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FRANCHISES - ENQUETE
PEUT-ON TROUVER
UNE FRANCHISE
À MOINS DE 50 000 € D’APPORT ?
Revue PIC-INTER - n°286 - Juillet 2004
A l’occasion du Salon de la Franchise, nous avons fait notre marché. Nous avons essayé de savoir s’il était possible de se lancer dans le commerce en franchise avec un investissement inférieur ou égal à 50 000 €. Compte tenu de tous les frais liés à l’ouverture d’un point de vente, le choix reste limité.
Le premier problème auquel se heurte le candidat à la franchise qui n’entend pas investir plus de 50 000 € tout compris, c’est celui de l’emplacement. Il faut savoir en effet que le droit au bail représente bien souvent à lui seul une part de l’investissement total supérieur au coût de l’aménagement, des stocks et des droits d’entrée demandés par le franchiseur. Sont donc éliminés d’office toutes les enseignes qui requièrent des emplacements N° 1 ou 1 bis dans des agglomérations importantes. Difficile en effet de trouver un magasin, même de 30 ou 40 m2, dans une des meilleures rues commerçantes d’une ville de 100 000 habitants, à moins de 50 000 €. Et il faut beaucoup de chance pour arriver au bon moment dans un nouveau centre commercial et éviter ainsi de payer un droit au bail élevé. Encore convient-il de préciser que de nombreux centres demandent désormais des tickets d’entrée équivalent à un ou deux ans de loyer.
Le commerce traditionnel :
des emplacements
trop coûteux
Une franchise de prêt-à-porter féminin parmi les moins gourmandes, Scottage, évalue à 45 000 € minimum l’investissement indispensable hors achat du magasin. A condition de dégoter une boutique de 50 m2 relativement bien placée sans bourse délier – ce qui suppose le plus souvent un loyer plus élevé que la moyenne -, vous pouvez donc espérer vous lancer dans ce commerce sympathique. On notera à ce propos que ce réseau vient de lancer une seconde enseigne – Le vent du moment - destinée à écouler ses invendus dans les petites localités de moins de 50 000, voire moins de 30 000 habitants. L’investissement est donc plus modeste, mais le concept est jeune et n’a pas encore prouvé sa rentabilité… "Il n’y a pas beaucoup de places, précise d’ailleurs Patricia Forest, directrice du développement de cette enseigne, car on ne peut pas construire un réseau très important sur cette base."
Autre concept sympathique, Le Bonhomme de bois, un commerce de jouets à l’ancienne, se contente lui aussi d’un investissement légèrement inférieur à 50 000 €, à condition toujours de disposer d’un magasin. On notera que ce franchiseur pratique la commission affiliation : il demeure propriétaire des stocks et rémunère ses affiliés par une commission, ce qui limite l’investissement de départ. L’enseigne de lingerie Valège demeure elle aussi modeste : elle établit même l’investissement de départ à 30 000 €, toujours hors magasin. Mais ce commerce exige néanmoins un emplacement à fort passage…
La restauration livrée à domicile : le travail peut parfois pallier le manque de moyens.
Une solution consiste donc à s’orienter vers des activités qui peuvent se contenter d’un emplacement situé à l’écart des rues les plus commerçantes… et les plus chères. Ce sont pour la plupart des activités de services qui n’attirent pas principalement leur clientèle par leurs vitrines et ne s’adressent pas ou peu aux passants. C’est le cas par exemple de la restauration livrée à domicile : un laboratoire installé dans un local à l’écart des principales rues et une flotte de mobylettes suffisent pour fabriquer et livrer des pizzas. Néanmoins, la plupart des enseignes les plus connus, telles Domino’s pizza, Pizza Hut ou Speed Rabbit, sont plus exigeantes. D’une part parce qu’elles veulent s’assurer de la solidité financière de leurs partenaires, d’autre part parce qu’elles parient maintenant aussi sur la restauration à emporter, voire sur la restauration sur place, pour compléter leur chiffre d’affaires. "Nous nous orientons vers des emplacements plus grands et mieux placés, donc un investissement plus important," souligne également Jean-Marc Sonolet, Pdg de Class’croute. Seul peut-être Pizza Sprint, un jeune réseau implanté uniquement dans l’Ouest pour le moment, se contente d’un investissement plus faible. "La personnalité du franchisé m’intéresse davantage que ses moyens," dit Franck Guégan, dirigeant de ce réseau. "C’est avant tout l’énergie du patron du point de vente qui compte dans ce métier."
