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Evaluation de l’entreprise

Quelle méthode choisir ?

Avant de procéder à l’évaluation de l’entreprise convoitée, le repreneur doit définir la méthode la mieux adaptée à la situation. Il est à noter que chaque méthode possède ses caractéristiques et que chacune permet d’avoir une vision de l’entreprise selon sa taille, sa rentabilité, son état financier… Dans la plupart des cas, les spécialistes en évaluation d’entreprise combinent plusieurs méthodes afin d’obtenir une vision plus large de toutes les facettes de l’entreprise pour la préparation de la négociation du prix. Selon les experts, le recours à plusieurs méthodes permet de maîtriser tous les points importants dans l’évaluation. En effet, leur mise en œuvre permet d’obtenir un grand nombre d’informations pour répondre à toutes les questions du repreneur.

Voici un tableau résumant les caractéristiques de chaque méthode d’évaluation :

Méthode

Les avantages

Les inconvénients

Usage typique


Patrimoniale

Cette méthode représente une bonne référence pour déterminer le prix.

Il s’agit d’une méthode statique qui ne tient pas compte de la notion de rentabilité.

Elle convient pour l’évaluation d’une société "moyenne" et stable et pour une évaluation d'alternatives.

Comparative(barèmes)

Cette méthode est la plus facile d’utilisation.

Au résultat, les fourchettes de valeurs obtenues sont trop larges. Il est donc nécessaire d’avoir recours à d'autres analyses.

Cette méthode est surtout utilisée pour l’évaluation d’un commerce ou d’une activité artisanale.

De rentabilité

 

Cette méthode se base sur l’aspect économique. Elle permet d’établir le montage convenable à la situation.

La négociation est souvent difficile entre le repreneur et le cédant (choix de multiple ou de taux ressenti comme arbitraire).

Elle est surtout utilisée lors d’une reprise requérant le recours à un prêt remboursé par les résultats futurs de l'entreprise.

 

Le maniement et l’usage de ces méthodes sont généralement complexes et nécessitent une certaine technicité qui relève de la compétence d’un spécialiste. Afin d’éviter les erreurs dans les résultats de l’évaluation, il est préférable de se faire guider par un expert.

Les difficultés souvent rencontrées lors de la négociation

Dans le cas où le montant de cession est l’unique point de désaccord entre le repreneur et le cédant, une négociation séparée de chaque élément constituant la valeur de l’entreprise (stocks, fonds, matériels…) est recommandée. Cela permet de valider les points ayant fait l’objet d’un accord et d’identifier ceux impliquant une négociation complémentaire.

Lors des discussions entre le cédant et le repreneur, certains sujets retardent habituellement l’aboutissement à un accord. Il s’agit des comptes-courants d’associés, de la trésorerie et de la superposition de méthodes d’évaluation.

  • Les comptes-courants d’associés

Généralement, la discordance apparaît lorsque ni le cédant ni le repreneur ne parviennent à savoirsi le prix proposé englobe les comptes-courants d’associés. Pour aboutir à une entente, il est conseillé de mettre le sujet à plat pour éclairer les deux parties afin de résoudre la question.

Dans certains cas, le repreneur peut découvrir qu’en plus du paiement du prix des actions, il doit également rembourser les comptes-courants (pour lui, le prix concernait l’ensemble). De ce fait, ce point doit être clair et bien compréhensible lors de la rédaction de l’acte de cession.

Dans le cas présent, l’évaluation se porte sur la valeur de la part globalement destinée au porteur de parts ou à l’actionnaire. De ce fait, la répartition de ladite part entre valeur d’actions, valeur de parts, valeur des comptes-courants et valeur d’autres titres n’est pas nécessaire. Si c’est le cas, les deux parties doivent trouver le juste équilibre pour faire cette répartition.

-          Au cas où le cédant propose un prix sur l’ensemble (actions et comptes-courants) et que ses comptes-courants sont remboursés par l’entreprise avant l’acquisition par le repreneur, la valeur de ce remboursement est soustraite de la valeur retenue pour l’évaluation.

-          Si les comptes-courants d’associés sont considérés par le repreneur comme une partie de la dette financière lors de l’évaluation, la valeur obtenue ne concerne plus que la valeur des titres (parts ou actions). De ce fait, les comptes-courants doivent être remboursés en supplément.

 La trésorerie

La trésorerie et le compte-courant d’associé peuvent souvent faire l’objet d’une confusion, que ce soit par le cédant ou le repreneur. La trésorerie de l’entreprise représente l’argent classé en caisse chez elle ainsi que l’argent en excédent sur ses comptes diminués du passif bancaire d’exploitation, soit les dettes à court terme de l’entreprise envers la banque. En bref, la trésorerie correspond à l’argent que l’entreprise peut utiliser immédiatement.

Quant aux comptes-courants, il s’agit de l’enregistrement historique des montants mis à la disposition de l’entreprise par les associés et dont la date de remboursement n’est pas définie. Cela signifie que l’entreprise a une dette à régler auprès des associés. En règle générale, le remboursement peut être réalisé une fois que l’entreprise dispose de la trésorerie nécessaire.

Lors de l’acquisition des titres de sociétés, le repreneur reprend implicitement la trésorerie car celle-ci est considérée comme tous les éléments de l’entreprise (matériel, créance client…). Si le cédant utilise la trésorerie de l’entreprise pour régler ses comptes-courants avant de vendre son entreprise alors que le prix payé par le repreneur englobe les titres et les comptes-courants, le cédant doit faire face à une diminution de la valeur de l’entreprise.

  • La superposition des méthodes

Dans de nombreux cas, le cédant ou ses conseillers emploient successivement plusieurs méthodes d’évaluation et procèdent ensuite à une addition des résultats obtenus. Cela signifie qu’une valorisation a été plusieurs fois réalisée pour la même chose. En revanche, la valorisation séparée d’un élément immobilier en surplus peut être réalisée. Toutefois, il faut faire supporter à l’exploitation le coût annuel de l’immobilier correspondant aux m² utilisés.

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