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FRANCHISES - NOUVELLE FRANCHISE
la lingerie : Les dessous chic et choc
Revue PIC-INTER - n°291 - Mars - Avril 2005
Les dessous ne sont plus tabous. Les Françaises
sont de plus en plus nombreuses à fréquenter les boutiques
de lingerie. Plusieurs enseignes en franchise ont investi ce commerce
traditionnellement réservé aux femmes. Certaines cassent
les prix.
Le
marché de la franchise est particulièrement porteur ! lance
Patrick, franchisé de Body One, propriétaire de quatre magasins
à cette enseigne. J’ai l’impression de retrouver le
dynamisme du prêt-à-porter d’il y a vingt ans. J’ai
l’intention d’ouvrir encore plusieurs autres points de vente.»
De fait, le marché explose : à en croire un responsable
d’Etam lingerie, un des pionniers du secteur, la demande serait
plus forte que l’offre dans de nombreuses régions.
Explication : seule une minorité de femmes s’intéressait
à des dessous raffinés voici encore une dizaine d’années.
Aujourd’hui ce marché s’est complètement démocratisé.
Cible privilégiée : les très jeunes filles, mais
les femmes de tout âge se laissent aussi tenter. «J’ai
moi-même 23 ans et je pensais toucher une clientèle très
jeune, raconte par exemple Julie Ettinger, franchisée Valège
à Toulon, mais j’ai eu la surprise de constater que des femmes
de tous âges et de toutes catégories sociales entraient dans
ma boutique. Du coup, j’ai révisé mes objectifs de
chiffre d’affaires à la hausse !» Bernard Panie, Directeur
du développement de Cannelle est plus prudent : «Je dirais
que le marché se maintient bien, mais qu’il exige une certaine
prudence.»
PARTS DE MARCHÉ
- Hypers & Supermarchés 26,1%
- Magasins spécialisés 13,9%
- VPC 15,6%
- Chaînes spécialisées 26,5%
- Autres 3,4%
- Marchés & foires 2,6%
- Magasins populaires 3%
- Grands magasins 8,9%
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Des méthodes de gestion des stocks comparables à celles
du prêt-à-porter. Les prix aussi se sont démocratisés.
Ils ont d’ailleurs tendance à baisser : la progression en
volume de vente, entre 2003 et 2004 à été de 3,5%,
alors que la progression en chiffre d’affaires n’a pas dépassé
1%. A l’instar de celui du prêt-à-porter, les réseaux
– franchises et succursalistes - ont adopté le circuit court
à flux tendu et la gestion des stocks informatisée. Les
commandes sont passées à des sous-traitants installés
souvent dans des pays à très faible coût de fabrication.
Les stocks tournent très vite : les articles sont renouvelés
toutes les trois semaines dans une boutique Body One. Cette rotation rapide
permet de suivre la mode qui bouge très vite dans la lingerie aujourd’hui.
A en croire les organisateurs du Salon de la Lingerie, qui s’est
tenu en janvier dernier, la tendance actuelle serait «chic et choc».
La commission-affiliation, déjà utilisée par Etam
depuis très longtemps, convient parfaitement à ce commerce
: elle permet aux franchiseurs de maîtriser totalement production
et gestion des stocks. Même les enseignes qui ne l’utilisent
pas mènent des politiques «dirigistes» : «Chez
nous, le franchisé achète ses stocks, j’estime que
ça le responsabilise, mais une partie des nouveautés est
livrée d’office dans les magasins franchisés»,
explique par exemple Stéphane Tahar de Body One, une des enseignes
les plus dynamiques récemment entrée au second marché
de la Bourse. Ces techniques donnent un avantage incontestable aux réseaux
– franchises ou succursales – sur les commerces indépendants
dont la part de marché recule.
Les
techniques de vente ont elles aussi beaucoup changé. Jadis, on
entrait discrètement dans un magasin de lingerie et on demandait
à voir des modèles rangés dans des tiroirs. Aujourd’hui,
les modèles sont largement exposés sur des mannequins ou
dans des bacs. Les clientes circulent librement entre les linéaires.
Seule la lingerie de très grand luxe, qui pratique des prix élevés
et vend les grandes marques, continue à fonctionner à l’ancienne.
Et encore. Ainsi la styliste Chantal Thomas pronostique que le marché
de la lingerie va bientôt suivre celui de la parfumerie et qu’il
ne restera plus qu’une demi-douzaine d’enseignes nationales
d’ici quelques années ! Certaines enseignes ont d’ailleurs
déjà disparu, telle Sans Dessus Dessous qui a déposé
son bilan voici dix-huit mois. S’il est porteur, le marché
de la lingerie est en effet très convoité : plusieurs enseignes
d’origine étrangère sont récemment parties
à la conquête de l’hexagone, telle Calida (enseigne
suisse fabricant ses articles en Allemagne) et Women’secret (Espagnole).
La baisse des prix semble avoir profité davantage aux nouvelles
enseignes pratiquant des tarifs agressifs qu’aux leaders plus anciennement
implantés comme Etam, qui malgré ses succès impressionnants
à l’exportation, notamment en Chine où cette enseigne
a lancé 2 000 points de vente, a connu des difficultés sur
le marché français en 2004.
