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Synthèse

V. Comptes Prévisionnels

Les comptes prévisionnels ont pour but de préparer l’entreprise à rester concurrentielle quelles que soient les tendances du marché. L’élaboration de ces comptes doit permettre la mise en œuvre de choix opérationnels sur le volet marketing, la production, la recherche et développement, les frais généraux. 

1 - Préparation des comptes prévisionnels

La préparation des comptes prévisionnels nécessite de considérer l’ensemble du personnel (service marketing, employés des ressources humaines, du SAV, etc.) ainsi que les charges de l’entreprise. Dans la pratique, un compte de résultat prévisionnel permet de déterminer la capacité d’autofinancement prévisionnelle de l’entreprise à court et moyen terme.

Les comptes prévisionnels comprennent le chiffre d’affaires, les charges fixes et variables (charges d’exploitation), les dotations aux amortissements, les produits financiers, etc. Les prévisions opérées sur chacun de ces éléments doivent permettre d’analyser plusieurs facteurs tels que la part de marché susceptible d’être occupée, le lancement de nouveaux produits, les attentes des clients… L’exactitude des prévisions va permettre à l’entrepreneur d’améliorer la compétitivité de son entreprise et au gestionnaire de prédire le niveau des coûts et des revenus de sa société sur le marché. Notons que les comptes prévisionnels sont obligatoires pour les banques, les établissements de crédit, les commissaires aux comptes et les conseils d’entreprise.

  • Le compte de résultat prévisionnel

 

Le compte de résultat prévisionnel est établi dans le but d’obtenir une estimation du résultat net sur l’exercice de l’année. Il se base sur les rentrées possibles d’argent et permet de calculer la capacité à rembourser les emprunts contractés.

Le compte de résultat prévisionnel est établi sur une période allant de 3 à 5 ans. Ce document est utile pour déterminer avec plus ou moins de précision les bénéfices et les pertes attendues. L’étude de rentabilité de l’entreprise est effectuée à partir du compte de résultat prévisionnel. En effet, ce compte de résultat rend compte de l’évolution de l’activité, des achats et des résultats sur les trois années suivant le démarrage du projet. L’élaboration du compte de résultat prévisionnel nécessite des compétences avérées en analyse du marché et en comptabilité.

Comment procéder ?

Etablir un compte de résultat prévisionnel est un exercice délicat. En effet, son auteur doit faire preuve d’objectivité en ne retenant que les données réalistes (ni trop optimiste ni trop pessimiste). Le compte de résultat prévisionnel doit mettre en évidence les charges prévisionnelles fixes et variables telles que :

-          Les charges externes (électricité, eau, gaz, fournitures consommables)

-          Les frais de personnel (salaires bruts et charges sociales)

-          Les frais occasionnels (déplacements, honoraires, publicité, etc.)

-          Les locations financières et loyers de crédit-bail

-          Les coûts d’assurances

-          Les frais de télécommunication (téléphone, internet)

-          Les frais bancaires (frais de tenue de compte, commissions sur emprunts)

-          Les impôts et taxes (contribution sur la valeur ajoutée, contribution foncière des entreprises, taxe d’apprentissage, impôt sur les sociétés, etc.)

Toutes ces charges sont à opposer aux produits d’exploitation (vente, chiffre d’affaires), aux produits financiers (intérêts perçus sur placements, etc.) ainsi qu’aux produits exceptionnels (subventions).

Une fois établies, ces données doivent être confrontées les unes aux autres afin d’obtenir un bilan, lequel peut être positif ou négatif. Si le bilan est négatif, c’est que le volume des charges est important. S’il est positif, ce sont les recettes qui priment. Dans les deux cas, pertes et bénéfices sont prévus par anticipation dans le compte de résultat prévisionnel.

L’élaboration des comptes prévisionnels doit tenir compte à la fois des prévisions budgétaires et des prévisions de trésorerie. En effet, les besoins en trésorerie de l’entreprise sont déterminés à partir des flux de trésorerie, lesquels sont utiles dans l’analyse des capitaux, des stocks et du capital d’exploitation. Enfin, il convient de noter que l’évaluation des comptes prévisionnels doit se faire sur une base régulière, de préférence sur la base de la performance de l’année en cours. Cette approche permet d’obtenir une prévision actualisée des dépenses et des recettes attendues. 

2- Compte de résultat TPE (Toute petite entreprise)

L’établissement du compte de résultat TPE est prévu pour les trois années à venir. Pour cette catégorie d’entreprise, il convient d’établir deux projections chiffrées dont l’une reflète l’hypothèse la plus probable et l’autre présente une perspective moins optimiste. Une manière simple de procéder à cette prévision consiste à porter au préalable, dans un tableau, les mesures correctives retenues en indiquant leur nature et leur incidence sur les charges concernées et le niveau d’activité. 

