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REGION - LANGUEDOC-ROUSSILLON
S'INSTALLER EN LANGUEDOC-ROUSSILLON
LA FORMULE DU BIEN-ETRE
Revue PIC-INTER - n°286 - Mai - Juin 2004
L’héliotropisme est de mise en Languedoc-Roussillon. Touristes en goguette ou aspirants entrepreneurs, les nouveaux arrivants ne cessent d’y affluer. Mais où le soleil brille-t-il le plus ? A Montpellier, sa dynamique capitale, ou à Perpignan, sa vassale catalane.
Mauvais temps sur l’emploi en Languedoc-Roussillon, qui détenait, fin 2003, le taux de chômage record de 13,8% de la population active (contre 9,7% en France). La région se console dans un étonnant paradoxe, puisqu’elle affiche, dans le même temps, un fort taux de création d’emploi.
La profonde mutation économique qu’elle a connu ces dernières années y est pour beaucoup, avec une industrie limitée, l’arrivée d’industries high-tech dans les technologies de l’information et de la communication (450 entreprises, des grands groupes comme IBM comme des PME récentes et innovantes), le développement du secteur de la santé (plus de 120 laboratoires de recherche), des énergies propres (éoliennes), l’essor du tourisme (3e rang français en terme de capacité d’accueil) grâce au développement du littoral et, surtout, le boom des activités tertiaires. Celles-ci représentent 76% de la population active et réservent une part importante aux contrats saisonniers touristiques.
Cette explosion générale du tertiaire a largement profité aux régions du sud de la France. Ainsi, le Languedoc-Roussillon s’est servi de ses 2500 heures annuelles de soleil, de son cadre de vie préservé et de son art de vivre méditerranéen comme autant de sirènes pour courtiser les entrepreneurs las de la grisaille du nord.
Et quand l’héliotropisme se superpose à l’attrait du high tech, la démographie s’envole… 2,5 fois plus vite que la moyenne nationale ! Les trois quarts des 2 295 648 habitants ne sont pas de la région. Or, le plus sûr moyen de s’y implanter est encore, bien souvent, d’y créer sa propre entreprise. L’INSEE révèle en effet que ce sont les micro-entreprises de 1 à 9 salariés qui créent
le plus d’emplois depuis 5 ans (+ 10,4% d’offres en 2003). Son taux de création de 13,4% place le Languedoc-Roussillon au 4e rang français. Une belle performance tirée, notamment par celles de Montpellier (Hérault) et de Perpignan (Pyrénées-Orientales). Petite étude pour aider l’aspirant créateur à faire son choix.
Montpellier la souveraine
Démographie :
Montpellier : 229 000 habitants
Hérault : 896 000 habitants
Chaque mois, environ 500 nouveaux arrivants débarquent en ville, dont la population (la 8ème française), qui a connu un taux de croissance record ces dix dernières années, devrait encore gonfler de 25% au cours des dix prochaines.

Environnement
Proximité de Paris, de Marseille, de la mer... et des vignobles, la capitale de la région, mise à un jet de wagon par le nouveau TGV, ne manque pas d’attraits pour les amoureux de province. D’autant plus que qu’elle a profondément modifié son visage urbain depuis 20 ans (nouveaux quartiers, comme Antigone, construits, centre-ville réhabilité...) et compte encore une dizaine de chantiers étalés sur les 8 ans à venir. Au programme : ZAC, nombreux espaces verts, piétonisation du centre et deux autres lignes de tramway...
Principal point noir : la démographie automobile augmente encore plus vite que la démographie humaine. Du jamais-vu, qui se traduit par une circulation très difficile.
Communauté
d’agglomération
32 communes, 380 000 habitants.
Montpellier Méditerranée compte 45% de la population active du département.
Sa Technopole (Direction du Développement Economique) prévoit, entre autres, une aide à la création d’entreprises innovantes, le lancement de nouvelles structures (zones d’activité, immobilier d’entreprise) ainsi que la prospection nationale et internationale...
Profil économique
Avec un tiers des cultures en vignobles du Languedoc-Roussillon, le vin rouge est roi en Hérault. Mais la matière grise est sa reine dans cette Silicon Valley, dont la capitale est riche de 60 000 étudiants et de dizaines d’établissements de recherche. Le ton fut donné avec l’installation d’IBM en 1965. Aujourd’hui, Montpellier "la surdouée" est tirée par les biotechnologies (2000 chercheurs) et les technologies de l’information et de la communication (7ème pôle français).