Chiffres clés
- 2,6 Mrd€ de chiffre d’affaires en 2004 (dépenses
des consommatrices de plus de 15 ans en lingerie)
- 1% de progression en chiffre d’affaires par rapport à
2003
- 3,5% de progression en volume par rapport à 2003
- 18,1% de la consommation française d’habillement
en chiffre d’affaires
- 103 € par an de dépenses de lingerie par Française
- 133 € par an pour les 15-24 ans
- 56 millions de soutien-gorge et 127 millions de culottes
vendues en France
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Décor, ambiance et sens
de l’accueil
Ce commerce est bien entendu, par nature réservé aux femmes,
éventuellement à des couples. A la condition que monsieur
joue le rôle de gestionnaire et ne mette pas les pieds dans la boutique,
tel Patrick pluri-franchisé de Body One déjà cité.
Au-delà des produits et des prix, l’ambiance que la patronne
saura faire régner dans sa boutique est primordiale. «Une
boutique qui marche, c’est une atmosphère, un service, une
relation humaine. Le contact avec les vendeuses doit être agréable,
les cabines d’essayage confortables», souligne la styliste
Chantal Thomas. Le succès de Valège, dont le concept consiste
à vendre des articles à petits prix dans un cadre luxueux,
semble montrer l’importance du décor. La philosophie de Body
One est cependant différente. «L’important n’est
pas d’avoir la plus belle boutique, mais la boutique la plus rentable
! affirme Stéphane Tahar. Et un retour sur investissement rapide.
Nous ne nous polarisons pas sur le décor, nous essayons de dépenser
le moins possible pour le magasin, ce qui réduit l’investissement
de nos franchisés et permet de multiplier les points de vente.»
La politique de développement et de recrutement de cette enseigne
est en effet particulièrement agressive.
Les
enseignes se distinguent aussi par leurs gammes de produits. Etam couvre
toute la gamme de prix, du cheap au luxe, alors que Body One et Valège
ne vendent que des articles à petits prix. Ces trois enseignes
vendent leurs propres collections sous leurs griffes, grâce à
des bureaux de style, intégrés chez Etam et Valège,
en free lance chez Body One, toujours pour réduire au maximum les
coûts fixes. Princesse Tam-Tam et Darjeeling vendent des articles
sous leurs griffes. Calida fabrique ses propres articles dans des usines
installées en Allemagne. En revanche les réseaux Orcanta
diffuse les grandes marques nationales de haut de gamme et dispose d’une
centrale d’achats. «Nous ne sommes pas vraiment en concurrence
avec les boutiques de luxe qui vendent des articles portant grandes marques,
affirme Julie Ettinger. Dans la galerie marchande où je suis installée,
on trouve par exemple deux autres magasins de lingerie, Chantelle et Darjeeling.
Nos commerces sont davantage complémentaires que concurrents, nous
touchons des clientèles différentes, même si certaines
clientes peuvent fréquenter les trois magasins.»
PETITES BOUTIQUES CONTRE GRANDES
SURFACES
Il semble donc que le luxe et les petits prix constituent deux marchés
parallèles et bien distinct. «La lingerie de luxe est un
commerce particulier, plus difficile que le notre. Par exemple, il est
beaucoup plus exigeant en matière d’emplacements et il y
règne une concurrence plus rude, ne serait-ce que parce qu’il
est beaucoup plus ancien», confirme Vincent Perez de Valège.
Enfin, la différence entre les réseaux porte sur les dimensions
des magasins. Petites boutiques de 50 m2 chez Body One, magasins de 100
à 200 m2 chez Etam, ce qui augmente considérablement l’investissement.
Contrairement à ce qui s’est passé dans d’autres
commerces féminins, telle la parfumerie et l’esthétique
beauté, on ne peut pas dire qu’on ait observé pour
le moment une tendance marquée à l’augmentation des
surfaces de vente. L’investissement nécessaire pour une grande
surface n’est pas toujours facile à rentabiliser. Mais, passée
la période d’expansion tout azimuts que nous vivons actuellement,
il n’est pas impossible que ce phénomène se reproduise
pour des raisons identiques : espace, choix, possibilité de circuler,
confort. Il ne semble pas non plus que l’exercice de ce commerce
exige un professionnalisme particulier, sinon celui de commerçante.
«C’est un commerce relativement facile, à condition
d’avoir le goût de la vente et le sens du contact avec d’autres
femmes», conclut Vincent Perez.
Les principaux RÉSEAUX
Haut de gamme
Orcanta : 64 magasins succursales vendant les grandes
marques.
Milieu-haut de gamme
Darjeeling : 80 magasins succursales vendant sa
propre marque.
Princesse Tam Tam : 70 magasins vendant des produits
sous sa griffe. Pratique une forme de partenariat..
Etam : 260 magasins en commission-affiliation,
couvrant les différents secteurs de la gamme. Vend les grandes
marques et ses propres articles.
Cannelle : 74 magasins dont la moitié en
commission-affiliation.
Petits prix
Body One, le “Tati” de la lingerie : Franchise
traditionnelle. Entrée au second marché de la en Bourse,
cette enseigne annonce une centaine de magasins mais semble connaître
un certain turn-over.
Valège : 46 magasins.
Soleil Sucré : Franchise lancée récemment
sur le créneau des petits prix. Commission-affiliation. |
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