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Plans opérationnels

Synthèse

En faisant le montage du plan de reprise, le repreneur doit établir plusieurs plans opérationnels. L’établissement de ces plans lui permet de budgétiser les actions envisagées.

Plan marketing

Dans ce premier point, les actions à mettre en place concernent les outils de base du marketing. De ce fait, la réflexion se rapporte aux produits ou services proposés par l’entreprise et aux tarifs pratiqués en prenant en compte les prix de la concurrence et les  attentes de la clientèle. Le plan marketing repose également sur l’étude de la politique de distribution et l’efficacité de celle-ci, ainsi que sur la stratégie de communication.

Plan de production et d’approvisionnement

La conception de ce plan se base sur le chiffre d’affaires prévisionnel évalué par le repreneur. Généralement, cela entraîne des conséquences sur l’estimation du rythme d’approvisionnement, du volume de production et de la totalité de la logistique à mettre en place.

Plan de recherche et développement

Lors du diagnostic de l’entreprise convoitée, le repreneur a pu détecter les faiblesses ou manques au sein de celle-ci. De ce fait, il importe d’envisager des projets pour pallier ces faiblesses (amélioration des techniques existantes, recherche de nouveaux débouchés…). Le repreneur doit également évaluer les budgets liés à ces projets et réaliser une planification des dépenses.

Plan d’administration et de frais généraux

Lors de l’élaboration des plans opérationnels, le repreneur doit tenir compte des frais non inclus dans les plans précédents. Il s’agit des charges fixes et des coûts indirects qui assurent un rôle important dans l’équilibre de la trésorerie de l’entreprise.

I. Plan marketing

En réalisant le diagnostic de l’entreprise convoitée, le repreneur a pu déterminer les forces et faiblesses de celle-ci ainsi que les opportunités et les menaces du marché. De ce fait, il doit déterminer les points à corriger pour améliorer le fonctionnement de l’entreprise et identifier les actions à mettre en œuvre. Ces dernières se portent sur les outils du marketing : le produit, le prix, la distribution et la communication.

 

  • Les actions à mener sur les outils de base du marketing

Rappel sur les outils de base

 

Le produit

Dans l’approche traditionnelle, le produit désigne ce que l’on vend aux clients. Dans l’approche commerciale, il s’agit d’un bien ou d’un service mais aussi d’un moyen pour satisfaire les attentes des consommateurs. Le produit tient un rôle important dans le succès d’une entreprise. Au cas où il n’est pas conforme au besoin du consommateur, l’entreprise ne parviendra pas à le commercialiser.

Le prix

Du point de vue du client, le prix est défini comme étant un moyen qui lui permet de différencier une entreprise d’une autre qui vend le même produit. Du point de vue de l’entreprise, le prix est un moyen pour positionner un produit dans une gamme sur le marché. Par ailleurs, il permet à l’entreprise d’évaluer l’adéquation de sa politique commerciale auprès de la clientèle. Pour fixer le prix d’un produit, le chef d’entreprise doit considérer les prix de la concurrence et les attentes tarifaires des consommateurs.

La distribution 

En règle générale, la politique de distribution permet à l’entreprise de mettre en œuvre les moyens pour faire parvenir les produits ou services auprès de la clientèle. Pour concevoir ces moyens, il importe de connaître les réseaux de distribution existants et les moyens financiers et humains de l’entreprise. Le chef d’entreprise doit également connaître la typologie de la clientèle et leurs attentes.

La communication

  • La stratégie de communication de l’entreprise doit être inscrite dans un ensemble
    homogène et cohérent.

    Assurer la cohérence du mix-marketing

Suivant la stratégie choisie et la réalité du marché, il est nécessaire de se baser sur un ou plusieurs éléments du mix-marketing. Au cas où l’un des éléments du succès repose sur la pratique de prix bas, la variable « prix » sera plus importante par rapport aux autres variables du mix-marketing.

Selon l’ouvrage « Mercator », il existe quatre grandes familles de mix-marketing :

-          Le mix-marketing axé sur la politique « produit » : le produit est l’élément primordial de l’action à entreprendre. Cela n’est possible que si l’entreprise dispose d’une supériorité technologique, d’une supériorité qualitative ou d’une spécialisation.

