Focus sur l'économie de la Guadeloupe


Article publié le : 10/03/2016

A l'instar de toutes les sociétés ultramarines, l'économie de la Guadeloupe repose sur trois grands secteurs d'activités : l'agriculture, le tourisme et le BTP. Une dépendance aux efforts retors pour l'économie guadeloupéenne, les secteurs étant soumis aux fluctuations de la conjoncture internationale ou impactés par les aléas climatiques ou épidémiques. En dix ans, le PIB de la Guadeloupe a progressé´ de plus de 20 %. L'économie de l'île a ainsi connu entre 2003 et 2013 un taux de croissance annuel moyen de 2,1 %. Principal moteur de la croissance, la consommation finale s'est accrue de 2,8 % en moyenne annuelle sur cette période. Après une nette dégradation enregistrée en 2013 (consécutive aux multiples mouvements sociaux et à l'épidémie de chikungunya), le climat des affaires s'est peu à peu amélioré pour retrouver au troisième trimestre 2015 son niveau affiché en 2011. En revanche, le prix de la vie demeure toujours une question épineuse. L'augmentation continue des prix à la consommation, facteur qui avait déclenché les grèves générales observées en 2009, s'explique par un coût d'approvisionnement élevé relatif a l'éloignement géographique, a l'application de l'octroi de mer et aux coûts de redistribution importants. En effet, les prix des entrepôts loués, faute de nombre suffisant, sont deux fois plus élevés qu'en métropole. En dépit de ces difficultés structurelles, le tissu entrepreneurial local reste dynamique. Le nombre d'entreprises créées en 2015 se stabilise autour de 1000 unités tandis que le taux de survie à 3 ans des entreprises créées en 2006 atteint 63,1 % (contre 62,3 % pour la métropole).

 

L'hôtellerie et la restauration: les poids lourds du secteur touristique guadeloupéen

Après avoir enregistré une baisse de la fréquentation à l'aube des années 2000, le tourisme guadeloupéen affiche quelques signes encourageants, ce qui laisse présager une reprise de l'activité du secteur. En 2013, la Guadeloupe s'est placée au dixième rang des destinations caribéennes, avec plus de 487 000 touristes accueillis sur l'île. Selon l'Insee, le secteur touristique atteignait 5% du PIB régional en 2005 et rassemblait

4 591 entreprises d'activités variées, soit un peu plus de 10 % du tissu d'entreprises de l'île. La restauration et l'hôtellerie sont les poids lourds du tourisme guadeloupéen car elles concentrent 68 % des entreprises de ce secteur. En 2013, les dépenses globales des touristes étaient estimées à 505 millions d'euros. Le nombre de nuitées en hôtels homologués s'élevait à 951 000 en 2014, avec un taux d'occupation des chambres fixé à 53,9 % et une durée moyenne des séjours de 3,3 jours. Contrairement aux autres destinations touristiques de la zone Caraïbe qui séduisent une clientèle majoritairement anglo-saxonne, la Guadeloupe attire essentiellement des touristes en provenance de la France métropolitaine. Une situation de quasi mono marché qui fragilise le secteur touristique local, ce dernier étant particulièrement sensible à la conjoncture économique métropolitaine.

Les prévisions sur l'évolution de la fréquentation touristique sont optimistes et, selon l'Insee, le degré de satisfaction des touristes s'améliore depuis 2013. Pour rayonner dans un environnement régional très concurrentiel, la Guadeloupe doit encore affirmer sa marque touristique pour devenir une destination incontournable à l'échelle internationale.

 


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