Vendre un commerce


Étape 3 : valoriser votre bien

Méthodes de rentabilité

1. Présentation :

Les méthodes de rentabilité permettent d’obtenir une vision de l’entreprise. Elles peuvent éventuellement être associées à d’autres méthodes pour obtenir une valeur plus proche de la réalité. Ces méthodes s’appliquent en général aux entreprises de plus de 5 salariés.

• Principe :

Ces méthodes partent du principe selon lequel la valeur d’une entreprise dépend de sa rentabilité. Le résultat, dit typique (résultat dans le passé et résultat probable dans le futur), est ainsi pris en compte. Ce résultat est valorisé par actualisation à un taux i. Ce taux i représente le taux de rendement recherché et prend en compte le risque que la rentabilité ne soit pas présente. La valeur de l’entreprise (VE) est alors obtenue par la formule :

VE= (résultat typique)/(le taux i).

D’une autre manière, on peut aussi affirmer que la valeur d’un fonds de commerce équivaut à un certain nombre de fois ses résultats. Pour un taux i de 20 %, la valeur est un multiple de 5 (VE=1/20 soit 5), d’où :

VE= Résultat x M.

Le M est un multiple permettant de déterminer le taux de rendement annuel espéré. Par exemple, pour M=2, le taux de rendement annuel est de 50 % ; pour M=4, il est de 25 % ; pour M=6, il est de 17 % ; et pour M=10, il est de 10 %. La valeur d’une entreprise est donc moindre si le taux de rendement espéré est élevé. Le repreneur n’achètera en effet à prix élevé qu’une entreprise qui sera certaine de faire des profits réels.

• Résultat à prendre en compte :

Les résultats pris en compte par les professionnels sont divers. Il peut s’agir de l’excédent brut d’exploitation (EBE/EBITDA), de l’excédent net d’exploitation (ENE/EBIT), du résultat courant avant impôt (RCAI), du résultat net (RN) ou de la capacité d’autofinancement (CAF) aussi appelée cash-flow d’exploitation.

• Multiples sur résultats à prendre en compte :

La gamme de multiples à appliquer dépend du solde intermédiaire de gestion que l’on retient. Il est donc impossible de proposer une table systématique. Les équivalences entre ces gammes de multiples sont toutefois bien connues des professionnels.

• Le bon niveau de multiple :

Plus le multiple sur l’ENE sera faible, plus le repreneur récupèrera rapidement l’équivalent de son investissement sous forme de résultat net. Par exemple, pour un multiple de 2, le repreneur devra patienter 3 ans. En revanche, si ce multiple est élevé, le montant de l’investissement ne sera récupéré qu’après quelques années d’activité (10 ans pour un multiple de 6 ou 7). Le délai de retour sur investissement dépend toutefois de la solidité des résultats du fonds de commerce et de son potentiel de croissance.

2. Avantages et inconvénients :

• Avantages :

- Ces méthodes sont simples et rapides à mettre en œuvre ;

- Les performances économiques de l’entreprise servent de base pour déterminer sa valeur. Le repreneur peut ainsi se faire une idée réelle du coût du fonds de commerce ;

- Ces méthodes permettent de cadrer la plage de valeur ;

- Elles permettent d’avoir une vision de la valeur de la dette d’acquisition par rapport aux résultats probables de l’entreprise ;

- Le cédant et le repreneur peuvent utiliser ces méthodes en appliquant leurs propres suppositions.

• Inconvénients :

- Ces méthodes ne prennent pas en compte la valeur du bien à acquérir. Elles peuvent être un handicap pour le repreneur ;

- La fourchette de multiples à appliquer est large et leur choix est souvent difficile à justifier ;

- Les soldes intermédiaires de gestion et les multiples peuvent être confondus ;

- L’utilisation de ces méthodes peut être pénible (dans le cas où l’actif net comptable est supérieur à la valeur de l’entreprise ou lorsque la reprise nécessite moins de 100 000 euros de capitaux).

• Application :

L’application des méthodes de rentabilité nécessite de prendre les comptes de résultat des 3 dernières années d’activité. Le repreneur devra ensuite choisir le solde intermédiaire de gestion qui lui permettra d’obtenir la vraie valeur économique de l’entreprise. Des corrections sont ensuite appliquées afin d’obtenir une valeur se rapprochant au mieux de la réalité économique du fonds de commerce. Ces corrections sont la rémunération du travail du cédant et de sa famille, le montant des loyers, les événements exceptionnels du passé, les provisions de confort (qui ne correspondent à aucun risque de charge ou de dépréciation) et les lacunes de provisions pour des événements récurrents ayant un impact négatif sur la rentabilité de l’entreprise. L’impôt sur les sociétés doit être recalculé en fonction de ces corrections afin d’obtenir un résultat net d’impôt.

Les 3 résultats annuels corrigés nécessitent éventuellement d’être pondérés. Cela permet d’obtenir des résultats représentatifs de la situation réelle de l’entreprise. Cette pondération se fait comme suit :

- 3 au dernier résultat ;

- 2 à l’avant dernier ;

- 1 au plus ancien.

Les 3 résultats obtenus doivent ensuite être additionnés. Le total obtenu est divisé par 6 afin d’obtenir un bénéfice annuel moyen pondéré spécifique des 3 années d’activité écoulées :

Bénéfice moyen pondéré = Total des résultats corrigés/6.

Ce bénéfice moyen est ensuite multiplié par un multiple. Le choix du multiple se fait suivant la nature et l’importance des points forts et des points faibles repérés lors du diagnostic du fonds de commerce.

Une évaluation de la trésorerie est alors effectuée. La trésorerie est la liquidité et le placement en trop dont dispose l’entreprise. Elle peut varier selon les résultats ; les investissements et leur financement ; et le besoin en fonds de roulement.

Après l’évaluation de la trésorerie, ce sont les dettes de l’entreprise qui sont évaluées. Elles correspondent aux crédits et emprunts contractés pour le financement des investissements.