-          Le mix-marketing axé sur la politique « prix » : le prix est considéré comme l’élément central des actions à mener. Le prix est un composant important du mix-marketing puisqu’il est immédiatement perceptible par les consommateurs. Cependant, si le prix est trop bas, cela peut entraîner une réduction de la marge générée et peut être considéré comme une concurrence déloyale par les entreprises concurrentes.

-          Le mix-marketing axé sur la politique « distribution » : l’objectif est d’assurer la vente du produit en misant sur une force de vente plus importante que celle des concurrents ou en étant plus présent dans les points de vente.

-          Le mix-marketing axé sur la politique « communication » : il s’agit d’améliorer l’image de l’entreprise, de la marque ou du produit.

  • Rédaction du plan d’actions

Dans un premier temps, il est nécessaire de définir les actions à entreprendre. Par la suite, il faut déterminer le temps et l’investissement nécessaire pour la réalisation de ces actions. Enfin, il faut intégrer le montant des investissements envisagés dans le plan de financement.

Pour rédiger le plan d’actions, il faut catégoriser les actions en trois groupes :

- le court terme (0 à 6 mois en règle générale),
- le moyen terme (6 à 24 mois en règle générale),
- le long terme (plus de 24 mois).

Le plan d'actions est réparti en 4 étapes :
- La définition des objectifs
- L’établissement d’une liste des actions
- La mise en place du calendrier
- La mise en place des outils de contrôle

Voici un exemple de présentation d’un plan d’actions type :

 

Objectifs

Actions

Calendrier

Budget

A court terme

A moyen terme

A long terme

Dépenses

Recettes

Générer 200 000 € de chiffre d'affaires

Etc.

- Recrutement de 2 commerciaux

- Mise en
place d’une action mailing

- Signature avec les partenariats commerciaux

X


X

 







X

35 000 €

 
5 000 €

5 000 €

135 000 €15 000 €50 000 €

 

 

 

II. Plan de production

  • Le point de départ du plan de production : le chiffre d’affaires prévisionnel

Lors de l’établissement du plan de reprise, le repreneur doit tenir compte du chiffre d’affaires prévisionnel. En effet, ce dernier aura un impact sur le plan de production. Une fois que le repreneur a identifié le niveau d’activité de l’entreprise, il est apte à évaluer le rythme d’approvisionnement, le volume de production ainsi que la logistique à mettre en œuvre. Pour réaliser le plan de production et d’approvisionnement, il est recommandé d’avoir recours aux services des professionnels du secteur. En effet, des résultats de l’évaluation du chiffre d’affaires prévisionnel faussés et un plan de production mal adapté peuvent avoir des impacts financiers graves pour l’entreprise.

 

  • Les éléments à considérer lors de la conception du plan de reprise

Lors de la conception du plan de reprise, de nombreux éléments doivent être pris en considération par le repreneur. En premier lieu, il doit tenir compte des prévisions de vente de l’entreprise, des prévisions de variation de stocks et des délais de fabrication.

Par la suite, il doit procéder à l’évaluation des coûts dispensés pour l’achat de matières et marchandises et pour le règlement des frais de personnel productif et de gestion des ateliers. Ces coûts concernent également les charges liées à l’outil de production (maintenance, loyer de crédit-bail, amortissement du matériel…) et les autres approvisionnements (énergie, combustible…). Pour identifier le coût des marchandises commercialisées, il est nécessaire de synthétiser les données chiffrées obtenues dans un tableau de récapitulation.

Il est à noter que les critères d’évaluation sont différents pour une activité de production et une activité de services. De ce fait, le tableau de récapitulation doit être adapté au domaine d’activité de l’entreprise convoitée.

 

Voici un exemple de tableau de récapitulation :

 

mois 1

mois 2

mois 3

...

mois 12

Total

Achat de matières et marchandises

 

 

 

 

 

 

Autres approvisionnements

 

 

 

 

 

 

Frais de personnel productif
(+ charges)

 

 

 

 

 

 

Charges liées à l'outil de production

 

 

 

 

 

 

Amortissement du matériel

 

 

 

 

 

 

Maintenance

 

 

 

 

 

 

Outillage

 

 

 

 

 

 

Autres charges d'approvisionnement / production

 

 

 

 

 

 

Total

 

 

 

 

 

 

III. Plan R&D

  • Intérêts

Le diagnostic de l’entreprise a permis de découvrir diverses faiblesses ou manques qu’il est nécessaire de résoudre. Le plan R&D est mis en œuvre dans cette optique.

