnats
d’Europe. La société s’est attachée à
développer ce lien en s’intéressant
aux Championnats de Polo afin de
promouvoir le sport et les jeunes
cavaliers. Hackett fournit également les
tenues de soirée de l’équipe de rugby
d’Angleterre.
En août 2002, Hackett a décidé
de signer un contrat avec Jonny
Wilkinson, l’un des meilleurs joueurs
de l’équipe de rugby. «A 23 ans, il a
marqué plus de points pour l’Angleterre
qu’aucun autre joueur dans l’histoire et il
est déjà prédisposé à devenir l’un
des plus
grands», précise Jeremy Hackett. «Nous
étions engagés avec l’équipe d’Angleterre
depuis 1997. Il devenait logique de
sélectionner un individu de l’équipe pour
endosser la marque et Jonny est apparu
comme un choix évident. Et en plus c’est
un mec sympa». Ainsi, le talentueux
Jonny est devenue la vedette des
campagnes publicitaires de Hackett.
JONNY EN VEDETTE
Aujourd’hui, Jeremy Hackett, 50
ans, a laissé la direction de
l’entreprise à Sven Gaede,
un ancien de Gap Europe. A
ses heures perdues il apprécie
de parcourir le marché
de Portobello à la recherche
d’étoffes de qualité et autres
pièces pour décorer son
intérieur. Sa maison a
d’ailleurs figuré dans de
nombreux magazines. Il y a
vingt ans, le pouvoir était
aux mains de Jeremy Hackett
et de Ashley Lloyd-Jenning.
Aujourd'hui, Ashley qui a travaillé
pour Richemont, s'est retiré des
affaires en 2005 et apprécie une
retraite très active. Jeremy
Hackett reste totalement impliqué
dans l’entreprise et il se passe
rarement une semaine sans qu’on
puisse le trouver occupé à servir un
client dans l’une des boutiques. Sa
capacité innée à repérer les vêtements
et accessoires qui se vendront le
mieux est un facteur clé de la réussite
de la marque. Et comme dirait un client
croisé dans la boutique parisienne : «La
première fois que j’ai endossé un costume
Hackett, j’ai été complètement bluffé.
Cette marque a, sans conteste, fait bouger
les choses dans le prêt à porter français»
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DATE
DE NAISSANCE DE LA MARQUE : 1983.
NOMBRE DE BOUTIQUES : 15 dont 11 à Londres et plusieurs corners.
FABRICATION : Îles anglaises et Italie.
STATUT : La société Hackett vient d’être
vendue (2005) à la société Torreal, société espagnole
qui détient déjà Pepe jeans,Tommy Hilfinger...
CHIFFRE D’AFFAIRES : «Nous ne révélons
jamais des données financières», dit-on chez
Hackett. |
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numéro n°296
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Dossier INDEPENDANTS
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