Zoom sur le marché des buralistes


Article publié le : 18/09/2017

Depuis plusieurs années, les buralistes français doivent composer avec une baisse constante de la consommation de tabac. En 2016, 44,92 milliards de cigarettes ont été livrées aux débitants de tabac dans l’hexagone, soit une baisse d’ 1,2 % par rapport à 2015. En valeur, les ventes de cigarettes ont atteint 15,17 milliards d’euros l’année dernière. Une tendance baissière qui s’est inversée en ce début 2017, alors que la généralisation des paquets neutres suscitait de vives inquiétudes auprès des professionnels du secteur. Entre le 1er janvier et le 31 juillet 2017, les ventes de cigarettes ont grimpé de 9,2% en France. Pour freiner la consommation de tabac, l’exécutif envisage d’augmenter progressivement le prix d’un paquet de tabac pour atteindre la barre des 10 € d’ici trois ans.

 

Le marché du commerce de détail de tabac évolue dans un environnement réglementaire et fiscal en perpétuelle évolution, ce qui complexifie les conditions d’exercice de la profession. Depuis la promulgation de la loi Evin, les campagnes de lutte anti-tabagisme se sont multipliées. En parallèle, le prix du tabac a augmenté de manière conséquente en une décennie. Autant de mesures qui expliquent la diminution sensible de la consommation de tabac en France amorcée depuis 2004.

 

Pour pallier à cette diminution importante de la consommation de tabac qui pénalise leur activité en volume, les buralistes bénéficient d’un contrat d’avenir, document signé entre l’État et la confédération des buralistes le 15 novembre 2016. Ce nouveau contrat, qui court sur la période 2017 à 2021, prévoit une subvention de modernisation pour tous les buralistes. Celle-ci porte sur 25 % des dépenses hors taxes consenties, dans la limite de 10 000 € sur une période de 5 ans. Le document contractuel précise que les buralistes établis dans des départements frontaliers ou en difficultés (sous conditions) bénéficient d’une remise compensatoire et d’une hausse de la remise nette sur la vente de tabac (de 7,5 % en 2017 à 8 % en 2021).

Même si les différentes hausses tarifaires du tabac ont permis de soutenir le chiffre d’affaires en valeur générée, les buralistes sont amenés à diversifier leur activité pour compenser la baisse de la fréquentation de la clientèle. Des points Poste en zone rurale aux points relais en passant par le commerce alimentaire de proximité ou des services à la personne (encaissement de factures pour le compte de tiers, dépôt pressing, fourniture de bonbonnes de gaz, etc.), l’éventail des produits et des services proposés en complément est important. Pour inciter les débitants de tabac à diversifier leurs activités, le nouveau contrat d’avenir propose une prime de diversification d’activité qui remplace l’ancienne prime de service public de proximité. Un buraliste peut obtenir cette prime de 2000 € par an sous réserve de proposer au moins 5 services ou produits parmi une liste définie par l’arrêté du 4 août 2017.

 

Avec plus de 24 860 points de vente répartis sur l’ensemble du territoire, le réseau de buralistes se doit de trouver un nouveau modèle économique pour consolider sa place de premier commerce de proximité de France.


Autres actualités