Sa réalisation est utile quand le diagnostic a mis à jour des insuffisances :

- dans le lancement de nouveaux produits ou services ;

- dans les actions de fidélisation de la clientèle ;

- dans la recherche de nouveaux marchés ;

- etc.

  • Exemple de méthodes pour planifier les actions

Le repreneur doit :

- définir ses objectifs ;

- identifier les projets correspondants ;

- estimer le budget nécessaire à leur mise en place ;

- et leur permettre de durer.

Il organise ainsi ses projets mais aussi sa trésorerie et son besoin de financement.

L'ensemble des chiffres seront repris dans les projections financières et le plan de trésorerie.

Voici un exemple de tableau de R&D :

Objectifs

Projets

Budget global

Planification des investissements

Mois 1

Mois 2

Mois 12

Ex : cibler la clientèle des 15-20 ans

Ex : créer une nouvelle collection

15 000 euros

 

Etc.

Etc.

Etc.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IV. Plan des frais généraux

  • Intérêt

Le repreneur doit imputer dans les frais généraux toutes les dépenses et tous les frais qui n’ont pas encore été pris en compte dans les plans opérationnels de reprise.

De la même manière que le plan de recherche et développement, le repreneur doit avoir une connaissance détaillée de ces frais, car ils jouent un rôle important dans l’équilibre de la trésorerie.

Les frais généraux sont :

- les salaires et les charges sociales du personnel ;

- les salaires et les frais de la direction ;

- les loyers, assurances, factures de téléphone, fournitures de bureau, honoraires ;

- les impôts et taxes ;

- les frais financiers.

Selon ces choix et la situation de l’entreprise, le repreneur devra y imputer les frais en rapport au licenciement de tout ou une partie du personnel, et plus globalement, les coûts liés à la restructuration.

  • Application

 

Il est conseillé au repreneur d’imputer chaque type de frais dans un tableau similaire à celui présenté ci-dessous :

Charges

Planification des charges

Total

Mois 1

Mois 2

Mois 12

Les salaires et charges sociales du personnel

 

 

 

 

 

Les salaires et frais de la direction

 

 

 

 

 

Les loyers, assurances, factures de téléphone, fournitures de bureau, honoraires...

 

 

 

 

 

Les impôts et taxes

 

 

 

 

 

 

Les frais financiers

 

 

 

 

 

 

Total

 

 

 

 

 

 

V. Comptes Prévisionnels

Les comptes prévisionnels ont pour but de préparer l’entreprise à rester concurrentielle quelles que soient les tendances du marché. L’élaboration de ces comptes doit permettre la mise en œuvre de choix opérationnels sur le volet marketing, la production, la recherche et développement, les frais généraux. 

1 - Préparation des comptes prévisionnels

La préparation des comptes prévisionnels nécessite de considérer l’ensemble du personnel (service marketing, employés des ressources humaines, du SAV, etc.) ainsi que les charges de l’entreprise. Dans la pratique, un compte de résultat prévisionnel permet de déterminer la capacité d’autofinancement prévisionnelle de l’entreprise à court et moyen terme.

Les comptes prévisionnels comprennent le chiffre d’affaires, les charges fixes et variables (charges d’exploitation), les dotations aux amortissements, les produits financiers, etc. Les prévisions opérées sur chacun de ces éléments doivent permettre d’analyser plusieurs facteurs tels que la part de marché susceptible d’être occupée, le lancement de nouveaux produits, les attentes des clients… L’exactitude des prévisions va permettre à l’entrepreneur d’améliorer la compétitivité de son entreprise et au gestionnaire de prédire le niveau des coûts et des revenus de sa société sur le marché. Notons que les comptes prévisionnels sont obligatoires pour les banques, les établissements de crédit, les commissaires aux comptes et les conseils d’entreprise.

