Vendre un commerce


La cession de clientèle

• Comment effectuer l’évaluation des cabinets libéraux

On distingue 3 méthodes différentes :

1. La valeur patrimoniale ou les prix des actifs :

Cette première méthode permet de déterminer la valeur d’un cabinet libéral à partir du prix de ses actifs. Ceux-ci sont valorisés à partir du chiffre d’affaires auquel un pourcentage est ajouté. La valeur réelle de ce pourcentage reste toutefois le principal handicap de cette méthode. Pour obtenir un chiffre précis, il faut en effet effectuer des observations constantes et exhaustives des ventes de cabinets. Ce genre de transactions n’est pourtant centralisé qu’en de rares cas.

Il est aussi important de garder en tête que les chiffres d’affaires entre 2 cabinets libéraux exerçant dans le même domaine ne sont pas obligatoirement pareils. Ils peuvent avoir le même volume d’activité mais une structure de coûts différente. Dans ce cas, il faut prendre soin de ne pas valoriser le chiffre d’affaires sous peine de provoquer un déficit.

Pour un cabinet en société, les actifs évalués au prix du marché sont ajoutés aux capitaux propres. Il faut ensuite déduire les valeurs comptables correspondant aux actifs réévalués pour ne garder que la plus-value. Les dettes sont soustraites du résultat pour finalement obtenir la valeur patrimoniale.

Pour un cabinet individuel, la valeur patrimoniale équivaut à la valeur des actifs réévalués au prix du marché à partir du moment où la vente concerne un fonds libéral et non des titres.

2. La valeur de rendement :

L’estimation de la valeur de rendement consiste à capitaliser les profits obtenus. Un coefficient aux bénéfices réalisés est appliqué au résultat des 3 derniers exercices. Il est compris entre 3 et 7 selon les critères positifs ou négatifs révélés après le diagnostic général de l’entreprise.

Tout comme la valeur patrimoniale, cette méthode nécessite une observation des diverses cessions de cabinet durant une large période afin d’obtenir un coefficient précis. Il existe cependant plusieurs cas où le bénéfice du cabinet libéral n’est pas significatif. Certains frais généraux sont en effet indépendants des exigences utiles au fonctionnement du cabinet. Les investissements futurs et le besoin en fonds de roulement ne sont pas considérés au cours de l’estimation du bénéfice.

3. La valeur du banquier ou la capacité à pouvoir rembourser un emprunt :

Cette méthode consiste à déterminer le montant qui permettrait au repreneur de s’acquitter de son emprunt d’achat sans toutefois handicaper ses revenus. L’acquéreur conserve ainsi une rétribution se rapprochant de celle à laquelle il aurait droit en tant que salarié.

En premier lieu, le calcul de cette valeur prend en compte le remboursement d’un prêt équivalant au prix total du cabinet libéral. Les capitaux apportés par le repreneur sont aussi rémunérés. Ensuite, une charge fiscale particulière est prise en compte dans le calcul. Les bénéfices destinés au remboursement de l’emprunt sont ainsi imposés au niveau du repreneur (IR) ou au niveau de la société ayant racheté le cabinet (IS). Finalement, d’autres charges sont ajoutées au calcul. Il s’agit du financement des matériels et des installations ; de la valeur du besoin en fonds de roulement ; et du salaire du repreneur (cette dernière charge équivaut au salaire brut d’un travailleur ayant le même diplôme et la même expérience professionnelle).