L’activité consacrée à la restauration la moins coûteuse au départ que nous ayons trouvée semble être Tradition Bretagne : 40 000 € en tout. On entre en effet dans le service pur : il n’y a aucun magasin, un local de 100 à 130 m2 suffit pour stocker le matériel. Les produits, à base de crêpes bretonnes, sont fabriqués devant les clients à l’occasion de fêtes familiales ou de manifestation d’entreprise. Les talents de commerciaux des franchisés doivent alors remplacer la vitrine et l’enseigne… Notons enfin , toujours dans la restauration, les points de vente mobiles de Piazetta Buitoni (une fourgonnette Renault aménagée), qui ne coûtent tout compris que 38 000 €. Dans tous ces métiers de bouche, la clé de la réussite reste l’énergie du franchisé qui doit s’attendre à des semaines de travail plus proches de 70 heures que de 35. C’est grâce à un investissement personnel considérable que certains sont parvenus à monter des affaires très rentables avec de faibles moyens, tel Kamel Boulahid le franchisé vedette de Domino’s pizza, aujourd’hui à la tête de 12 points de vente, qui s’est lancé avec 15 000 € en poche en 1990… Mais, comme nous l’avons vu, son franchiseur est plus exigeant aujourd’hui.
Reste donc une dernière solution : abandonner le commerce pur pour le service ou un rôle proche de celui d’agent commercial. L’intérêt évident est qu’il n’y a ni local ni stocks à acheter dans la plupart des cas. Pour moins de 50 000 €, on peut par exemple acquérir une camionnette dédiée à la vente de l’outillage Fobi. Le franchisé effectue des tournées, procède à des démonstrations et vend des produits exclusifs à des artisans et des PME.
10 franchises à moins de 50 000 €
- Le vent du moment.
Prêt à porter féminin. Distribution des invendus de l’enseigne Scottage dans les petites localités.
Investissement : 50 000 € environ.
Nouvelle enseigne.
- Basic System.
Concept de rénovation de sols et plafonds.
Le réseau vient d’être racheté. Une centaine de concessionnaires.
Investissement : 35 000 € environ.
- Agenda.
Diagnostic immobilier : amiante, termites, loi Carrez etc. Une centaine d’affiliés. Rentabilité étroitement liée aux capacités commerciales du franchisé. Investissement : 40 000 à 50 000 € environ.
Rivalis. Audit de TPE à l’aide d’un logiciel conçu par le franchiseur.
Investissement : 30 000 € environ.
Rentabilité très variable d’un concessionnaire à l’autre.
- Bretagne tradition.
Préparation de réceptions et fêtes de famille ou d’entreprise avec des repas à base de crêpes bretonnes.
Investissement : 40 000 €.
- Pizza sprint.
L’enseigne de livraison de pizzas la moins chère. Implantée uniquement dans l’Ouest pour le moment. Investissement minimum : 50 000 €.
Husse. Vente de produits pour animaux à domicile et sur les marchés.
Investissement : 150 000 €.
Véhicule indispensable.
- Piazetta Buitoni.
Fabrication et vente de pizzas à bord d’un point de vente mobile :
une Renault Kangoo spécialement aménagée. 38 000 €.
Ink’eko. Vente et recharge de toners recyclés imprimantes, avec ou sans boutique.
Cible : les PME et professions libérales.