  • Le compte de résultat prévisionnel

 

Le compte de résultat prévisionnel est établi dans le but d’obtenir une estimation du résultat net sur l’exercice de l’année. Il se base sur les rentrées possibles d’argent et permet de calculer la capacité à rembourser les emprunts contractés.

Le compte de résultat prévisionnel est établi sur une période allant de 3 à 5 ans. Ce document est utile pour déterminer avec plus ou moins de précision les bénéfices et les pertes attendues. L’étude de rentabilité de l’entreprise est effectuée à partir du compte de résultat prévisionnel. En effet, ce compte de résultat rend compte de l’évolution de l’activité, des achats et des résultats sur les trois années suivant le démarrage du projet. L’élaboration du compte de résultat prévisionnel nécessite des compétences avérées en analyse du marché et en comptabilité.

Comment procéder ?

Etablir un compte de résultat prévisionnel est un exercice délicat. En effet, son auteur doit faire preuve d’objectivité en ne retenant que les données réalistes (ni trop optimiste ni trop pessimiste). Le compte de résultat prévisionnel doit mettre en évidence les charges prévisionnelles fixes et variables telles que :

-          Les charges externes (électricité, eau, gaz, fournitures consommables)

-          Les frais de personnel (salaires bruts et charges sociales)

-          Les frais occasionnels (déplacements, honoraires, publicité, etc.)

-          Les locations financières et loyers de crédit-bail

-          Les coûts d’assurances

-          Les frais de télécommunication (téléphone, internet)

-          Les frais bancaires (frais de tenue de compte, commissions sur emprunts)

-          Les impôts et taxes (contribution sur la valeur ajoutée, contribution foncière des entreprises, taxe d’apprentissage, impôt sur les sociétés, etc.)

Toutes ces charges sont à opposer aux produits d’exploitation (vente, chiffre d’affaires), aux produits financiers (intérêts perçus sur placements, etc.) ainsi qu’aux produits exceptionnels (subventions).

Une fois établies, ces données doivent être confrontées les unes aux autres afin d’obtenir un bilan, lequel peut être positif ou négatif. Si le bilan est négatif, c’est que le volume des charges est important. S’il est positif, ce sont les recettes qui priment. Dans les deux cas, pertes et bénéfices sont prévus par anticipation dans le compte de résultat prévisionnel.

L’élaboration des comptes prévisionnels doit tenir compte à la fois des prévisions budgétaires et des prévisions de trésorerie. En effet, les besoins en trésorerie de l’entreprise sont déterminés à partir des flux de trésorerie, lesquels sont utiles dans l’analyse des capitaux, des stocks et du capital d’exploitation. Enfin, il convient de noter que l’évaluation des comptes prévisionnels doit se faire sur une base régulière, de préférence sur la base de la performance de l’année en cours. Cette approche permet d’obtenir une prévision actualisée des dépenses et des recettes attendues. 

2- Compte de résultat TPE (Toute petite entreprise)

L’établissement du compte de résultat TPE est prévu pour les trois années à venir. Pour cette catégorie d’entreprise, il convient d’établir deux projections chiffrées dont l’une reflète l’hypothèse la plus probable et l’autre présente une perspective moins optimiste. Une manière simple de procéder à cette prévision consiste à porter au préalable, dans un tableau, les mesures correctives retenues en indiquant leur nature et leur incidence sur les charges concernées et le niveau d’activité. 

Effet des mesures correctives

Nature de l’action

Variation charges (+/-)

Variation CA / Production(+/-)

Exemples :

Ø  Recrutement d’un commercial à temps partiel

Ø  Ouverture 2 heures de plus par jour et le lundi

Masse salariale :

+ 16 000 euros

+ 40 000 euros

Ce tableau permet de corriger avec plus de facilité le compte de résultat.

Le chiffre d’affaires doit être valorisé de la façon la plus fine possible. Cette approche permet aux TPE d’avoir une prévision claire des recettes et produits de l’entreprise, ainsi que des dépenses et charges attendues. Après avoir procédé aux mesures correctives, l’acquéreur doit reprendre l’intégralité des postes du compte de résultat de l’entreprise pour y appliquer les variations probables des dernières données disponibles : mises en évidence pendant le diagnostic, évolution pressentie de la conjoncture du secteur d’activité dans lequel évolue l’entreprise, concurrence sur le marché, etc.

