Vendre un commerce


Méthodes de rentabilité

1. Présentation :

Les méthodes de rentabilité permettent d’obtenir une vision de l’entreprise. Elles peuvent éventuellement être associées à d’autres méthodes pour obtenir une valeur plus proche de la réalité. Ces méthodes s’appliquent en général aux entreprises de plus de 5 salariés.

• Principe :

Ces méthodes partent du principe selon lequel la valeur d’une entreprise dépend de sa rentabilité. Le résultat, dit typique (résultat dans le passé et résultat probable dans le futur), est ainsi pris en compte. Ce résultat est valorisé par actualisation à un taux i. Ce taux i représente le taux de rendement recherché et prend en compte le risque que la rentabilité ne soit pas présente. La valeur de l’entreprise (VE) est alors obtenue par la formule :

VE= (résultat typique)/(le taux i).

D’une autre manière, on peut aussi affirmer que la valeur d’un fonds de commerce équivaut à un certain nombre de fois ses résultats. Pour un taux i de 20 %, la valeur est un multiple de 5 (VE=1/20 soit 5), d’où :

VE= Résultat x M.

Le M est un multiple permettant de déterminer le taux de rendement annuel espéré. Par exemple, pour M=2, le taux de rendement annuel est de 50 % ; pour M=4, il est de 25 % ; pour M=6, il est de 17 % ; et pour M=10, il est de 10 %. La valeur d’une entreprise est donc moindre si le taux de rendement espéré est élevé. Le repreneur n’achètera en effet à prix élevé qu’une entreprise qui sera certaine de faire des profits réels.

• Résultat à prendre en compte :

Les résultats pris en compte par les professionnels sont divers. Il peut s’agir de l’excédent brut d’exploitation (EBE/EBITDA), de l’excédent net d’exploitation (ENE/EBIT), du résultat courant avant impôt (RCAI), du résultat net (RN) ou de la capacité d’autofinancement (CAF) aussi appelée cash-flow d’exploitation.

• Multiples sur résultats à prendre en compte :

La gamme de multiples à appliquer dépend du solde intermédiaire de gestion que l’on retient. Il est donc impossible de proposer une table systématique. Les équivalences entre ces gammes de multiples sont toutefois bien connues des professionnels.

• Le bon niveau de multiple :

Plus le multiple sur l’ENE sera faible, plus le repreneur récupèrera rapidement l’équivalent de son investissement sous forme de résultat net. Par exemple, pour un multiple de 2, le repreneur devra patienter 3 ans. En revanche, si ce multiple est élevé, le montant de l’investissement ne sera récupéré qu’après quelques années d’activité (10 ans pour un multiple de 6 ou 7). Le délai de retour sur investissement dépend toutefois de la solidité des résultats du fonds de commerce et de son potentiel de croissance.