Investissement en matériel : 400 000 € environ.
- Age d’or services.
Agences de Services aux personnes âgées dépendantes.
Investissement : 50 000 € environ.
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Services :
faibles investissements
mais rentabilité discutable
Dans un domaine très différent, Rivalis propose à ses partenaires de vendre des audits et des conseils aux TPE, à l’aide d’un logiciel de son invention. De l’avis général, le logiciel est très performant, mais les résultats sont étroitement liés aux talents commerciaux des franchisés. Sur les 150 concessionnaires affichés par Rivalis, peu nombreux sont ceux qui parviennent à gagner leur vie avec cette seule activité. Au point que le franchiseur a revu sa copie à plusieurs reprises. Parmi les franchises "à bon marché", on comptait aussi voici quelques années quelques enseignes d’origine nord américaine consacrées aux nettoyage des sols et plafonds ou à d’autres activités manuelles du même ordre. Cette fois, ce sont les bras du franchisé qui remplacent ses capitaux. Mais aucune de ces franchises, dont certaines comptent pourtant des centaines voire des milliers d’affiliés outre-Atlantique, n’a encore réussi à s’imposer en France. Parmi les plus récentes, sur le créneau des petits transports, notons l’arrivée de l’Australien Fastway, une franchise relativement peu coûteuse pour le franchisé "de base", car ce concept fonctionne à deux étages, avec des franchisés régionaux chargés de chapeauter des transporteurs. Certains spécialistes sont d’ailleurs réticents face à des formules pyramidales. Il est encore difficile de dire si cette enseigne réussira à percer. En revanche, se sont multipliées récemment les franchises consacrées aux diagnostics immobiliers : Agenda, Alizé, ATX etc. Une activité qu’il est possible d’exercer à domicile, à condition de disposer d’un véhicule et d’un petit matériel. L’investissement reste donc inférieur à 50 000 € et comprend essentiellement la formation vendue par le franchiseur et un petit matériel. Les analyses les plus complexes sont parfois sous-traitées, ce que critiquent certains professionnels de l’immobilier. Quant à la rentabilité, elle n’est pas toujours au rendez-vous, mais les risques restent limités.
Les 6 conseils de PIC
- Ne sous-estimez pas vos charges. Se lancer avec un investissement limité est évidemment un avantage intéressant. A condition de ne pas se retrouver ensuite coincé par des problèmes de trésorerie. Au delà de l’investissement minimum de départ incontournable, établissez un prévisionnel précis en tenant compte de toutes vos dépenses.
- Songez aux fonds de roulement. Une fois la boutique lancée, il faut tenir jusqu’à ce qu’elle rapporte suffisamment. Il est rare qu’un commerce, quel qu’il soit, atteigne son seuil de rentabilité avant deux ans. D’ici là, vous devrez faire face aux frais… et vivre vous même.
- Attention aux charges financières. Quand vos moyens sont trop justes pour choisir une franchise qui vous séduit, il est tentant d’emprunter davantage. Mais des frais financiers excessifs risquent de "plomber" votre affaire.
- Un bon franchiseur est toujours exigeant sur le financement. En refusant votre candidature parce que vos moyens sont trop justes, le franchiseur vous rend un service. Ne faites pas le forcing pour vous faire accepter et méfiez vous d’un franchiseur concurrent qui vous accueillera à bras ouverts.
- C’est le rapport qualité/prix d’une franchise qui compte. Ne cherchez pas la franchise la moins chère ! Il en va d’une franchise comme d’une voiture ou d’une paire de chaussures : la mauvaise qualité est toujours trop chère.
- Attention aux vendeurs de vent. C’est dans les "petites franchises" de service à bon marché qu’on rencontre le plus grand nombre de vendeurs de vent qui ne songent qu’à toucher des droits d’entrée, par exemple sur le créneau des agences matrimoniales. Assurez vous de la réalité du savoir faire de ces franchiseurs à petits prix.
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