Enfin, il ne doit pas oublier d’inclure dans les charges financières, les intérêts relatifs à l’endettement causé par la reprise.

L’élaboration d’un compte de résultat TPE est facilitée par une bonne connaissance du secteur d'activité doublée d’une solide expérience professionnelle dans le domaine. D’autre part, une analyse fine de la concurrence ou des ratios dégagés dans le secteur d'activité concerné permet de mesurer la tendance d'évolution des commandes. Pour les non-initiés, l’assistance d’un expert-comptable ou d’un professionnel du montage financier est toujours recommandée. 

 

3- Compte de résultat PME

Comme pour les TPE, le compte de résultat PME doit se faire sur la base de deux estimations chiffrées dont l’une reflète l’hypothèse la plus probable d’activité et l’autre prévoyant une perspective plus pessimiste. Les mesures correctives doivent faire l’objet d’une analyse précise indiquant leur nature et leur incidence sur l’entreprise cible (accroissement et diminution). 

Effet des mesures correctives

Nature de l’action

Variation charges (+/-)

Variation CA/Production (+/-)

Exemple : mise en place d’une équipe de nuit

Masse salariale : + 80 000 €

Autres charges : + 10 000 €

Matières premières : + 17 000 €

+ 140 000 €

En fonction du volume d’activités de la PME, le compte de résultat prévisionnel va permettre d’établir une estimation du résultat net annuel ainsi que la capacité de remboursement de l’entreprise. La réalisation de ce compte de résultat s’effectue généralement sur trois ans, période au cours de laquelle il est facile d’observer l’évolution des activités, des achats, donc du résultat.

Etablissement du compte de résultat prévisionnel

Le compte de résultat prévisionnel est un outil de pilotage qui détermine la capacité d’autofinancement de la PME pour chacun des trois exercices à venir. En pratique, le comptable de l’entreprise va constituer une colonne de charges fixes et variables reprenant l’ensemble des postes du compte de résultat, et y confronter les besoins d’investissement et de remboursement de l’emprunt d’acquisition de la PME.

 

La colonne de charges fixes et variables comprend : les charges d’exploitation, les autres charges externes (loyers crédit-bail, loyers et charges locatives, assurances, maintenance et ménage, etc.), les charges financières (intérêts débiteurs), les charges exceptionnelles (toute charge imprévue, les dotations aux amortissements et aux provisions, les frais de personnel), les impôts et taxes (taxe professionnelle, autres impôts sauf IS, taxes, etc.), les achats de fournitures, les fournitures d’entretien (consommable informatique). 

Exemple

 

POSTES

Valeur N+1

Valeur N+2

Valeur N+3

 

A

Produits d’exploitation

Chiffre d’affaires

+/- Production stockée

Autres produits

 

 

 

 

B

Consommations

Achats de marchandises et de matières premières

+/- Variation de stock

Résultats exceptionnels

 

 

 

C

Résultat = A – B + Résultats exceptionnels

 

 

 

 

Une autre méthode consiste à dresser deux colonnes confrontant les charges aux recettes. Si la colonne des charges est plus importante, la PME accuse des pertes. Si la colonne des recettes est plus importante, alors la PME réalise des bénéfices. 

 

 

4- Le seuil de rentabilité

Le seuil de rentabilité représente le montant de chiffre d’affaires à réaliser, donc du niveau d’activité à maintenir, pour que l’entreprise couvre ses charges d’exploitation normales.

  • Calcul du seuil de rentabilité

 

Calculer le seuil de rentabilité, c’est d’abord déterminer le montant total des ventes, des charges fixes et des charges variables de l’entreprise sur une période donnée. Ensuite, on procède au calcul de la marge sur coûts variables en faisant la soustraction entre le chiffre d’affaires (recettes) et les charges variables.

 

Marge sur coûts variables = Chiffre d’affaires – Charges variables

 

 

En comparant ce montant au chiffre d'affaires, on obtient le taux de marge sur coûts variables. Le calcul du seuil de rentabilité s’effectue en divisant les charges fixes par le taux de marge sur coûts variables.