Effet des mesures correctives

Nature de l’action

Variation charges (+/-)

Variation CA / Production(+/-)

Exemples :

Ø  Recrutement d’un commercial à temps partiel

Ø  Ouverture 2 heures de plus par jour et le lundi

Masse salariale :

+ 16 000 euros

+ 40 000 euros

Ce tableau permet de corriger avec plus de facilité le compte de résultat.

Le chiffre d’affaires doit être valorisé de la façon la plus fine possible. Cette approche permet aux TPE d’avoir une prévision claire des recettes et produits de l’entreprise, ainsi que des dépenses et charges attendues. Après avoir procédé aux mesures correctives, l’acquéreur doit reprendre l’intégralité des postes du compte de résultat de l’entreprise pour y appliquer les variations probables des dernières données disponibles : mises en évidence pendant le diagnostic, évolution pressentie de la conjoncture du secteur d’activité dans lequel évolue l’entreprise, concurrence sur le marché, etc.

Enfin, il ne doit pas oublier d’inclure dans les charges financières, les intérêts relatifs à l’endettement causé par la reprise.

L’élaboration d’un compte de résultat TPE est facilitée par une bonne connaissance du secteur d'activité doublée d’une solide expérience professionnelle dans le domaine. D’autre part, une analyse fine de la concurrence ou des ratios dégagés dans le secteur d'activité concerné permet de mesurer la tendance d'évolution des commandes. Pour les non-initiés, l’assistance d’un expert-comptable ou d’un professionnel du montage financier est toujours recommandée. 

 

3- Compte de résultat PME

Comme pour les TPE, le compte de résultat PME doit se faire sur la base de deux estimations chiffrées dont l’une reflète l’hypothèse la plus probable d’activité et l’autre prévoyant une perspective plus pessimiste. Les mesures correctives doivent faire l’objet d’une analyse précise indiquant leur nature et leur incidence sur l’entreprise cible (accroissement et diminution). 

Effet des mesures correctives

Nature de l’action

Variation charges (+/-)

Variation CA/Production (+/-)

Exemple : mise en place d’une équipe de nuit

Masse salariale : + 80 000 €

Autres charges : + 10 000 €

Matières premières : + 17 000 €

+ 140 000 €

En fonction du volume d’activités de la PME, le compte de résultat prévisionnel va permettre d’établir une estimation du résultat net annuel ainsi que la capacité de remboursement de l’entreprise. La réalisation de ce compte de résultat s’effectue généralement sur trois ans, période au cours de laquelle il est facile d’observer l’évolution des activités, des achats, donc du résultat.

Etablissement du compte de résultat prévisionnel

Le compte de résultat prévisionnel est un outil de pilotage qui détermine la capacité d’autofinancement de la PME pour chacun des trois exercices à venir. En pratique, le comptable de l’entreprise va constituer une colonne de charges fixes et variables reprenant l’ensemble des postes du compte de résultat, et y confronter les besoins d’investissement et de remboursement de l’emprunt d’acquisition de la PME.

 

La colonne de charges fixes et variables comprend : les charges d’exploitation, les autres charges externes (loyers crédit-bail, loyers et charges locatives, assurances, maintenance et ménage, etc.), les charges financières (intérêts débiteurs), les charges exceptionnelles (toute charge imprévue, les dotations aux amortissements et aux provisions, les frais de personnel), les impôts et taxes (taxe professionnelle, autres impôts sauf IS, taxes, etc.), les achats de fournitures, les fournitures d’entretien (consommable informatique). 

Exemple

 

POSTES

Valeur N+1

Valeur N+2

Valeur N+3

 

A

Produits d’exploitation

Chiffre d’affaires

+/- Production stockée

Autres produits

 

 

 

 

B

Consommations

Achats de marchandises et de matières premières

+/- Variation de stock

Résultats exceptionnels

 

 

 

C

Résultat = A – B + Résultats exceptionnels

 

 

 

 

Une autre méthode consiste à dresser deux colonnes confrontant les charges aux recettes. Si la colonne des charges est plus importante, la PME accuse des pertes. Si la colonne des recettes est plus importante, alors la PME réalise des bénéfices. 

 

 

4- Le seuil de rentabilité

Le seuil de rentabilité représente le montant de chiffre d’affaires à réaliser, donc du niveau d’activité à maintenir, pour que l’entreprise couvre ses charges d’exploitation normales.

  • Calcul du seuil de rentabilité

 

Calculer le seuil de rentabilité, c’est d’abord déterminer le montant total des ventes, des charges fixes et des charges variables de l’entreprise sur une période donnée. Ensuite, on procède au calcul de la marge sur coûts variables en faisant la soustraction entre le chiffre d’affaires (recettes) et les charges variables.

