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4- La cession de la clientèle

Méthodes d’évaluation des cabinets libéraux

Les cessions d’entreprise concernent majoritairement les cabinets libéraux. Procéder à l’évaluation de ces cabinets constitue une étape majeure dans le processus de transmission. Ci-après les méthodes d’évaluation présentées en trois grandes catégories :

1ère méthode : le prix des actifs ou la valeur patrimoniale

Cette méthode d’estimation du prix des actifs suppose la valorisation des actifs immobilisés (droit au bail, droit de présentation, aménagements et équipements, etc.) en se référant aux données du marché. Les données fiables sont accessibles grâce à l’observatoire créé par Interfimo, un organisme de garantie au service des professions libérales. La valorisation des actifs du cabinet se fait généralement sur la base du chiffre d’affaires, auquel on applique un pourcentage.

Le principal inconvénient de cette méthode d’évaluation réside dans le manque de coordination sur les informations qui circulent. En effet, les pourcentages à appliquer devraient résulter d’une observation permanente des cessions de cabinets, dirigée par une plate-forme standardisée (Interfimo par exemple).

Soulignons également que l’évaluation à partir du chiffre d’affaires ne tient pas compte des disparités existant entre deux cabinets libéraux de même taille, mais qui n’ont pas la même structure de coûts (sous-traitance technique, charge du personnel, taxe professionnelle, loyer, dotation aux amortissements, etc.).

Pour les cabinets individuels, la valeur patrimoniale équivaut à la valeur des actifs réévalués au prix de marché du moment, lorsque l'on cède un fonds libéral et non des titres.

2ème méthode : la valeur de rendement

Dans cette approche, on n’applique plus un pourcentage au chiffre d’affaires mais un coefficient aux bénéfices réalisés au cours des trois derniers exercices. Ce coefficient est généralement compris entre 3 et 7 en fonction des points forts et des points faibles issus du diagnostic général de l'entreprise. Les investissements et le BFR (besoin en fonds de roulement) ne sont pas pris en compte dans l’estimation du bénéfice.

3ème méthode : la « valeur du banquier » ou la capacité à rembourser son emprunt

Cette méthode consiste à laisser une marge de manœuvre au repreneur afin qu’il puisse rembourser son emprunt d’acquisition en fonction de ses possibilités financières. Le calcul se fait sur la base de la charge de remboursement d'un emprunt qui couvre intégralement la valeur du cabinet libéral, la charge annuelle de financement des équipements, le montant du BFR, les charges fiscales (IR ou IS), ainsi que la rémunération du travail du repreneur.

Exemple

CA du cabinet libéral à racheter : 600 000 €

Valeur proposée par le vendeur pour 100% de son cabinet : 600 000 €

Bénéfice correspondant au CA : 170 000 €

Rémunération du travail pour l’acheteur incluant les charges sociales : - 70 000 €

Impôt sur les Sociétés (estimation) : - 30 000 €

Bénéfice qui reste disponible pour le remboursement de l’emprunt : 70 000 €

Soit sur 7 ans à 4%, un capital à emprunter de 425 000 €

Calcul

Capital : 100 € ; Intérêts 4% sur 7 ans : 14,8€ ; Total : 114,8 € divisés par 7 ans soit 114,8 / 7 = 16,4%. En conséquence 70 000 € / 16,4% = 425 000 € annuels remboursables.

Conclusion : le cabinet présenté initialement à une valeur de 600 000 € ne doit pas être acheté pour une valeur supérieure à 425 000 €.

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