Taux de marge sur coûts variables = Marge sur coûts variables / Chiffre d’affaires

 

Seuil de rentabilité = Charges fixes / Taux de marge sur coûts variables

 

Le montant du seuil de rentabilité détermine le niveau de chiffre d’affaires qu’il faut réaliser pour couvrir les charges fixes et variables. Si le chiffre d’affaires dépasse le montant de seuil de rentabilité, alors l’entreprise commence à dégager un bénéfice. En deçà de ce seuil, l’entreprise est déficitaire.

 

Le calcul du seuil de rentabilité est déterminant dans l’évaluation et l’amélioration des résultats de l’entreprise. En effet, le seuil de rentabilité permet de corriger les prix de vente ou le montant des charges de l’entreprise afin qu’elle dégage des bénéfices. 

5- Le plan de financement

Après avoir calculé la rentabilité prévisionnelle de l’entreprise, le repreneur doit établir un plan de financement qui lui permet de mesurer les besoins financiers associés à son projet. L’intérêt d’un plan de financement est de rechercher les meilleures solutions financières pour garantir la pérennité économique de l’entreprise.

Elaboration du plan de financement

 

Le plan de financement doit comporter les éléments utiles à l’évaluation des besoins à financer ainsi que les ressources disponibles. 

 

Démarrage

Année 1

Année 2

Année 3

Besoins

  • Frais d’établissement
  • Coût d’achat du stock HT
  • Coût d’achat du fonds de commerce auprès du cédant
  • Remboursement crédits (crédit bancaire et crédit vendeur)
  • Reconstitution du BFR (année 1) ; accroissement du BFR (année 2 et 3)
  • Prélèvements du repreneur
  • Investissements nouveaux HT

 

 

 

 

Total des besoins

 

 

 

 

Ressources

  • Capitaux propres : capital, comptes courants des associés, subventions et aides
  • Capitaux empruntés : emprunt bancaire
  • Capacité d’autofinancement prévisionnelle
  • Crédit-vendeur

 

 

 

 

 

Total des ressources

 

 

 

 

Solde (variation de trésorerie)

 

 

 

 

Les éléments figurant dans le plan de financement initial sont à reprendre dans la colonne de l’exercice 1. Concernant le BFR, il faut considérer uniquement, pour chacun des exercices 2 et 3, l’accroissement annuel du BFR de l’exercice en cause. Il s’agit ici de faire ressortir les évolutions des ressources durables de la structure et ses emplois stables. La différence entre les deux permet de mettre en évidence la variation des BFR.

Le plan de financement doit permettre de dégager une marge de sécurité au titre de la première année et d’améliorer progressivement la structure financière de l’entreprise.

 

NB : Il ne faut pas sous-évaluer arbitrairement le besoin en fonds de roulement pour diminuer le besoin de financement. Cela pourrait conduire à avoir une mauvaise interprétation de la viabilité économique et financière de l’entreprise. 

 

6- Reprise avec holding

La préparation du bilan, du compte de résultat et du tableau des emplois et des ressources est nécessaire pour constituer le montage juridique et financier d’une entreprise faisant appel à une holding d’acquisition.

  • Compte de résultat prévisionnel d’une société holding

 

Dans le cas d’une holding destinée à détenir et gérer uniquement les participations détenues dans l’entreprise (holding pure), le compte de résultat sera limité au chiffre d’affaires correspondant aux dividendes encaissées, ainsi qu’aux charges relatives aux frais financiers de remboursement des emprunts.

 

Dans le cas d’une holding ayant pour vocation d’exercer une véritable activité (holding impure), le compte de résultat reflètera l’incidence de cette activité dans les postes de charges et de produits.

 

  •   Plan de financement d’une société holding

 

 

Le plan de financement traite les besoins durables et les ressources durables de la société holding. Les besoins durables comprennent les frais d’établissement (honoraires, droits, frais d’actes), le coût d’achat des titres de la société-cible, les remboursements d’emprunts, de crédit-vendeurs et de comptes-courants d’associés.