 

Marge sur coûts variables = Chiffre d’affaires – Charges variables

 

 

En comparant ce montant au chiffre d'affaires, on obtient le taux de marge sur coûts variables. Le calcul du seuil de rentabilité s’effectue en divisant les charges fixes par le taux de marge sur coûts variables.

Taux de marge sur coûts variables = Marge sur coûts variables / Chiffre d’affaires

 

Seuil de rentabilité = Charges fixes / Taux de marge sur coûts variables

 

Le montant du seuil de rentabilité détermine le niveau de chiffre d’affaires qu’il faut réaliser pour couvrir les charges fixes et variables. Si le chiffre d’affaires dépasse le montant de seuil de rentabilité, alors l’entreprise commence à dégager un bénéfice. En deçà de ce seuil, l’entreprise est déficitaire.

 

Le calcul du seuil de rentabilité est déterminant dans l’évaluation et l’amélioration des résultats de l’entreprise. En effet, le seuil de rentabilité permet de corriger les prix de vente ou le montant des charges de l’entreprise afin qu’elle dégage des bénéfices. 

5- Le plan de financement

Après avoir calculé la rentabilité prévisionnelle de l’entreprise, le repreneur doit établir un plan de financement qui lui permet de mesurer les besoins financiers associés à son projet. L’intérêt d’un plan de financement est de rechercher les meilleures solutions financières pour garantir la pérennité économique de l’entreprise.

Elaboration du plan de financement

 

Le plan de financement doit comporter les éléments utiles à l’évaluation des besoins à financer ainsi que les ressources disponibles. 

 

Démarrage

Année 1

Année 2

Année 3

Besoins

  • Frais d’établissement
  • Coût d’achat du stock HT
  • Coût d’achat du fonds de commerce auprès du cédant
  • Remboursement crédits (crédit bancaire et crédit vendeur)
  • Reconstitution du BFR (année 1) ; accroissement du BFR (année 2 et 3)
  • Prélèvements du repreneur
  • Investissements nouveaux HT

 

 

 

 

Total des besoins

 

 

 

 

Ressources

  • Capitaux propres : capital, comptes courants des associés, subventions et aides
  • Capitaux empruntés : emprunt bancaire
  • Capacité d’autofinancement prévisionnelle
  • Crédit-vendeur

 

 

 

 

 

Total des ressources

 

 

 

 

Solde (variation de trésorerie)

 

 

 

 

Les éléments figurant dans le plan de financement initial sont à reprendre dans la colonne de l’exercice 1. Concernant le BFR, il faut considérer uniquement, pour chacun des exercices 2 et 3, l’accroissement annuel du BFR de l’exercice en cause. Il s’agit ici de faire ressortir les évolutions des ressources durables de la structure et ses emplois stables. La différence entre les deux permet de mettre en évidence la variation des BFR.

Le plan de financement doit permettre de dégager une marge de sécurité au titre de la première année et d’améliorer progressivement la structure financière de l’entreprise.

 

NB : Il ne faut pas sous-évaluer arbitrairement le besoin en fonds de roulement pour diminuer le besoin de financement. Cela pourrait conduire à avoir une mauvaise interprétation de la viabilité économique et financière de l’entreprise. 

 

6- Reprise avec holding

La préparation du bilan, du compte de résultat et du tableau des emplois et des ressources est nécessaire pour constituer le montage juridique et financier d’une entreprise faisant appel à une holding d’acquisition.

  • Compte de résultat prévisionnel d’une société holding

 

Dans le cas d’une holding destinée à détenir et gérer uniquement les participations détenues dans l’entreprise (holding pure), le compte de résultat sera limité au chiffre d’affaires correspondant aux dividendes encaissées, ainsi qu’aux charges relatives aux frais financiers de remboursement des emprunts.

 

Dans le cas d’une holding ayant pour vocation d’exercer une véritable activité (holding impure), le compte de résultat reflètera l’incidence de cette activité dans les postes de charges et de produits.

 

  •   Plan de financement d’une société holding

 

 

Le plan de financement traite les besoins durables et les ressources durables de la société holding. Les besoins durables comprennent les frais d’établissement (honoraires, droits, frais d’actes), le coût d’achat des titres de la société-cible, les remboursements d’emprunts, de crédit-vendeurs et de comptes-courants d’associés.

Le coût d’achat des titres de la société-cible est supporté par la holding. Le poste « remboursements d’emprunts » concerne les échéances en principal du ou des crédit(s) d'acquisition que doit supporter la holding, généralement à partir de la deuxième année.

Les ressources durables quant à elles sont constituées des apports en capital, des apports en comptes-courants d'associés, des emprunts à long ou moyen terme, du crédit-vendeur et de la capacité d'autofinancement. 

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