Emploi
Taux de chômage : 15%.
Une piètre performance pour l’Hérault, qui reste néanmoins le département qui crée le plus d’emplois dans la région, avec un nombre de salariés en hausse de 21% en 5 ans.
Création d’entreprises
Taux de création : 15 % en 2002.
Représente 43% des créations régionales
Malgré un solde positif, l’Hérault, qui avait connu situation plus favorable auparavant, a connu l’an passé l’une des évolutions les plus faibles en France (6% pour les créations pures et 5% toutes créations confondues). Un constat à nuancer, s’il est rapporté aux radiations (baise de 7,6%). Le secteur des services, lui, continue de battre des records.
Les pépinières ne manquent pas : le Centre Européen d’Entreprise et d’Innovation fondé en 1987 (sciences du vivant), Cap Alpha (300 entreprises innovantes accompagnées depuis 15 ans), la toute jeune Cap Omega technologies de l’information), ainsi qu’une pépinière à l’international, pour les entreprises exportatrices, montée en mars 2002.
Quand les créateurs se rencontrent
Lancé il y a 4 ans, le forum annuel de la création et de la transmission d’entreprise attire aujourd’hui 4500 visiteurs.
Vitrine d’excellence, la Cité des Entrepreneurs, lieu d’échanges autour de groupes-projets, est un outil inventé pour et par les patrons.
Quand les créateurs se retrouvent au zinc, c’est au bistrot de la finance ou de la technologie, rencontres organisées par la Cité ou la CCI.
Témoignage de créateur (Montpellier)
Nathalie Valls, 28 ans, gérante de Lilo Fruit

D’où vient l’idée d’un bar à jus bio ?
J’ai toujours été une grande consommatrice de jus de fruits frais, mais le concept n’étant pas nouveau, j’ai longtemps laissé dormir l’idée. Après trois ans de chômage et de petits boulots, une amie avocate m’a convaincue de la concrétiser, en m’offrant même un voyage aux Etats-Unis pour étudier leurs bars à jus. En avril 2003, j’ai commencé une étude de marché, ce qui m’était familier grâce à mon bac en vente-représentation, et la recherche d’un local. En octobre, j’ai finalement trouvé un lieu en centre ville, que j’ai ouvert le 13 février, après trois mois de travaux.
De quelles aides avez-vous bénéficié ?
Je me suis lancée avec un compte bancaire vide et la première fois que je suis allée à la boutique de gestion, on m’a dit que je rêvais un peu ! Mais j’ai réussi à me faire prêter de l’argent par des proches et j’ai pu emprunter le reste auprès des banques. La chambre de commerce m’a ensuite aidée à monter un dossier Accre. Le plus dur, c’est de connaître toutes les formalités. Pour toute la paperasserie, les conseils de mon amie avocate, qui est associée à hauteur de 10 %, sont très précieux.
Comment voyez-vous l’avenir ?
Le bouche à oreille a immédiatement fonctionné. Quelques jours après l’ouverture, j’étais complète à l’heure du déjeuner. Car je fais de la restauration pour compléter ma carte de jus, qui compte une dizaine de parfums. Pour tout, je me fournis auprès d’une centrale d’achat de produits biologiques. Bientôt, j’aurai quelques tables en terrasse. Je prévois d’atteindre l’équilibre l’année prochaine. En attendant, je travaille ailleurs le samedi soir pour m’assurer un petit salaire. Réaliser ce projet a réveillé toute la créativité qui dormait en moi !
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Perpignan
la catalane
Démographie
Perpignan :105 000 habitants.
Pyrénées Orientales :
408 707 habitants.
Avec l’arrivée de 75 000 habitants entre 1990 et 1999, la cité enregistre un impressionnant solde migratoire, qui explique la hausse importante de population : 0,86% sur dix ans.
Environnement
Lovée au pied du Canigou, Perpignan bénéficie d’un environnement préservé, avec la grande bleue à un quart d’heure, la montagne à une heure de route.
La proximité de Toulouse et Montpellier (environ 200 km) la rend plus attractive et la cannibalise à la fois. Mais c’est encore sur la Catalogne espagnole que la ville, riche d’une culture régionale toujours vivace, lorgne le plus. Notamment grâce au TGV, qui, en 2005, reliera Barcelone en 45 minutes, propulsant le département dans une région comparable à l’Ile-de-France.