Le coût d’achat des titres de la société-cible est supporté par la holding. Le poste « remboursements d’emprunts » concerne les échéances en principal du ou des crédit(s) d'acquisition que doit supporter la holding, généralement à partir de la deuxième année.

Les ressources durables quant à elles sont constituées des apports en capital, des apports en comptes-courants d'associés, des emprunts à long ou moyen terme, du crédit-vendeur et de la capacité d'autofinancement. 

VI. Le montage financier

Le montage financier est un élément important du projet de reprise d’entreprise. C’est un processus long et itératif qui a pour but de déterminer le volume des ressources utiles pour réaliser le projet et vérifier sa viabilité.

Procéder au montage financier nécessite de faire la navette entre le plan de financement d’acquisition, le compte de résultat prévisionnel et le plan de financement prévisionnel. Dans un premier temps, le repreneur doit décrire ce qui a été convenu avec le cédant, notamment le prix de la cession, ses fonds propres, ses capacités de remboursement et le coût de son plan de développement. Par la suite, il (repreneur) devra s’assurer que l’entreprise ne le mettra pas en situation de « faillite personnelle » en établissant un plan de financement personnel au plan de financement prévisionnel.

Le plan de financement personnel

S’assurer que le repreneur dispose des moyens financiers au rachat de l’entreprise et vérifier qu’il sera en mesure d’équilibrer son budget au titre de sa vie privée, telles sont les données qui seront organisées dans le plan de financement personnel.

 

 

Au moment de l’acquisition

Année 1

Année 2

Année 3

Besoins

Fonds propres investis par le repreneur dans son projet

Remboursement de prêts personnels antérieurs (maison, voiture, etc.)

Remboursement des prêts d’honneur

Frais courants de ménage

Scolarité, pensions

Impôt sur le revenu (IRPP)

 

 

Ressources

Prélèvement sur patrimoine personnel

Love Money

Prêts d’honneur

Salaire versé par l’entreprise ou prélèvement (entreprise individuelle)

Pensions

Prélèvements sur patrimoine personnel

 

 

Solde

 

 

 

 

Les fonds propres, qui étaient une ressource dans le plan de financement de l’entreprise, deviennent un besoin dans le plan de financement personnel. Les frais courants de ménage représentent le montant du revenu vital nécessaire dont a besoin le repreneur pour sa famille.

L'impôt sur le revenu, calculé sur la base des revenus prévisionnels du repreneur et de la composition de sa famille, correspond à l'IRPP qu'il devra payer chaque année. Cette somme viendra naturellement en déduction des revenus disponibles.

 

Plan de financement initial TPE

La reprise d’une entreprise nécessite de déterminer non seulement le prix de la cession, mais aussi les frais nécessaires à la mise en œuvre de ses options stratégiques. Le plan de financement initial prend en considération l’ensemble des éléments du coût global de rachat ainsi que les sources de financement utiles à celui-ci.

Selon le statut de l’entreprise, le contenu du plan de financement initial est différent :

-          Pour une entreprise individuelle, seuls les actifs de l’entreprise sont rachetés. Le repreneur doit créer à cet effet une nouvelle entité juridique

-          Pour un fonds de commerce ou un fonds artisanal exploité en société (par exemple en SARL), la transaction porte sur les titres de l'entreprise et non uniquement sur tout ou partie de ses actifs. Le plan de financement devra donc intégrer toutes les incidences financières qu'engendre le changement de propriétaire.

Plan de financement initial pour la reprise d’une entreprise individuelle

Besoins durables

Ressources durables

Ø  Frais d’établissement : droit d’enregistrement, honoraires, taxations

Ø  Coût d’achat du fonds de commerce : matériel (outillage, équipements, etc.)

Ø  Coût d’achat du stock

Ø  Nouveaux investissements : petits travaux, matériels complémentaires, outillage, etc.

Ø  Besoin en fonds de roulement : calculé à partir du BFR ancien de l’entreprise.

Ø  Apport personnel du repreneur : au moins 30 % des besoins.

Ø  Subventions 

Ø  Cession de certains actifs

Ø  Crédit-vendeur

Ø  Emprunts à terme : permettent d’équilibrer besoins et ressources durables

Plan de financement initial pour la reprise d’une société

Besoins durables

Ressources durables

Ø  Frais d’établissement

Ø  Comptes courants d’associés

Ø  Besoin en fonds de roulement (BFR)

Ø  Rachat des titres

Ø  Complément d’autofinancement apporté en compte courant d’associé

L'accroissement du BFR sera la conséquence du développement prévu de l'activité.
De plus, si le diagnostic a mis en évidence une faiblesse dans la structure financière de l'entreprise, le repreneur devra prévoir dans cette rubrique un accroissement correspondant à l'augmentation souhaitée du fonds de roulement.

Plan de financement initial PME

Le plan de financement initial PME recense les éléments du coût global de la reprise ainsi que les sources de financement nécessaires afin de boucler l’opération. Il comprend deux grandes catégories de données : les besoins durables et les ressources durables.

1 – Besoins durables

Les besoins durables comprennent les frais d’établissement, le budget des investissements, le besoin en fonds de roulement et le remboursement de compte-courant d’associé.

Les frais d’établissement correspondent aux frais engagés pour l’exécution du plan de reprise. Ces frais sont constitués des droits d’enregistrement au registre du commerce et des sociétés, des frais d’actes, des droits fiscaux, etc. A titre d’indication, les frais d’établissement sont portés au bilan d’une société en tant qu’immobilisation incorporelle.

Le budget des investissements représente, dans le cadre d’une reprise, les investissements « nouveaux » auxquels l’acquéreur doit faire face pour dynamiser l’activité de son entreprise. Dès lors, ce budget est destiné à l’achat de petits équipements ou d’outillage, à la réalisation de petits travaux, lesquels pourraient constituer un besoin de financement important.

Le besoin en fonds de roulement (BFR) doit faire l’objet d’une attention particulière. En effet, seul l’accroissement du BFR existant est pris en compte en tant que besoin durable. A contrario, si une diminution du BFR est prévue, il faudra l’enregistrer dans les ressources durables du plan de financement, ce qui reste assez rare.

Le remboursement de compte-courant d’associé correspond aux fonds à restituer au cédant.

2 – Ressources durables

Les ressources durables comprennent : l’augmentation de capital, les apports en compte courant d’associé, les primes ou subventions, la cession d’actifs, les nouveaux emprunts à long ou moyen terme. Les ressources durables représentent la somme des finances disponibles pour couvrir les charges de l’entreprise. Parmi ces ressources, on distingue les apports personnels des différents associés (capital social, comptes courants d’associés) et les apports en compléments (subvention, primes, emprunts à moyen et long terme).

Comme toute opération comptable, la mise en œuvre d’un plan initial PME doit obéir à des règles strictes. Si les besoins durables sont supérieurs aux ressources durables, il faudra combler cette différence par un apport externe afin d’obtenir l’équilibre. Pour ce faire, le repreneur peut recourir au financement bancaire, aux prêts d’honneur ou au crédit-bail afin de financer une partie des investissements.

Enfin, sachez qu’un plan de financement initial reste le meilleur indicateur de viabilité d’un projet de reprise.

Plan de financement personnel

Le plan de financement personnel prévoit les moyens de financement de la reprise ainsi que les ressources dont dispose le repreneur pour subsister. La durée de réalisation de ce plan doit correspondre à celle du plan de financement de l’entreprise (3 ans) afin que le repreneur puisse équilibrer son budget au titre de sa vie privée.

Contenu du plan

Le plan de financement personnel regroupe deux grandes catégories de données : les besoins et les ressources.

Détails des postes

TPE

PME

Ø  Apport personnel

Besoin

Besoin

Ø  Remboursement d’emprunts personnels

Besoin

Besoin

Ø  Autres obligations pécuniaires

Besoin

Besoin

Ø  Budget du ménage

Besoin

Besoin

Ø  Impôt sur le revenu (IRPP)

Besoin

Besoin

Ø  Revenus du repreneur

Ressource

Ressource

Ø  Autres revenus personnels

Ressource

Ressource

Ø  Epargne disponible

Ressource

Ressource

Ø  Emprunt à titre personnel

Ressource

Ressource

 

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