Dernier atout, et de taille, les logements restent encore bon marché...
Communauté
d’agglomération
17 communes,
189 665 habitants.
Perpignan Méditerranée est le siège d’une eurorégion devenue le passage obligé du commerce de l’Arc méditerranéen.
Petit avantage non négligeable, elle bénéficie, depuis 1998, du régime d’une taxe professionnelle unique. Et une grande partie du territoire, notamment les sites économiques, a accès aux aides financières européennes.
Profil économique
Importante manne financière, le tourisme, malgré tout bien portant, a tendance à stagner. Mais, comme sa rivale, Perpignan mise sur les nouvelles technologies. Tecnosud, un pôle étalé sur 20 hectares, leur est même dédié, ainsi qu’à la formation et à la recherche. Par ailleurs, de nombreux laboratoires de recherche ont essaimé dans le département.
Emploi
Taux de chômage : 13,6%
Le dynamisme économique n’est pas le point fort des Pyrénées Orientales qui font partie des champions du chômage et du RMI. Toutefois, le chômage reste stable, quand il augmente souvent ailleurs.
Création d’entreprises
Taux de création : 17,4% en 2002.
Représente 20% des créations régionales
En 2003, ce département assez rural a connu l’une des plus fortes progressions des créations en France et tire largement celle du Languedoc-Roussillon vers le haut. Cette hausse (21% pour les créations pures et 13% si l’on inclut les transmissions et les réactivations) est tirée par l’artisanat (alimentation et construction), les services et, surtout, les commerces.
A Rivesaltes, Plein Sud entreprises Perpignan constitue l’unique pépinière d’entreprises.
A savoir : Davantage que sa voisine, Perpignan joue la carte maritime, avec Nautéa, technopole nautique de Méditerranée qui dispose, pour les PME spécialisées, de ports, de terrains, de moyens logistiques, de laboratoires et autres programmes de formation.
Quand les créateurs se rencontrent
Il y a environ un an, deux associa- tions ont vu le jour :
1. Créa-pole, un club de créateur
des Pyrénées Orientales initié par
la chambre de commerce.
2. Club Export 66, instrument de
promotion des entreprises exporta-
trices du département.
Témoignage de créateur (Perpignan)
Frederic Cervellon, 28 ans, cofondateur

Comment est née votre marque vestimentaire ?
D’un match de rugby Perpignan/Narbonne, au cours duquel nous avons réellement pris conscience de la ferveur catalane. Avec ma compagne, Cécile Hernandez, et son frère, Olivier, nous avons donc créé, fin 2001, ce label identitaire à l’image des Pyrénées orientales. On a sous-traité la fabrication d’une première collection de tee-shirts, qui ont séduit plusieurs magasins, tels Decathlon et Sport 2000. Au bout d’un an, après avoir suivi, à la chambre de commerce, des réunions hebdomadaires en création et en gestion, nous avons pu ouvrir notre propre boutique, avec une soixantaine de références textiles pour hommes, femmes et enfants.
Quelle est votre stratégie marketing ?
Nous faisons du sportswear chic. Avec un logo sobre et graphique, des lignes simples, nous visons aussi bien le danseur hip-hop que le notaire. Nous avons développé des contrats d’image avec quatre rugbymen de l’USAP, nous habillons également les Djs d’un label local. Enfin, nous sommes partenaires de soirées ou d’événements sportifs tels que le festival de sport extrême, rediffusé sur MTV. Nous apportons beaucoup de soin au travail de notre image.
Quels sont vos projets ?
A ce jour, on a vendu plus de 20 000 tee-shirts. Si nous recevons nous-mêmes les clients en boutique, nous n’avons pas complètement abandonné nos anciennes activités. Car pour l’instant, on réinvestit tout ce qu’on gagne, mais l’on espère être rentable en 2005. D’ici là, nous allons développer d’autres gammes : chemises, sous-vêtements, casquettes et autres accessoires. Nous allons donc multiplier les licences, y compris avec un distributeur de vin qui utilisera ainsi notre nom contre royalties. Notre objectif est de nous développer dans toute la France.
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Sommaire numéro n°286
Sommaire Dossier REGIONS
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